Dormir dehors à Metz... Lettre ouverte aux pouvoirs publics

Depuis dix jours des personnes privées d'hébergement, après avoir erré dans les rues de Metz, sont réfugiées dans un gymnase. Les pouvoirs publics font la sourde oreille...

Metz, le 19/10/2019

Éric Graff, porte-parole du Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère

Lettre ouverte à Monsieur Dominique Gros, Maire de Metz, Monsieur Didier Martin, Préfet de Moselle, Madame Christiane Artz, Directrice de la Direction Départementale de la Cohésion Sociale de Moselle et Madame Sandrine Pannier, Directrice de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration

Objet : personnes à la rue, mises à l’abri au gymnase du Luxembourg à Metz, situation au 19 octobre 2019

Madame, Monsieur,

Aujourd’hui, samedi 19 octobre 2019, nous abritons 57 personnes, soit 45 adultes dont une femme enceinte et douze enfants dont deux bébés dans le gymnase du square du Luxembourg à Metz. Cette situation résulte de votre choix politique consistant à refuser le minimum vital à des êtres humains.

Bébé dormant dehors dans les rues de Metz découvert lors d’une maraude © Eric GRAFF Bébé dormant dehors dans les rues de Metz découvert lors d’une maraude © Eric GRAFF

Voilà neuf jours que ces gens sont confinés dans un espace bruyant et malodorant. L’état de la porte d’entrée nous dispense de commentaire. Le maire refuse de mettre fin aux activités sportives. Le niveau du dialogue entre la Ville et l’État est tel qu’il n’a peut-être pas tort de craindre que le Préfet ne joue une fois de plus la carte du pourrissement, voire celle du pire.

Porte d'entrée du gymnase du square du Luxembourg à Metz suite à une agression extérieure © Eric GRAFF Porte d'entrée du gymnase du square du Luxembourg à Metz suite à une agression extérieure © Eric GRAFF

Les organisations caritatives (Fondation Abbé Pierre, Caritas) ainsi que les services agissant sous votre autorité (SAMU social, CCAS, Carrefour des Solidarités) prennent notre action pour un palliatif à leurs insuffisances et nous envoient directement des personnes à abriter, sans concertation. Il résulte de ces initiatives irréfléchies qu’à deux reprises les enfants et bébés sont réveillés la nuit pour découvrir de quoi sont capables des adultes souffrant d’addictions et pathologies mentales diverses.

Il convient de dissiper le malentendu. Notre action n’a rien de caritatif. Elle est politique. Elle vise à vous décider à mettre en œuvre les moyens en votre pouvoir pour mettre fin à cette réalité stupéfiante : il existe dans la ville de Metz des hommes, des femmes et des enfants condamné·es à n’avoir pour se poser la nuit que le pavé de nos places et le bitume de nos trottoirs.

Toujours dans ce cadre politique, nous lançons un rassemblement mercredi 23 octobre à 14 heures place de la Préfecture et demandons audience à Monsieur le Préfet et les services compétents pour la résolution de cette crise.

Recevez, Madame, Monsieur, l’assurance de notre considération distinguée.

 

 

 

 

 

 

 

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