LES ROMS À METZ : LA SOLUTION MUNICIPALE

À Metz, sous l'égide du maire, du préfet et de la Fondation Abbé Pierre, s'est mis en place un projet qualifié de « bidonville d'insertion ». Il concerne des familles roumaines évacuées d'un précédent bidonville à l'initiative du maire de Metz. Le Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère a examiné ce projet et ses résultats. On a bel et bien affaire à un bidonville. Quant aux résultats…

Le 28 juillet 2015, le maire de Metz, Dominique Gros, procédait à l’évacuation d’un campement dit « illicite » où séjournaient une poignée d’hommes femmes et enfants. Nous avons relaté leur errance et le harcèlement policier qu’ils ont subi.[1]

En tant que Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère, nous connaissions depuis trois années ces familles roumaines. Nous avons défendu leur droit au logement, condition d’une véritable insertion. Après le démantèlement du bidonville, nous avons négocié avec les autorités de l’État et de la ville. Du côté de l’État, c’était le blocage. Nous n’avons jamais été reçus. La doctrine Valls qui considère que « Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie », prévalait sur toute autre considération, jamais démentie par la suite. Du côté de la Ville, nous avons cru trouver une ouverture auprès de M. Raphaël Pitti, conseiller délégué à l’urgence sociale.

L’errance des familles roumaines dans la ville de Metz après le démantèlement de leur bidonville par ordonnance du maire, Dominique Gros. © Eric Graff L’errance des familles roumaines dans la ville de Metz après le démantèlement de leur bidonville par ordonnance du maire, Dominique Gros. © Eric Graff
Nous lui avons fait confiance. Nous connaissions ses actions en Syrie pour la formation des personnels soignants au travail sous les bombes. Et nous l’avons suivi un moment sur son projet d’insertion des Roms. Il consistait à partir de la situation dans laquelle ils se trouvaient, à savoir un nouveau bidonville, vers quelque chose d’autre : un emploi et un logement.
Raphaël Pitti, conseiller municipal de Metz, délégué à l’urgence sociale. Raphaël Pitti, conseiller municipal de Metz, délégué à l’urgence sociale.

 Le bidonville comme projet

Partir du comble de l’exclusion — le bidonville — pour aller vers l’insertion relevait du grand écart. Mais nous nous sommes abstenus de rire. Nous venions d’obtenir quelques concessions en faveur de ces familles. Elles recevaient des prescriptions alimentaires sur le budget d’une ville qui venait de les écraser à coups de pelleteuse. La pression policière s’atténuait. Pour ne pas compliquer leur situation, nous évitions toute polémique. Nous avons tenu bon aussi longtemps que cela pouvait les servir, ou au moins ne pas leur nuire.

Avec le concours de la fondation Abbé Pierre, des dons récoltés par une opération de crowdfunding et des fonds publics de l’État et de la ville, s’est construit sur un terrain appartenant à la SNCF le projet du bidonville d’insertion.

Le Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère se forçait à rester calme. Il créait pour l’occasion un sous-groupe nommé Collectif Débonnaire, reprenant le nom de l’avenue (Louis le Débonnaire) sur laquelle s’était établi le campement. Nous assumions les connotations du qualificatif. Être débonnaire peut signifier « bon jusqu’à la faiblesse ». Louis le Débonnaire avait pour réputation de fondre en larmes lorsqu’il entrait dans les lieux saints. Comme lui, les yeux nous picotent sur le lieu ceint du bidonville. Telle est notre faiblesse.

Le sous-groupe a pu accompagner trois familles sur la voie de l’emploi et du logement. Cette réussite reposait sur un engagement militant. Elle ne devait rien et n’a rien coûté à l’État, la Ville, ni la Fondation Abbé Pierre qui, dans le même temps, dépensaient 86 266 € répartis comme suit :

Coût du projet Bidonville Débonnaire Coût du projet Bidonville Débonnaire

À ces dépenses, il convient d’ajouter l’investissement de bénévoles venus parfois de loin (et pas à leurs frais) réaliser des travaux de plomberie, terrassement et électricité. Nous ignorons également le coût des festivités qui ont suivi les constructions. À ce que nous racontaient les habitants du campement, qui exagéraient peut-être, il y avait quelques kilos de cochonnailles et litres de rouge qui leur ont fait forte impression. « On aurait préféré que cet argent serve à installer des habitations correctes » nous confie l’un d’eux. « Il y avait là l’équivalent de quelques années à faire la manche », nous révèle un autre.

