5 preuves supplémentaires : confirmation s’il en fallait du trucage du budget de l’EN 2023
Après le « 4) Exploitation faille 1 : suite et confirmation du trucage du budget ! », une publi un peu longue, mais dont la compréhension est importante, permettant en même temps un récapitulatif des hypothèses à prendre,
5) Un budget mathématiquement incompatible, mais les syndicats qui aident à y croire !!! (preuve 2)
I. LES SYNDICATS …
Ca faisait longtemps … et malheureusement, comme souvent lorsque j’analyse les interventions et productions des syndicats concernant cette revalorisation inconditionnelle, j’en arrive généralement à la même conclusion : une défaillance inexplicable. Et quand je parle de « défaillance », je considère désormais qu’il s’agit non seulement d’un euphémisme, mais surtout de qualifier d’une façon précise ce que l’on pourrait voir autrement.
Et si je commence par une introduction aussi acide, c’est parce que j’aborde ici ce qui me semble être LA « défaillance » la plus importante, la plus énorme, la plus incompréhensible … en fait celle qui, quand vous aurez compris de quoi il en retourne … « pose questions ».
D’abord, finalement, comme vous semblez désormais TOUS le avoir, ou quasiment tous, la revalorisation prévue sera une troisième prime Grenelle, n’est-ce pas ? Comme une « révélation » qui ne peut en être qu’ainsi, surtout à l’écoute des différents membres du gouvernement. Alors pourquoi les syndicats ne le clament-ils pas haut et fort, pourquoi ne disent-ils pas les choses CLAIREMENT !?
Oh, une certaine Sophie V. a effectivement dénoncé récemment (et c’était déjà ça de le faire, aller reconnaissons un début de commencement d’effort) que « il y a eu tromperie présidentielle » au sujet de la revalorisation inconditionnelle prévue. Bon, après elle gâche quelque peu cet effort de bravoure en déclarant que « Macron avait promis que les enseignants auraient tous 10 % d’augmentation dès janvier », etc. Bon, déjà, « janvier », ok on savait quand même depuis longtemps …
Mais, surtout, Macron n’avait JAMAIS promis ce que Sophie V. a dénoncé. D’ailleurs je mets au défi, comme je l’ai déjà dit, quiconque de me montrer un extrait quel qu’il soit montrant le contraire …
Oh, et pour vous éviter une fausse « joie » (désolé …), je vous évite de perdre aussi du temps en excluant cet extrait :
« « La revalorisation a commencée sous ce quinquennat, elle se poursuivra et sera de l’ordre d’environ 10 % pour tous les enseignants » .»
Car cette citation qui est justement erronée, Macron n’ayant pas dit « tous les » mais « de nos ». Ce qui signifiait implicitement qu’il parlait d’une moyenne, et, bien sûr, cela change tout.
II. LA STRATEGIE DE COMMUNICATION SCIEMMENT TROMPEUSE
Car E. Macron n’aura donc (il adore la futur antérieur) jamais réellement menti, se situant toujours sur une ligne de crête mais faisant toujours l’effort de se prémunir d’un flagrant délit de mensonge – surtout a posteriori -, choisissant toujours ses mots, faisant parfois des petites digressions (surtout en jouant sur le corde sensible) pour gagner ce précieux temps lui permettant de trouver la bonne formulation c’est-à-dire la formulation parfaitement … ambigüe et avant tout trompeuse …
Je vous le dis : du grand art !
C’était le fruit de mon travail depuis les présidentielles jusqu’à ce mail reçu en septembre que de mette au jour les évidences de ce que l’ai donc appelé à bon escient une « stratégie de communication sciemment trompeuse » destinée à maintenir le fou, faire croire que … Stratégie à laquelle s’est parfaitement prêtée A. De Montchalin, montrant quasiment les mêmes talents de « communicants » que son maître, notamment lors de cette intervention sur Public Sénat, dont les sommets du cynisme auront été atteints.
https://www.youtube.com/watch?v=Db-8Alj-JCA
Voir publis qui décortiquent en détail la rhétorique trompeuse utilisées lors des interventions de E. Macron et A ; De Montchalin : https://www.facebook.com/groups/stylosrouges/posts/1169388717259724
Et/ou : https://www.facebook.com/groups/stylosrouges/posts/1256471515218110
III. DES INDICES, MAIS AUSSI DES REVELATIONS … INACCESSIBLES ?!
Mais je digresse une peu.
