Jusqu'en 1990, RFI disposait avec la diffusion en ondes courtes d'un vaste réseau d'auditeurs francophones, francophiles, démocrates et soucieux d'une information déliée des gouvernements autocrates et/ou dictatoriaux auxquels ils dépendaient.
C'était avant. Avant quoi ? Avant que des calculs mercantiles viennent percuter cette réalité.
http://www1.rfi.fr/radiofr/articles/083/article_47247.asp
Le cout d'entretien des émetteurs à ondes courtes et moyennes aurait donc sonné le glas de ce mode de diffusion considéré "obsolète" : l'éternelle course aux coûts de revient. Les conséquences, ont été tout simplement la suppression des émissions en langue Russe sur la partie orientale de l'Europe notamment.
C'est l'Inspection Générale des Finances qui a préconisé (et obtenu) la fin des émissions en langue vernaculaire pour des auditeurs modestes mais résolu à s'informer. C'est fini pour eux depuis longtemps.
http://www.radioactu.com/rfi-ligf-preconise-larret-de-la-diffusion-en-ondes-courtes-et-moyennes/
Aujourd'hui, seule une partie de l'Afrique et de l'Asie "bénéficie" de la diffusion en ondes courtes d'émissions en langues locales dont les auditeurs attendent avec parfois de l'anxiété les informations venues de là-bas.
Les auditeurs des Amériques, du sous continent Indien, du Moyen-Orient, de la Chine voir de l'Océanie ont été sciemment sacrifiés.
Déjà en 1994, un sénateur RPR interpellait le Ministre de tutelle qui a son tour renvoyait au CSA sur la pertinence de la diffusion en ondes courtes et moyennes. À l'époque, l'éventualité du remplacement des ondes radios "classiques" par un système numérique, comme c'est le cas aujourd'hui, était sérieusement anticipé. Mais la technique a rapidement pris le pas sur la réflexion.
Il est cependant plus facile de couper un faisceau satellite ou interrompre une communication par câbles que de brouiller des ondes...Poutine est bien placé pour le savoir.
https://www.senat.fr/questions/base/1994/qSEQ940506135.html
Quel rapport avec Médiapart et "X" ?
Médiapart, ne peut pas faire l'autruche concernant l'utilisation du réseau d'Elon Musk à des fins "pratiques" (dirons nous). Désormais le propriétaire de "X", également propriétaire des satellites de diffusion Starlink (l'Ukraine ayant pressenti la nécessité d'avoir de bonnes relations avec Musk) peut quand il le veut appuyer sur le bouton. Il peut également choisir ses interlocuteurs, il peut ainsi aider la Chine dans son entreprise de déstabilisation envers Taïwan...
La fermeture de centaines de milliers de comptes "X" à travers le monde après celles de médias majeurs en Europe indique déjà (peut-être) une prise de conscience salutaire. Nous verrons bien. Le Brésil a semble-t-il choisi cette voie.
L'Unesco avait en 2020 évoqué la nécessité de "numériser" les ondes courtes. Pour le dire autrement, proposer une alternative internationale en terme de facilité de réception radio pour des utilisateurs modestes.
https://courier.unesco.org/fr/articles/la-nouvelle-onde-de-choc-des-radios-internationales
L'aberration qui a consisté à supprimer unilatéralement des moyens de diffusions de France vers des pays pays lointains et surtout sous dictature sans possibilité de retour en arrière ou de moyens substitutifs (alors que la BBC continue de le faire...ainsi que les services de Radio Chine Nouvelle !!) a pour conséquence -en Russie par exemple- l'absence presque totale d'informations en provenance de l'étranger. La chape de plomb est réelle. Comment dans ces conditions ne pas comprendre l'absence totale de réactivité d'une partie "éclairée" des citoyens sur l'actualité.
Paradoxalement, "X" est bien bloqué en Russie. Pourquoi ? Probablement parce que les russes n'ont pas beaucoup de comptes Twitter et donc n'ont pas de raison d'y aller (14 % des internautes russes concèdent y aller : c'est relativement peu) contrairement à d'autres...
https://www.blogdumoderateur.com/chiffres-twitter/
https://fr.statista.com/infographie/26982/reseaux-sociaux-les-plus-utilises-par-les-russes/
Enfin, l'utilisation d'un VPN en Russie est quasi impossible. Il faut déclarer "l'achat" d'un VPN auprès des autorités.
Voilà où nous mène la servilité, la peur de faire "autrement" et tout simplement la peur de s'interroger sur l'utilité réelle de tels réseaux sociaux.