Notre objectif, invariable, est d’obtenir des pouvoirs publics qu’ils assument leur devoir de guider vers le logement, la formation et l’emploi toutes les personnes en détresse sociale. Dès que se met en place un projet dans cette direction, nous nous effaçons. Les acteurs institutionnels entrent en scène. Nous les laissons assumer les étrangetés de la méthode. Mais en tant que citoyens, nous restons attentifs.

Nous lisons le projet. Puis nous venons sur place assister à sa réalisation.

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Un bidonville pas bidon

Dans la Fiche Projet Bidonville Louis le Débonnaire, la Ville s’engage dans le sens d’une « insertion sociale et professionnelle des personnes précaires au sein de la communauté urbaine » et d’une « lutte active contre les discriminations ».

La même fiche projet décline cinq thématiques : les droits fondamentaux, l’éducation, l’emploi, le logement et la santé. Ces axes tracent un « projet de vie individualisé ». Cette philosophie qui rabat sur le mérite personnel des enjeux relevant de la société dans son ensemble n’est pas la nôtre. La discrimination est un fait social. Elle n’est pas réductible aux caractéristiques individuelles de ceux qui en sont frappés.

D’autre part, les objectifs du projet ne pêchent pas par un excès de bienveillance : « Renforcement de la vigilance contre l'installation de nouvelles personnes de manière illicite sur le territoire […] Interdire l'extension du campement […] Prévenir l'installation de nouveaux campements sur la ville. »

Nous débattons. Nous cherchons des excuses à M. Pitti. Nous lui prêtons des intentions audacieuses. Sans doute cherche-t-il à négocier les moyens d’agir en donnant des gages à ses collègues du conseil municipal. Nous les savons tous, jusqu’à preuve publique du contraire, unanimement hostiles à la présence de Roms et autres étrangers sur le territoire de la commune. Les uns s’en ouvrent directement, les autres se taisent[2]. Nous cherchons des excuses à M. Pitti, alors qu’il n’est pas en reste, déclarant dans les colonnes d’un journal local que les Roms « fonctionnent en clans et sont sociologiquement inadaptés à notre monde. »[3] On se demande à quoi ont servi les 9 800 € versés pour l’expertise sociologique menée par l’association « Diagnostics et Trajectoires » pour que le maître d’œuvre du projet débite de telles platitudes.

Nous décidons d’évaluer cette action au regard de ses résultats concrets. Nous faisons abstraction de sa ligne idéologique. Nous parions que malgré ses préjugés, le délégué à l’urgence sociale sera capable d’améliorer le sort d’une population maltraitée par le maire et les services de l’État.

Pour cela, nous revenons à trois reprises le 16 novembre 2016, le 8 mars 2017 et le 14 juin 2017. Ces visites ont donné lieu à la rédaction de documents remis aux élus municipaux et au préfet, ainsi qu’aux directions régionale et nationale de la Fondation Abbé Pierre[4]. Jamais nous n’avons reçu de réponse. Nous rendons ces documents publics au fur et à mesure, comme nous le faisons à présent.

Notre dernière visite remonte au 14 juin 2017. Ce que nous avons vu et entendu nous permet de dresser le bilan de l’expérience. Il est consternant. Il jette une lueur glauque sur la politique de notre ville. Il illustre les orientations réelles de l’État. Et plus grave, il révèle la complicité de la Fondation Abbé Pierre Grand Est, et sa directrice Madame Véronique Étienne, dans une politique active d’exclusion des Roms.

L’accès au logement ordinaire

La finalité affichée du projet qui consistait en l’« élaboration d’un dispositif social en vue de l'accès au logement ordinaire » ne pouvait que recueillir notre assentiment. Quels sont les résultats ?

Actuellement trois familles ont accédé à un logement social. Il s’agit des personnes les moins démunies. Ce sont des familles où la langue française est mieux maîtrisée. Les pathologies ordinaires de la misère y sont moins présentes. Bref, ces réussites reposaient d’abord sur des avantages qui ne doivent rien au projet d’insertion. Mais surtout, les militants du Collectif Débonnaire s’étaient impliqués en leur faveur bien avant le projet du bidonville d’insertion. Des liens particuliers s’étaient établis. Nous leur consacrions du temps, de l’énergie et de la compréhension. C’est nous qui les avons accompagnées dans leurs démarches.

