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Billet de blog 19 juillet 2018

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A Metz, des gamins à la rue!

A Metz, depuis le 16 juillet, trois fillettes âgées de 11, 13 et 15 ans, et leur petit frère de 9 ans, vivent sur les trottoirs. Lettre recommandée au maire, au préfet et au président du CG de Moselle

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Lettre recommandée adressée par Éric Graff et Fernand Beckrich, Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère, à Monsieur Dominique Gros, Maire de Metz, Place d’Armes, 57000 Metz, Monsieur Didier Martin, Préfet de Moselle, 9 Place de la Préfecture, 57034 Metz et Monsieur Patrick Weiten, Président du Conseil Départemental de Moselle, 1 Rue du Pont Moreau, 57000 Metz

Metz, le 19 juillet 2018

Objet : enfants vivants à la rue à Metz

Lettre ouverte, recommandée avec accusé de réception

Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du Conseil Départemental,

Nous voulons attirer votre attention sur le drame que vit une famille de quatre enfants, condamnée à une errance misérable dans les rues de Metz depuis le 16 juillet.

Monsieur Y X…, son épouse Z… née W… et leurs enfants, A… (15 ans), B… (13 ans), C… (11 ans) et D… (9 ans) ont été renvoyés du foyer d’accueil de l’ancien lycée Poncelet le 16 juillet. Contactée à ce sujet, Madame Artz, directrice de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale (DDCS) de Moselle nous a répondu le 17 juillet : « Oui, la famille X… a été exclue hier pour la énième fois en plusieurs années pour des faits de violence avérés envers des salariés et envers d'autres enfants hébergés. »

Nous savons d’expérience que dans les lieux d’accueil pour demandeurs d’asile les incidents sont fréquents. L’une des causes en est que des populations discriminées au Kosovo revivent, quasiment à l’identique, les brimades et sévices qui ont motivé leur fuite vers la France.

Par ailleurs, nous connaissons bien cette famille qui venait régulièrement, alors qu’elle était hébergée à Metz Nord, sur le bidonville de l’avenue Blida en soutien à des personnes de leur parenté qui y vivaient. Ils nous ont aidés, ils ont facilité les relations des bénévoles avec d’autres migrants. L’un de nous les a également connus dans le contexte scolaire où les enfants se conduisaient bien et où les parents se montraient respectueux des enseignants.

Nous avons consulté le dossier médical de Monsieur X... Il y a matière à s’inquiéter : pathologie respiratoire grave et troubles psychiatriques consécutifs aux atrocités subies au Kosovo. L’épreuve d’une mise à la rue, insupportable pour quiconque, l’est donc particulièrement pour lui.

Nous vous plaçons donc devant un problème complexe de la plus grande urgence. S’agissant d’enfants en danger, le Conseil Départemental se doit d’intervenir, même si la CDIP, contactée à ce sujet, se déclare incompétente (« des familles à la rue, il y en a vingt par jour », nous a-t-on répondu aujourd’hui au téléphone). S’agissant de personnes en grande vulnérabilité, les services de l’État ont un rôle à jouer. Enfin, la situation concernant des gens dénués de ressources sur le territoire communal de Metz, la Ville doit également prendre ses responsabilités.

Nous donnons à ce courrier un caractère public par nos moyens habituels. En effet, cette situation constitue un scandale qui doit être connu. Il est important aussi que la population locale soit informée des décisions que vous allez prendre. Lors des vœux du nouvel an 2018 que vous présentiez à la population de Metz, Monsieur le Maire, vous nous annonciez : « Je ne veux plus que l'État, la Ville et les associations se renvoient la balle. Il nous faut sans doute trouver une approche responsable — et j'en prends ma part, y compris dans ce qui ne s'est pas bien passé. »

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Maire, Monsieur le Préfet, Monsieur le Président du Conseil Départemental, l’expression de nos salutations respectueuses.

Éric Graff

Fernand Beckrich

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