C’est le monde de la finance

Le candidat Hollande manifesta un formidable culot pour beugler en plein meeting électoral « Mon adversaire, c’est le monde de la finance » François Hollande marque le retour des serviteurs de la haute bourgeoisie traditionnelle

Nicolas Sarkozy était le copain et le représentant des rentiers fils-à-papa qui ne semblent pas avoir vraiment hérité de l’intelligence créatrice de leurs géniteurs mais n’en profitent pas moins de leurs immenses fortunes et accaparent les médias, tels Arnaud Lagardère (Europe 1, Paris-Match, le JDD, Télé7jours, etc.) ou Martin Bouygues (tf1, LCI, TMC, Metro news, etc.).

François Hollande marque le retour des serviteurs de la haute bourgeoisie traditionnelle, celle dont les immuables piliers sont la banque Lazard et la famille Rothschild.

Le candidat Hollande manifesta un formidable culot pour beugler en plein meeting électoral « Mon adversaire, c’est le monde de la finance », quand ses conseils en économie étaient entre autres :

Karine Berger, directrice des études puis directrice de la stratégie et du marketing de Euler Hermes (n° 1 mondial de l’assurance-crédit et filiale du groupe allemand Allianz);

Daniel Cohen, senior adviser de la banque Lazard Frères, éditorialiste associé au journal Le Monde, dont il est membre du conseil de surveillance ;

Jean-Hervé Lorenzi, membre du directoire d’Edmond de Rothschild S.A., du conseil d'administration de BNP Paribas Assurances et du conseil de surveillance de Euler Hermes ;

Emmanuel Macron, jeune associé-gérant de la banque Rothschild & Cie, proche de Jacques Attali, lui-même très lié au groupe Lazard[1] ;

Mathieu Pigasse, directeur général délégué de la banque Lazard, vice-président de Lazard en Europe, copropriétaire du Monde depuis juin 2010 avec Pierre Bergé et Xavier Niel ;

Valérie Rabault, responsable de la prospective et des risques des marchés de BNP Paribas Arbitrage, filiale chargée des opérations de trading sur produits dérivés.

 

Ces aimables personnes avaient à coup sûr pour objectif de s’attaquer avec énergie à ce monde qu’elles connaissaient de l’intérieur et où elles percevaient certainement de bien médiocres rémunérations : ainsi, l’intéressante activité de Daniel Cohen auprès de la banque Lazard ne lui rapporterait qu’entre un et deux millions  d’euros par an, une misère pour un tel génie et c’est pourquoi il préfère n’en jamais parler[2].

Mmes Berger et Rabault sont maintenant députées dites «« socialistes »». MM. Cohen et Lorenzi, banquiers masqués qui se présentent comme d’honnêtes universitaires, causent dans le poste avec constance et régularité pour nous faire avaler leurs bobards. M. Macron a été nommé dès le 15 mai 2012 secrétaire général adjoint de la présidence de la République, avant d’être propulsé au poste de ministre de l’Économie et des Finances, où il manifeste sa haine du peuple pour la plus grande joie du patronat. M. Pigasse annonce qu’il va créer un fonds d’investissement dans les médias « doté au départ de 500 millions d’euros ».

Aux dernières nouvelles, le monde de la finance se porte bien, merci.

 

 


[1] Et il s’en vante, le bougre : « J’avais des liens personnels avec André Meyer depuis de longues années, puis j’ai fait la connaissance de Jean Guyot, d’Antoine Bernheim, de Bruno Roger et de Michel David-Weil. » Anne Sabouret, MM Lazard Frères et Cie, 1987, p. 210.

[2] Laurent Mauduit, Les imposteurs de l’économie, 2012,  p. 124.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.