Pour les autres familles, aucune perspective ne se dessine, à une exception près, liée à l’initiative amicale d’un couple de bénévoles. L’horizon reste celui auquel se limite la Fondation Abbé Pierre, « pour le Logement des Défavorisés ». Il faut comprendre par là le Logement spécifique du Défavorisé, son habitat naturel, le bidonville et rien d’autre.

Telle est la doctrine de la Fondation Abbé Pierre, du moins dans la région Grand Est : que chacun se tienne dans le logement qui lui convient. Au prolétaire son HLM, au bourgeois son pavillon, à l’escargot sa coquille et au Rom son bidonville. La défense de cet ordre naturel mérite qu’on y dépense quelques 30 000 € et qu’on envoie sur place des bénévoles. On leur paie le voyage, le barbecue et le gros rouge. Mais surtout, que rien ne bouge.

Un « hébergement meilleur »

La Fiche Projet s’assignait pour but de « Garantir un meilleur hébergement par une mise à disposition d'abris et un regroupement des familles », ainsi que l’« amélioration de l'habitat existant avec les familles elles-mêmes ».

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Notre visite du 14 juin confirme l’impossibilité d’améliorer quoi que ce soit dans l’espace confiné d’un bidonville. L’intérieur des cabanes est souvent soigné, décoré avec les moyens du bord. Chacun tente de valoriser son espace domestique.

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Malgré l’argent public dépensé à cette fin, on ne voit pas trace d’une réflexion sur la gestion globale de ce bric-à-brac de détritus. Seuls les rats y trouvent leur compte. La nuit, les lumières restent allumées pour dissuader nos sympathiques muridés de venir trop près.

Quand le rongeur commence à prendre ses aises, quand il menace d’essaimer dans la ville, le conseiller municipal délégué à l’urgence sociale intervient et donne ses ordres : cette cabane est infestée, détruisez-la sur le champ.

Cabane infestée de rats, détruite sur ordre de M. Pitti. Cabane infestée de rats, détruite sur ordre de M. Pitti.

Quant à savoir où dégager les planches hérissées de pointes rouillées sur lesquelles caracolent des enfants (pas grave, ils sont vaccinés contre le tétanos), on verra plus tard.

Et pourtant, la sécurité fait partie des objectifs du projet, tout comme l’hygiène et le développement durable.

L’hygiène, le développement durable et la sécurité

Le bâtiment sanitaire construit par des bénévoles avec les fonds recueillis par l’opération de crowdfunding « Les Petites Pierres » en partenariat avec la Ville, l’État et la Fondation Abbé Pierre. Photo prise le 14/06/2017. Le bâtiment sanitaire construit par des bénévoles avec les fonds recueillis par l’opération de crowdfunding « Les Petites Pierres » en partenariat avec la Ville, l’État et la Fondation Abbé Pierre. Photo prise le 14/06/2017.

L’entrée du bidonville se présente comme une décharge à ciel ouvert. Le bâtiment des cuisines ne comporte aucune arrivée d’eau.

Le « développement durable » consiste en deux panneaux solaires justes bons à allumer des lampes LED et recharger les portables. Pour le reste, ce sont deux groupes électrogènes bruyants et polluants qui pallient l’absence de raccordement au réseau.

Nous alertions les responsables du projet sur les dangers des fils électriques tendus entre les cabanes, noués à des clous. Ces mêmes fils servent d’étendoir à linge.

Les cabanes et le bâtiment sanitaire, construits en matériaux inflammables, sont chauffés par des poêles à bois. Aucun incendie n’est à déplorer pour l’instant, ni asphyxie au monoxyde de carbone. Il faut dire que l’air circule très bien en hiver entre les planches mal colmatées.

Le projet ignore ces dangers. La promesse d’« assurer la sécurisation des personnes et de leur lieu de vie par un renforcement de la vigilance » doit être comprise « contre l'installation de nouvelles personnes de manière illicite sur le territoire. » Aucun autre risque n’est évoqué.