Pourquoi une si grave accusation … car j’ai quand même accusé les syndicats d’avoir entretenu cet espoir d’une revalorisation plutôt … « conséquente ». Pas les « 10 % pour tous », non, mais quelque chose qui tient quand même la route.
Comme je le disais dans de précédents épisodes, à force de ne rien capter du « jeu » auquel Macron joue, et savoir décrypter la réalité de ce qu’il a prévu, on en finit par ne plus pouvoir entrevoir cette réalité … et ce qui va suivre me paraît parfaitement illustrer cela.
Alors bien sûr, on ne devrait pas en être là. Un président qui verrouille sa com’ pour pouvoir plus facilement manipuler son monde, et des médias qui se font si facilement instrumentaliser, avec de fortes suspicions de grande « complaisance » pour certains, ça ne facilite pas les choses.
Mais pour rappel il y a une aide qui parait incongrue : c’est justement l’application qu’a Macron à ne jamais aller jusqu’au mensonge, même s’il flirte souvent avec. Bref, d’une certaine manière on peut considérer ironiquement que c’est une faille, et cela aurait dû permettre à des syndicats de ne pas être dupés/ laissés dans le flou, comme ils ont pu l’être. Et le sont manifestement encore, d’ailleurs, en tout cas « officiellement ».
Et ici l’information importante avait été donnée implicitement par l’équipe de campagne de Macron (article de l’Obs du 22 avril, voir publi P1E2), avec l’utilisation impropre du terme « brut » pour qualifier en fait le traitement indiciaire (TI). On comprenait donc que l’évaluation des 10 % se basait, justement, sur ce traitement indiciaire, et non sur le salaire complet ! Logique qu’un banquier manipule toujours pour « son » intérêt …
De plus, si on avait compris, comme expliqué déjà maintes fois, que Macron parlait des « environ 10 % » qui « auront été obtenus » (le mail de Macron, publi P2E3) … ou « statu quo ante » (discours devant les recteurs, utilisation de cette expression de façon Ô combien subtile, publi P2E2)… c’est-à-dire en comptant tout ce qui avait été déjà rajouté depuis la première prime Grenelle, on en déduisait que les TI à prendre en compte étaient bien sûr ceux d’au plus tôt 2020. Mais donc certainement pas 2021 ou ultérieur …
En fait, comme j’ai encore un peu (très peu) de naïveté en moi, je pensais que les gros syndicats, ceux qui brassent des centaines de milliers d’euros de cotisations et de subventions – comment ça … même des millions ?! – avaient au moins un genre de cellule spécifique – même un petit groupe de collègues – dont le but était de décortiquer les discours de Macron, d’en faire les exégèses, d’en séparer le dit du non-dit …
J’ai atterri, depuis. Encore plus quand je vois que l’on cite même des … citations d’articles de presse pour étayer ses communiqués. Hum.
IV. L’INTERPRETATION DU MONTANT DU BUDGET 2023
1) Des erreurs éloquentes …
Et donc, un syndicat dont je tairai le nom. Bon, il est officiellement le premier syndicat enseignant … :p avait déclaré les choses suivantes, le 29 septembre :
« (…) tous les enseignants, début, milieux et fin de carrière ne seront pas concernés par une augmentation de 10 % dès l’année prochaine, ni les suivantes. Le ministère annonce 635 millions pour l’augmentation des rémunérations de septembre 2023 à décembre 2023, puis 1,9 milliards en année pleine. Or, pour augmenter la rémunération de 10 % de tous les personnels de septembre à décembre 2023, il faudrait engager 1,2 milliard et sur une année pleine 3,6 milliards. »
En on en profite pour (re)découvrir le « bleu budgétaire » du budget de l’Enseignement scolaire 2022 (j’avais pris 2023 au début, j’avais été en fait trop mauvaise langue !) :
Pour rappel éventuel ce document budgétaire regroupe ce qu’on appelle les 6 « programmes » de ce que l’on appelle l’Enseignement Scolaire, c’est-à-dire celui de l’enseignement (ens) des premier et second degrés privés (P139), de l’ens public du premier degré (P140), de l’ens public du second degré (P141), de soutien de la politique de l’EN (P214) et de la vie de l’élèves (P230). Ainsi que celui de l’ens technique agricole, mais qui ne nous intéressera pas dans la suite des publis, puisqu’il est budgété sur le ministère de l’agriculture.
