Les caisses des riches sont plus pleines que jamais

Les dix premières fortunes familiales (Arnault, Bettencourt-Meyers, Dumas-Hermès, Mulliez, Dassault, etc.) cumulent 195 milliards d’euros. Elles ont engrangé 139 milliards d’euros en dix ans.

 

À partir de la publication par le magazine Challenges de l’estimation des plus grandes fortunes françaises[1], et de leur évolution depuis dix ans, ce constat intéressant : en 2015, les dix premières fortunes familiales (Arnault, Bettencourt-Meyers, Dumas-Hermès, Mulliez, Dassault, etc.) cumulent 195 milliards d’euros ; en 2005, ces mêmes familles cumulaient 56 milliards d’euros.

Elles ont donc engrangé 139 milliards d’euros en dix ans. Cela traduit une progression annuelle de 12,5 %. Sans compter les revenus tirés de ces patrimoines, qui ne doivent pas être misérables… Et tout cela malgré la «crise ». Quelle «crise » ? 

 

Il faut savoir qu’en moyenne, sur ces dix années, le patrimoine des Français a augmenté au taux de moins de 1 % par an, en euros courants. À ce taux commun, les dix plus grandes fortunes seraient passées de 56 à 75 milliards d’euros. Pas de quoi pleurer. Supposons que l’État récupère le surplus de leur extraordinaire, faramineuse, indécente progression : cela représenterait 120 milliards d’euros.

De quoi régler instantanément la plupart des problèmes sociaux, financiers, économiques qui sont prétendus « insolubles » !

Politiciens et journalistes nous serinent que les caisses sont vides et qu’il n’est plus possible de continuer à vivre au dessus de nos moyens. Mensonges éhontés des larbins du capitalisme. Les caisses des riches sont plus pleines que jamais et se remplissent chaque jour davantage. Ce sont eux qui vivent au dessus de nos moyens.

 

 


[1] Ces estimations doivent être considérées comme des minima très inférieurs à la réalité. Pour ne prendre qu’un seul exemple, la famille Mulliez est créditée de 19 milliards d’euros par Challenges pour l’année 2010 alors qu’une enquête approfondie (Benoît Boussemart, Le groupe Mulliez, Ed. Estaimpuis, 2011) permet alors de la chiffrer à 30,4 milliards d’euros.

 

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