Ce projet ne vise donc pas à la sécurité de ses habitants, mais très exactement à celle de la ville de Metz qui redoute de nouvelles arrivées. C’est dans ce sens que s’exerce la vigilance.

La vigilance, oui, mais contre les Roms !

C’est le seul objectif vraiment atteint. Nous pouvons en donner un exemple. Octavian qui vivait en 2015 sur le bidonville démantelé est parti l’année suivante vers Toulouse où il a rencontré Laura[5]. Elle est mineure, elle aime Octavian. Elle est enceinte de lui. Ils reviennent sur le campement. En l’absence de règlement intérieur, seul prévaut le contrat tacite selon lequel les personnes victimes du démantèlement de 2015 doivent pouvoir trouver refuge sur le bidonville. La règle s’applique à Octavian, mais pas à la petite Laura à qui Raphaël Pitti demande de partir dans les plus brefs délais. Qu’elle accouche au diable, ce n’est pas son problème. Faute de quoi il se charge de démolir lui-même la cabane construite par son compagnon.

Autre exemple. Madame M., maman d’un des habitants vivait dans une des cabanes. Atteinte d’hépatite C, elle décidait d’appliquer les consignes du ministre Valls. Elle repartait en Roumanie au mois de décembre. Elle me disait qu’elle y allait mourir. Récemment, elle est revenue sur le campement. Elle est épuisée, souffrante. Monsieur Pitti lui demande de dégager, sans ignorer que la seule alternative qui lui reste est la rue.

Ce filtrage des entrées se décide sans concertation. Il n’existe aucune instance régulatrice.

La citoyenneté

Le projet évoque l’élaboration « du projet de vie collective sur le campement et dans l'agglomération messine par l'instauration d'un conseil de vie sociale, établissement d'un règlement intérieur »

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Lors de notre dernière visite, nous avons vu deux panneaux d’aggloméré sur lesquels sera probablement affiché le règlement intérieur. Ils sont vides. À notre connaissance, la seule instance qui concentre le conseil de vie sociale et le règlement intérieur consiste en interventions énergiques de M. Pitti qui vient donner des ordres ou morigéner ceux qui se conduisent mal.

Exemple : cette cabane est infestée de rats, détruisez-la. Et vite.

Le projet repose donc sur une conception de la citoyenneté qui pourrait se résumer en quelques mots : tu obéis et tu te tais, ou je démolis ta baraque. C’est une citoyenneté de la peur. Dans ces conditions, la formation des personnes n’a pas besoin d’être bien poussée.

La formation des personnes

Il existe un objectif de formation des personnes, ou, plus exactement, « une optique de formation des personnes » pour reprendre les termes du projet. En la matière, nous n’avons pas constaté ne serait-ce que le soupçon d’une illusion d’optique. Il n’y a rien. La Ville, l’État et la Fondation Abbé Pierre assument ensemble le néant.

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Pas un cours de français. Pas la trace d’une approche éducative. Tout repose sur le mérite personnel et la débrouillardise des individus. Les uns font la manche. Les autres bricolent. Avec un peu de chance, ils reçoivent en prison les cours de langue et la formation professionnelle qui leur sont refusés sur le bidonville dit d’insertion.

À quoi sert, en réalité, un « bidonville d’insertion » ?

Au bout de presque une année d’expérience, quels sont les effets du projet ?

Le premier résultat est de rassurer les élus qui ont exprimé leur crainte de voir arriver d’autres Rroms, aspirés par l’« appel d’air » de conditions d’accueil trop mirifiques. Ces élus peuvent dormir tranquilles : les rats, la saleté, l’inconfort, la marginalisation, la promiscuité, autant de révulsifs propres à gérer les flux de cette population indésirable.

Le second, c’est de contenir les Rroms dans un périmètre limité. « Interdire l’extension Louis le Débonnaire » représente l’un des buts affichés de l’opération. Auparavant, lorsque les Rroms choisissaient eux-mêmes les points d’installation, ils pouvaient en changer. Ils se scindaient et se regroupaient au fil des affinités, inimitiés, réconciliations et menaces policières. C’était leur affaire. Nous les aidions dans la mesure de nos moyens qui étaient inférieurs aux leurs. Ils connaissaient la ville, ses recoins. Ils savaient où survivre en dérangeant le moins possible. Désormais, grâce à l’initiative de M. Pitti, ils sont confinés dans un espace visible et exposé.