On ne s’intéresse a priori qu’aux trois premiers programmes, pour la simple raisons que ce sont eux qui regroupent plus de 99 % des enseignants.
Dans chacun de ces programmes figure la partie qui nous intéresse ici, le tableau page 60 pour le P140) indiquant le montant total des dépenses de personnels, dont les « rémunérations d’activité » qui nous intéressent ici.
Donc, première et deuxième erreurs : Comme vous le devinez peut-être, quand on additionne les masses des rémunérations d’activité des trois programmes, on trouve :
13455,68 + 19949,916 + 1897,511 = 35303,107 M€ soit environ 35,3 Md€.
Soit 36 Md€ en arrondissant au milliard supérieur. Et 10 % de 36 = 3,6 Md€, le montant estimé par le syndicat pour revaloriser les salaires de 10 % … il ne fait donc aucun doute que ce sont ces chiffres qui ont été pris en compte par certains syndicats.
Ce sont les rémunérations correspondant aux salaires nets qui ont été rajoutés, et non la masse des TI. Forcément, quand on n’a pas suivi depuis le début les hypothèses de Macron …
Et bien sûr, ce sont les chiffres de 2023 qui ont été pris, pas ceux de l’année 2019 par exemple. Donc avec des montants d’autant supérieurs à ceux qui auraient dû être pris !
La troisième erreur : plus ou moins une « erreur », difficile à dire. Explication :
Vous n’avez pas remarqué, dans le texte cité ? On parle d’abord explicitement des rémunérations des enseignants, puis des rémunérations tout court, puis des rémunérations de « l’ensemble des personnels » …
Or, les 635 M€ sont bien spécifiques aux enseignants ! Alors pourquoi cette apparente confusion, qui débouche donc sur une erreur ?
Eh bien dans chaque programme ne figurent pas QUE des enseignants, mais TOUT le personnel correspondant au programme, donc les perdirs, les IEN/IPR, le personnel administratif, infirmières etc ! Car, comme je l’ai déjà dénoncé, la masse salariale uniquement des enseignants, c’est visiblement secret défense ! Il ne faudrait pas que l’on puisse facilement étudier par exemple son évolution …tss.
Toujours est-il que, au lieu de faire cette petite manip facile – passer d’une estimation pour les enseignants à celle de tout le personnel – il était possible de faire une approximation pour les seuls enseignants en passant par un simple partage proportionnel ! En se basant sur le fait qu’il y a environ 870 000 enseignants sur un total de 1,2 million de personnels. Je le ferai pour l’estimation qui part des bons chiffres.
Bref, sur ce (…) coup-là ce syndicat a fait preuve d’une certaine désinvolture, pour être sympa, et vous comprenez mieux je pense mon désarroi …
Et pour ne pas faire de jaloux, je ne vais pas faire le tour des syndicats mais alors, cette vidéo de SUD où on ne peut que comprendre les choses suivantes : y aura bien une revalorisation inconditionnelle, de 5 % en moyenne, et en ne précisant rien, donc en sous-entendant implicitement que cela pourrait concerner tous les enseignants ... comme s'ils n'étaient pas non plus au courant qu'il s'agirait déjà d'une prime sous la forme d'une prime Grenelle. Et c’est pas bien parce que cela ne correspondrait qu’à une reval de 5 % environ !! Avec a priori les mêmes fausses estimations faites …
C’est qu’on n’est pas aidés.
2) Une estimation plausible …
Prenons les « bons » chiffres, donc la masse, uniquement des TI, des cinq programmes, par exemple de 2019 :
11 116,3 + 15 791,6 + 1460,5 + 4130,7 + 678,7 = 33177,8 M€.
J’ai pris les 5 programmes pour appliquer ensuite la proportionnalité, qui ne donnera certes qu’une approximation, mais qui devrait être suffisamment précise. :
Soit 870 000 / 1 200 000 * 33177,8 = 24054,9 M€. Donc 24,1 Md€ au lieu des 35,3 Md€ des syndicats …
Et si on calcule le pourcentage correspondant au budget de 1,9 Md€ :
1905/24054,9 = 7,9 %.
