🕊️ Affaire Bétharram : ce que le report de la réunion du 24 janvier dit peut-être de nous, de moi, de tous
Le report de la réunion de la commission d’enquête indépendante sur l’affaire Bétharram n’est pas un simple contretemps.
Il révèle, en creux, les tensions qui traversent cette tentative de vérité : entre attentes des victimes, inerties institutionnelles, prudences politiques et logiques de communication.
J’en témoigne ici, à la première personne, sans mandat collectif mais avec la conscience d’un moment charnière.
Un report. Un déplacement. Un révélateur.
La réunion de la commission d’enquête indépendante sur l’affaire Bétharram, initialement prévue le 24 janvier à Pau, est reportée.
Motif invoqué : difficultés logistiques et sollicitations diverses de victimes.
J’en prends acte.
Comme beaucoup, j’attends depuis plus de quarante ans.
Je n’imaginais pas vivre assez longtemps pour voir ma propre histoire convoquée à la lumière.
Je sais ce que c’est que devoir s’organiser physiquement, moralement, logistiquement pour être là.
Et je sais aussi que tout le monde n’a pas, pour l’heure, la chance d’avoir une commission d’enquête pour faire la lumière sur une affaire aussi tentaculaire.
Reporter ce type de rendez-vous n’est jamais anodin.
C’est différer, une fois encore, l’accès au lieu du crash pour ceux qui y ont laissé une part d’eux-mêmes.
On ne s’y rend pas pour le confort, mais pour tenter, peut-être, de reprendre sa route.
On nous promet des nouvelles le 23 janvier.
Espérons que d’ici là, l’intendance suive.
Et si besoin, peut-être que l’équipe municipale de monsieur Bayrou pourra prêter main-forte.
Ne serait-ce que pour trouver une salle.
Le Haut-Commissariat au Plan, dont la mission est d’anticiper les besoins de la société, pourrait aussi contribuer.
À défaut de planifier l’avenir, il pourrait aider à accueillir le passé.
Peut-être même que des bus longue distance, affrétés par notre président, permettront aux anciennes victimes, notamment les plus démunies, dispersées au fin fond de la France, de rejoindre l’ouverture du bal à Pau.
Et que des chambres d’hôtel nous seront proposées à tarifs préférentiels.
Mais l’utopie n’est pas de ce monde.
Fini la comédie. La France n’a plus les moyens.
Les instances religieuses, elles, poursuivent leur quête aux dons et aux legs, à coups de campagnes tous azimuts, adressées à toutes les ouailles.
Alors, pour celles et ceux qui vivent à cent lieues à la ronde, voire au bout du monde, priez pour capter la chaîne vaticane.
Une retransmission en mondiovision y sera peut-être prévue.
Et pour ceux qui n’auront plus la foi d’être présents à ce rendez-vous,
il restera toujours la possibilité de retourner cultiver son jardin.
Eric Sa.