À l’heure où les cons sonnent
Lu ce matin dans un excellent quotidien vespéral, un petit article sur le congrès du PS. Qui m’a rappelé la phrase célèbre de Michel Audiard : « J’ai été enfant de chœur, militant socialiste et bistrot… C’est dire si j’en ai entendu des conneries ! »
Tout le monde s’en fiche du congrès socialiste. On a tort. Ces gens-là ont la vis comica vissée au corps. Et des lettres. On connaît la motion A, celle de Cambadélis, des éléphants, des apparatchiks et des employés de mairie standards. La motion B, celle de Christian Paul, des éléphants, des apparatchiks et des employés de mairie frondeurs. La motion D, celle de Karine Daniel, qui godille de A à B et de B à A en attendant de savoir quel port rallier. Question de météo, sans doute. Et puis il y a la motion C, dont on ne parle jamais, emmenée par une certaine Florence Augier, conseillère à Pôle Emploi. Ce courant est l’héritier de Saint Hessel et de Pierre Larrouturou (aujourd’hui Nouvelle Donne), qui avait recueilli 12% au précédent congrès. Le genre fatalement minoritaire, pas pro, motion « de témoignage », « folklore du PS » comme disent les autres, un rien condescendants. Regardé de haut par A, méprisé par B, pompé par D, surnommé « les barbares » par les énarques, C dénonce un appareil « hors sol », « entre-soi », coupé du populo. Ça doit être marrant, le niveau des débats rue de Solférino. Ceci dit, on peut être marginal et réaliste : Florence Augier a d’ores et déjà prévenu qu’elle voterait A au second tour du congrès…
Comme l’écrivait un poète au siècle du socialisme naissant :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles…
Cette chronique est également sur mon blog Les États et Empires de la Lune http://etatsetempiresdelalune.blogspot.fr/