Alors on n’est pas mathématiquement à 10 %, mais on l’est probablement pour un banquier ! En précisant qu’il est fort possible que Macron se base des TI de 2018, voire 2017, qui sont inférieurs (rapport au GVT, en gros le passage d’échelon) et permettraient de dépasser les 8 %.
Bref, mise en lumière – une fois de plus - de la déconnexion (involontaire, vraiment ?) des syndicats que cette question de revalorisation inconditionnelle, leur incapacité à avoir décrypté les messages de Macron, de s’être fait si facilement manipuler, pour donner au final des estimations complètement incorrectes …
V. DE SI … « LEGERES » CONSEQUENCES …
1) … d’un pourcentage sous-évalué
Il faut bien se rendre compte de la chose suivante : réaliser que ces 1,9 Md€ correspondaient finalement (on en reparlera), à ces « 10 % en moyenne de revalorisation » aurait permis d’en déduire qu’étaient donc nécessairement INCLUSES les premières primes Grenelle ET la revalorisation du point d’indice. Car en effet, dans le cas contraire, si on y rajoutait ces dernières, alors les 10 % de revalorisation auraient été au final largement dépassés !
Mais il y a pire, car dans ce cas le budget annoncé était donc INCOMPATIBLE avec le montant qui serait réellement distribué ! Et le budget était alors nécessairement falsifié …
A l’inverse, parler de plus ou moins 5 % permettait d’entretenir le doute, malgré les incohérences énormes que j’avais évoquées dans la publi P2E2. Quand la défaillance (supposée) des syndicats entraine une spirale infernale de déconnexion avec des conséquences de plus en plus déplorables …
« Défaillances » supposées.
2) … de la non prise en compte des annonces gouvernementales
Là où cela devient carrément incompréhensible, c’est lorsque les déclarations des différents membres du gouvernement vont TOUS dans une interprétation d’une troisième prime Grenelle à venir, voir publi P3E2. Que ce soit Gabriel Attal ou le MEN (Les Echos, le 26 septembre, publi P3E2), et bien sûr et surtout celles de P. N’Diaye qui ne cessait de parler d’un « effort » sur les milieux de carrière, et dont on avait déduit depuis longtemps qu’il n’y aurait RIEN pour les fins de carrière.
Et dans ce cas : si on met environ 35 M€ de côté pour la partie réservée à ce qui avait été rajouté entre temps et sur laquelle il fallait d’ailleurs considérer qu’il s’agissait là d’une réelle compensation pour les « fins de carrière » : l’accélération supposée du passage à la HC, et l’augmentation du taux de passage à la CE (classe exceptionnelle). Et encore on est bien large.
Restent 600 M€ pour, disons, une estimation de 65 % des 870 000 enseignants qui seraient concernés, ce qui correspondrait environ à l’hypothèse haute de revalorisation jusqu’à l’échelon 11. Le montant moyen mensuel de revalorisation est simple à calculer (pour une période de 4 mois, donc) :
600 000 000 / (0,65 * 870 000 * 4) = 265 €. 265 € en moyenne !
(Pour info l’estimation donnée par les « spécialistes » de BFM business (illustration) partait de l’ensemble des 870 000 enseignants, et en partant de l’enveloppe globale de 935 M€ …)
Et si on n’oublie pas que l’objectif principal : c’est ces fameux « 2000 € nets » échelon 2, sachant qu’il reste actuellement 75 € à rajouter à l’échelon 2 pour les atteindre. Ce qui impliquerait, si on voulait utiliser les 600 M€, que la prime distribuée sera bien progressive. Et dans ce cas, avec l’hypothèse, bien sûr, d’une progressivité affine ( et de répartitions homogènes etc … ), on aurait une estimation du montant pour l’échelon 11 de :
2 * 265 - 75 = 455 € !
On a hâte !! Et encore, j’ai pris une hypothèse haute dès le départ …
Bref, c’est d’autant plus impossible que dans ce cas la HC et les agrégés se trouveraient complètement déclassés par rapport à la CN. Je crois que l’on est d’accord, c’est complètement IMPOSSIBLE.
