Déclaration professeurs de philosophie de Dijon: rétention des notes du bac 2019

Nous, professeurs de philosophie de l’Académie de Dijon, non syndiqués et syndiqués, nous sommes réunis en AG avant la commission d’entente du baccalauréat 2019 le Mardi 18 juin 2019 à 9h.

 

 

Nous avons voté, à l’issue de cette AG, la rétention des notes de bac qui ne seront pas saisies à la date mentionnée sur notre convocation si nos revendications ne sont pas prises en compte.

 

Nous sommes opposés à la loi sur l’école de la confiance, et à la réforme du lycée et du baccalauréat pour plusieurs raisons :

En ce qui concerne la loi sur l’école de la confiance

L’article 1 impose un devoir d’exemplarité qui réduit la liberté d’expression des enseignants.

En ce qui concerne la réforme du lycée

w Elle est l’outil qui prolonge et renforce la logique de sélection de Parcoursup : il s’agit de faire entrer les élèves dans la contrainte de places réduites, inégalement réparties dans les établissements selon leur implantation, et non de leur donner réellement la possibilité de choisir leur parcours.

w Si le bac passe à 45% en contrôle continu, sa valeur variera avec la réputation du lycée où il est passé ; ce qui aura un impact sur les poursuites d’études.

w La réforme réduit le nombre d’heures et de postes : disciplines inégalement implantées et parfois mutualisées ;  « classes » éclatées ; groupes prévus de base à 35, allègements et dédoublements soumis aux choix locaux et non garantis.

+La Réforme entraîne des suppressions de postes en développant les cours par visio-conférence et par le CNED

En ce qui concerne la spécialité HLP

La philosophie est associée à la littérature, alors que d’autres choix étaient possibles. En outre, le partage de l’horaire de l’épreuve entre deux disciplines réduit la part de chacune à 2h, voire une seule heure en classe de 1ère (sur une épreuve de 2h) : comment garantir l’exercice d’une pensée construite dans un temps aussi contraint ?

Nous revendiquons :

 

L’abrogation de la réforme du lycée ;

Le maintien d’un baccalauréat national premier grade universitaire, passé dans des épreuves communes, nationales, terminales, ponctuelles et anonymes ;

Le retour à des dédoublements obligatoires et garantis nationalement dans toutes les séries dès que la division dépasse les 25 élèves.

 

 

 

 

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