Le troisième résultat, sous couvert de « sécurité », c’est d’apaiser les Messins apeurés. Les Rroms sont sous contrôle. Ils ne seront pas plus nombreux et leur espace de vie ne s’agrandira pas.

Le quatrième résultat est de garantir la pérennité d’une sorte d’ordre naturel. Le Rrom reste un Rrom. Il a ses usages, ses métiers (mendier, quêter aux portes des églises)[6]. Il vit dans des cabanes au milieu d’immondices. Il se complaît parmi les rats. Il parle roumain ou quelque sabir de ces coins d’Europe où sa vocation est de retourner.

Supposons un Rrom qui signe un contrat de travail. Il s’en faut de peu qu’il aménage son intimité dans une demeure en matériau dur. Il prend goût au confort bourgeois. Ses enfants vont à l’école. Ils se mêlent aux autres pour jouer, travailler, se bagarrer et échanger les gros mots. Certains pourraient aller jusqu’à prendre goût aux truculences de Victor Hugo, Arthur Rimbaud, Louise Michel, voire Maurice Barrès. Voilà qu’ils se les approprient. Ils poussent l’audace jusqu’à s’en servir pour défendre leurs droits. À ce train-là, en deux ou trois générations, ils supplantent le Messin du crû. D’ici qu’ils se syndiquent… Le cauchemar de Dominique Gros et de ses amis lepénistes du conseil municipal.

Heureusement que la Fondation Abbé Pierre du Grand Est veille au grain. Elle combat pour Le Logement des Défavorisés. Ce logement se caractérise par son exiguïté : pas plus de 12 m2 pour une cabane accueillant cinq à six personnes. Le Logement des Défavorisés se doit aussi d’être précaire. Le choix d’un terrain n’appartenant pas à la ville n’est pas anodin. Le jour où la SNCF froncera du sourcil et demandera son évacuation, le maire n’aura pas assez de larmes pour déplorer l’avortement d’un projet si généreux. Les Rroms reprendront l’errance à laquelle il les condamnait en 2015. Mais cette fois, ce ne sera pas de son fait. Il ressuscitera le souvenir de l’empereur Guillaume II pour geindre à sa manière : « Dieu m’est témoin que je n’ai pas voulu cela. »

Il trouvera autour de lui des bonnes âmes pour le soutenir en cette difficile épreuve. Elles ne manquent pas dans les organisations humanitaires qui se blottissent autour de lui et que nous appelons à se réveiller.

Camarades, face à la misère, nous n’avons pas le choix. Soit on s’insurge, soit on consent. C’est la leçon que nous tirons de l’histoire. Il n’y a, en la matière rien de plus misérable que la plus petite concession.

Fait à Metz, le 24 juin 2017

Éric Graff, Chantal Muszynski

Collectif Mosellan de Lutte contre la Misère

AC! Metz et Nord de la Lorraine, ATTAC 57, Culture et Loisirs, CGT, DAL57,EELV, FASE57,MRAP, NPA, PG57, UNEF

15 rue Grand Wad 57000 METZ — 06.71.59.14.33

collectifmosellanmisere@gmail.comhttp://collectifmosellancontrelamisere.wordpress.com

 

 

 

[1] https://collectifmosellancontrelamisere.wordpress.com/2015/08/

[2] Les enregistrements des débats sont à cet égard éloquents (oreilles sensibles s’abstenir)

http://metz.fr/pages/conseil_municipal/seances/point-3682.php

http://metz.fr/pages/conseil_municipal/seances/point-3692.php

Lorsque nous déclarons que tous les conseillers municipaux de la ville de Metz sont ouvertement ou tacitement hostiles à la présence d’étrangers, nous ne recevons jamais de démenti.

[3] Républicain Lorrain, édition du 22/02/2016

[4] Le compte rendu de notre visite du 8 mars 2017 est consultable ici:

https://collectifmosellancontrelamisere.files.wordpress.com/2017/03/2017-03-08-dc3a9bonnaire.pdf

[5] Nous modifions les prénoms. L’histoire est authentique.

[6] Dominique Gros : http://metz.fr/pages/conseil_municipal/seances/point-3692.php

(6’42 et après)

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