VI. LA CONCLUSION … « MALHEUREUSE » !
Que les syndicats arrivent à la conclusion que, bon, ce ne sera pas « 10 % pour tous », mais en gros c’était quand même pas si mal, permettait donc d’entretenir le doute sur la réalité de ce qui allait être versé, et le « doute », ça convenait parfaitement au gouvernement !
Eh oui, au final, l’interprétation complètement faussée des syndicats du pourcentage correspondant à ces 1,9 Md€ faisait COMPLETEMENT le jeu du gouvernement. Le flou, paralysant, toujours le flou …
Et, comme vous l’aurez donc probablement compris, la prise en compte des bonnes hypothèses de départ aurait permis d’arriver à l’inévitable conclusion : le montant du budget de cette revalorisation inconditionnelle ne peut pas être le bon !! Et cela, bien sûr changeait tout. Les syndicats auront préféré (vraiment ?) ne pas faire cette supposition, quitte à faire des estimations complètement hors sol …
Involontairement, ou pas.
A partir de ce moment, d’autre(s) ont décidé d’aller voir s’il n’y avait pas une … faille dans ce budget.
Car oui, ce montant de 1,9 Md€ se suffisait à lui-même comme PREUVE du trucage de ce budget. Il ne pouvait en être autrement.
Après le « 5) Un budget mathématiquement incompatible, mais les syndicats qui aident pourtant à y croire !!! », qui finalement donnait la deuxième preuve du trucage du budget – une preuve pas déduction, et même par obligation – qui a suivi la preuve mathématique, voici – oui – 2 autres preuves qui avaient bien entendu déjà été vues.
6) Preuves 3 et 4 !
https://photos.app.goo.gl/hbaFF9GYQPd4ryS16
I. PREUVE 3 : LE CHIFFRE DU SENAT - LES CHIFFRES « OFFICIELS » - ET LE CHIFFRE DU MEN, OFFICIEL »
1) Le chiffre du Sénat
Dans le rapport du Sénat (gauche de l’illustration) sur le PLF Enseignement scolaire 2023, apparait un graphique (qui illustre d’ailleurs l’obtention du budget des dépenses 2023 de la forme 4) dans lequel apparait d’abord un chiffre essentiel : celui du montant de la hausse du point d’indice (PI) – avec pension (CASI). Et ce montant est de 1200 M€.
C’est le chiffre « officiel ». D’ailleurs, si on additionne les montants des PI CASI des 5 programmes de l’EN, à partir du PLF 2023, on trouve :
400,2 + 576,2 + 118,9 + 69,23 + 23,2 = 1187,73 M€ … à quelques M€ près, le chiffre de 1200 M€ du Sénat.
Oh, et il faut donc se rendre compte que ce chiffre PI CASI 2023 est donc le plus grand montant PI que l’on puisse trouver ! Puisqu’il inclut le montant de la hausse du PI pour les rémunérations d’activités, mais aussi pour les pensions (CAS). Il est impossible de trouver un plus grand montant de hausse de PI.
2) Le chiffre sur le site du MEN
Mais alors, pourquoi trouve-t-on, sur le site du MEN, un montant de hausse du PI qui est largement supérieur ?!
https://www.education.gouv.fr/projet-de-loi-de-finances-2023-342934
Oui, vous ne rêvez pas on a un chiffre de « 1654 M€ », avec la précision, « année pleine ». Ben, « année pleine », oui, bien sûr, on a vu (publi P6E1, entre autres) que le montant du PI 2023 apparaissant dans le PLF était forcément « année pleine ». ET qu’il devrait ainsi correspondre au montant donné par le Sénat.
ET ce n’est pas le cas, mais alors, pas du tout !
Avant de poursuivre, une petite parenthèse : contrairement au graphique et au texte qui le précèdent, et contrairement au graphique du Sénat, il n’y a pas de précision ici sur le « hors cas » ou « CAS inclus » dans le titre … comme c’est bizarre ... non ?! Il s’agit de manipulation, le but est de tromper (voir publi P5E2) !
Comment peut-il donc y avoir une différence entre deux montants supposés identiques …
Peut-être faut-il alors additionner les montants de hausse du PI manquants dont nous avons démontré et déduit les valeurs ?! On repart donc des PI CASI 2023, et on rajoute ces PI manquants :
400,2 + 252,26/2 +576,3 + 383,61/2 + 118,9 + 118,11/2 + 69,23 + 23,2 = 1564,22 M€.
Oh on est proche, mais il manque environ 90 M€ !
3) Le GVT CASI (pension ou CAS incluse)
C’est là qu’intervient un deuxième chiffre sur le graphique du rapport du Sénat, celui du GVT CASI ! Vous le voyez, c’est celui qui est fléché. Et il est de 770 M€.
Or, nous avions calculé dans la publi P5E1 :
- GVT CASI 2023 = 318,6 + 275,7 + 46,3 + 20,18 + 13,1 = 673,88 M€.
Et la différence entre les deux est donc GVT CASI = 770 – 673,88 = 96,12 M€.
Cette différence est bien entendu complètement anormale et démontre qu’a minima les chiffres du budget ont été bidouillés …
Et donc on peut simplement constater ce qui je pense ne devrait ne souffrir d’aucun doute quant à son interprétation, car en repartant du montant CASI calculé dans la publi précédente :
1564,22 + 96,12 = 1660,34 M€
Alors le « GVT » n’est pas le PI, et donc on ne peut pas a priori additionner les deux valeurs, mais les chiffres sont tellement supects que l’on peut se demander justement, si ces 96,12 M€ « en trop » n’ont pas été en fait dispatchés - entre temps – pour compléter le PI CASI qui permettra d’atteindre ces fameux 1654 M€ su ministère. Et on verra, dans la publi suivante pourquoi ce montant de 1654 M€ est essentiel !!
4) Conclusion
En fait le Sénat disposait bien, lui aussi et au moins officiellement (et à leur insu ... ou pas ?), des chiffres truqués du « PI CAS », qui sont donc, en réalité – ou plutôt en pratique, quand il faudra payer les personnels enseignants !- de 1654 M€ !! Avec un GVT CASI différent, « on ne sait pourquoi » mais peut-être que si, quand même …
Pour conclure ici, seul le graphique du MEN indique clairement le VRAI montant du PI CASI. Et comme le Sénat n’a pas le même chiffre (du tout !) et que ce chiffre (montant total CASI) ne peut donc pas être retrouvé à partir des chiffres c’est une preuve – supplémentaire !- que le budget EN 2023 a bien été falsifié …
Remarque : ce montant ne peut donc apparaitre officiellement dans la phrase « le budget de l’EN est passé à près de 60 Md€, avec une augmentation de 3,6 Md€, DONT une hausse du point d’indice de 1,7 M€ (les 1654 M€ arrondis)». Puisque le début de la phrase fait mention du budget hors CAS, alors que les 1,7 M€ correspondent à un montant avec CAS …
II. PREUVE 4 : L’ARTICLE DU CAFE PEDAGOGIQUE (merci Francis !)
Comme on a parlé de « GVT », c’est l’occasion de placer ici ce que l’on va considérer et on verra pourquoi, la 4° preuve !
«« Au final, il n’a pas échappé aux futurs enseignants que les deux tiers de la revalorisation inscrite au budget 2023 provient simplement de la hausse du point fonction publique et du glissement vieillesse technicité . Le reste ne concernera qu’une minorité, et sera en grande partie lié à du travail supplémentaire. »
WOW !!!
Vous ne vous rendez certainement pas compte, ça a l’air de rien, mais ce qui est écrit ici n’est rien de moins que la dénonciation du trucage du budget de l’EN 2023 !!
Je reformule, en explicitant de « provient », de par ce qu’il implique concrètement :
« les deux tiers de la revalorisation inscrite au budget 2023 seront pris nécessairement par le montant manquant de la hausse du point fonction publique et par le montant manquant du glissement vieillesse technicité. »
Etrange !! Une « révélation » arrivant comme un cheveu sur la soupe et comme si cela coulait de source, corroborant la ponction du budget enseignant par le PI2023 – implacablement démontrée – ainsi que par celle du GVT – … certaine ?!
Bon, pour être rigoureux, la formulation de cet auteur indique que l’on partirait de l’enveloppe globale pour les enseignants (935 M€), dont seul un tiers resterait soit 935 / 3 = 312 M€ environ, qui serait inclurait donc alors une partie conditionnée et une inconditionnelle … cela reste donc plutôt vague. En fait l’auteur de cet article a donc bien évidemment eu des infos « secrètes », mais ne les a pas interprétées comme il le fallait réellement, et on verra dans la publi suivante ce qu’il en sera plus précisément.
Alors, pourquoi cela constituerait-il une PREUVE ?
1) Il s’agit d’un article officiel du Café Pédagogique, un article qui y parait seulement s’il a été validé/vérifié (voir point suivant), bref, que du sérieux !
2) Il est indiqué « par admin ». En fait cela a été rectifié, dans la première version on avait « auteur anonyme ». Comme c’est bizarre ... d’autant plus pour un site qui fait toujours les choses de façon transparente … sauf pour cet article en particulier qui dénonce quelque chose de GRAVE !
3) Cet auteur inconnu ne serait-il pas François Jarraud, rédacteur en chef du café pédagogique, qui vient de pârtir à la retraite ? Impossible d’en être sûr, en tout cas j’avais essayé de le contacter (de même avec la nouvelle rédactrice en chef), sans retour. L’ancien rédacteur en chef n’aurait-il pas profité de son départ pour livrer – en évitant l’ostentation pour des raisons évidentes – une information aussi importante pour aider la cause enseignante ?
En tout cas, pour l’instant, ce ne sont pas les syndicats qui en auront profité, loin … très loin de là !!
Après le « 6) Preuves 3 et 4 ! », une suite dont le titre est des plus banals, peut-être aussi parce que ce trucage du budget, finalement, est devenu tellement évident …
7) Preuves 5 et 6 !!
I. PREUVE 5 : LE GRAPHIQUE DU SITE DU MEN : UN CHEF D’ŒUVRE !
https://photos.app.goo.gl/kHQQiHFe234svWzR8
Eh oui, encore lui !
https://www.education.gouv.fr/projet-de-loi-de-finances-2023-342934
Je ne reviens pas sur la tromperie quant à la non indication – volontaire – qu’il s’agit de chiffres CAS inclus, et non hors CAS, comme la logique le voudrait. Je préciserai simplement que cette pirouette est possible sans mensonges, puisque, les montants de revalorisations qui apparaissent sur ce graphiques correspondant à des primes uniquement, ces montants sont valables aussi bien hors CAS que CAS inclus.
Première interprétation
Ce graphique représente donc le montant des revalorisations successives, année après année depuis 2020. Et il faut bien comprendre que les revalorisations indiquées pour 2021 et 2022 INCLUENT évidemment les deux premières primes Grenelle successives, ce qui est logique.
De plus, les 1135 M€ indiqués pour 2023 correspondent bien à l’enveloppe totale de la revalorisation (budget pour 4 mois) des personnels enseignants, dont FONT PARTIE là aussi bien évidemment les 635 M€ de revalorisation « inconditionnelle » des enseignants uniquement.
Ainsi l’interprétation de ce graphique, de par sa logique de construction par marches, ne fait a priori aucun doute : ces 635 M€ sont bien prévus, et seront donc EN PLUS de notre salaire à partir de septembre 2023, et donc en plus des primes Grenelle déjà versées ! Mais comment cela est-il alors possible ?! Les primes Grenelle ne seraient donc finalement pas incluses dans cette enveloppe inconditionnelle ?! Ce graphique est-il faux ou alors … avais-je tout faux ?! Ni l’un ni l’autre !
Car il y a cette présentation … « obscure » : la hausse du point d’indice pour l’année 2023 est indiquée au-dessus de cette revalorisation, et apparait ainsi séparée de l’enveloppe prévue.
MAIS !
Mais quand on regarde en haut à gauche les précisions, apparaît en apparaît une pour le moins étrange : en dessous de l’indication « Mesures votées ou prévues en PLF » (même cette formulation apparait un peu ... ambiguë ), est indiqué, concernant donc cette hausse du PI, la petite particule « dont » (hausse du point d’indice), et là, je ne sais pas ce que vous comprenez, mais je ne pense pas qu’il faille relever de la paranoïa pour se dire qu’il y a anguille sous roche … non ?!
En fait le « dont » indique ainsi, logiquement, ce qui sera réellement retiré de la revalorisation !!
Ces 1654 M€ sont pour une année entière, mais les 635 M€ sont pour quatre mois, soit 3 fois moins. Il faut donc diviser ces 1654 M€ par 3 pour obtenir ce qui sera retiré de la revalorisation … eh oui, c’est machiavélique !
Donc 1654 M€ à retirer « année pleine », correspondant à 1654/3 = 551,33 M€ environ.
A retirer, a priori, de l’enveloppe globale de revalorisation de 1135 M€ pour l’ensemble du personnel enseignant. Sauf que … tout, dans ce budget global, est budgété précisément, sauf bien sûr l’enveloppe de revalorisation « inconditionnelle ». On comprend donc que ce qu’il restera de cette revalorisation, c’est :
635 – 551,33 = 83 ,67 M€ ! Ou bien « 3* 83,67 = 251 M€ année pleine !
Soit, finalement, comme « certain »(s) l’auront déjà compris depuis le mois d’avril, le budget correspondant à une troisième prime Grenelle.
Une prime Grenelle permettant de continuer la stratégie de tassement salariale entamée depuis le début du premier quinquennat Macron, et dont il n’avait JAMAIS eu l’intention de s’éloigner, pour la simple et bonne raison que la masse salariale des enseignants est tellement grande (enfin, de moins en moins à euros constants), qu’un néolibéral anti services publics n’allaient pas louper cette occasion en or ! Dût-il, pour parvenir à ses fins, truquer un budget de l’Education nationale …
II. PREUVE 6 : DEMONSTRATION MATHEMATIQUE APPROXIMATIVE BEAUCOUP PLUS SIMPLE
Donc en gros sur le même principe de la démonstration déjà faite mais simplifiée et permettant probablement d’être comprise et assimilée par un plus grand nombre !
Il suffit de repartir des montants de hausse du PI (hors CAS) de 2017, et de ceux de 2023, ainsi que des pourcentages correspondants.
En rappelant que pour 2017, le coefficient le calcul a été fait pour 0,6 % mais sur une période équivalente à 23 mois (pourcentages approximés en additifs).
Le pourcentage équivalent appliqué sur une année est donc : 0,006 * 23/12 = 0,0115 soit 1,15 %.
Et qu’elle est le pourcentage utilisé pour le PI 2023 ? 3,5 % … donc un tout petit peu plus que 3 fois plus.
De plus, les TI ont tous augmenté entre 2016 et 2022, par exemple passant de 9 835,2 à 11 504,5 M€ pour le programme 140. Et les indemnités de la même façon. Bref, il est bien évident que, dans ces conditions, et en prenant les mêmes hypothèses évidentes que précédemment (répartition des différents statuts qui n’a pu évoluer qu’à la marge), on doit trouver les mêmes ratios pour les PI.
Or, pour 2017, on a PI 2017 = 105,5 M€, et pour 2023 : TI 2023 = 252,26 M€ dans le PLF.
Et 252,26 / 105,5 = 2,39.
Heu, on n’a même pas 2,5 fois plus, alors qu’on s’attendait à au moins 3 fois plus … le gouvernement aurait-il donc prévu de ne pas revaloriser (en PI) une bonne partie des enseignants en 2023 ?
Programme 141 :
PI 2017 = 170,5 M€ et PI 2023 = 382,61 M€.
Aller, petit calcul puisque c’est moins évident ici : 382,61 / 170,5 = 2,24 … il en manque beaucoup, une fois de plus !
Programme 139 :
PI 2017 = 53,6 M€ et PI 2023 = 118,11 M€.
Et 118,11/53,6 = 2,20 … idem !
Programme P230 :
PI 2017 = 11,9 M€ et PI 2023 = 59,84 M€.
Et 59,84 / 11,9 = 5,03.
Là c’est bien au-dessus de ce qui était attendu ! Et ce n’est pas du tout étonnant, puisque le TI est passé de 982,8 M€ en 2016 à 1528,9 M€ en 2022, avec en plus une grosse augmentation pour 2023 avec 1954,3 M€ !! Bref, rien d’anormal ici à première vue !
Programme P214 :
PI 2017 = 5,5 M€ et PI 2023 = 15,53 M€.
Et 15,53 / 5,5 = 2,82.
On est un peu en-dessous. Avec une évolution de TI de 595,8 M€ en 2016 vers 779,40 M€ en 2022. Pour un programme qui aurait donc vu une baisse du taux de fonctionnaires et de contractuels. Bon, on peut considérer qu’il pourrait manque « un tit quelque chose », mais ce n’est pas non plus flagrant.