Trois patients sont décédés aux urgences de Rennes et Saint-Nazaire en l'espace de 48 heures : les 12 et 13 janvier 2026.
Même si des enquêtes sont en cours pour déterminer les raisons exactes de ces décès, il est déjà avéré que la saturation des services d'Urgences dans les hôpitaux de ce pays sont dignes des Hospices du XIXe siècle [ établissement fait pour recevoir les personnes démunies. Il porte assistance aux miséreux, aux indigents, aux vieux, aux malades, aux isolés, aux estropiés et d'une façon générale à tous les déshérités de la vie.].
""À notre époque ce n'est pas normal de mourir sur un brancard dans un couloir dans un service d'urgence. On fait de l’abatage, on fait plus d'humain. L'humain c'est notre cœur de métier donc c'est un peu compliqué", confie un soignant du service."
Voilà les conséquences directes des choix politiques suivis depuis plusieurs décennies.
La difficulté d'accès aux soins pour les citoyens de ce pays se révèle dans la possibilité d'avoir un médecin traitant. Pour reformuler cette phrase, il serait plus correcte d'écrire "l'impossibilité" car c'est bien là le problème. Aller aux urgences c'est bien une conséquence d'un manque patent de médecins et donc l'obligation de recourir aux services des urgences pour ce faire soigner.
Le 10 août 2007 une loi a été votée : c'est la Loi dite Pécresse. C'est en partie cette loi qui initie la programmation des formations du corps médical sur la seule base de l'autonomie des écoles de médecine en matière budgétaire et donc du nombre de candidats à "accepter" dans leur cursus. Le choix politique est donc de fait de privilégier la décentralisation des moyens et surtout les partenariats publics-privés qui vont induire des choix plutôt que d'autres et non plus une politique nationale basée sur l'égalité des soins pour tous.
Le 26 janvier 2016 une autre loi a été votée : c'est la loi de "modernisation du système de santé" dite Réforme Touraine. Que dit cette loi ?
"la refondation du service public hospitalier autour d'un bloc d'obligations et non plus la participation à l'une des 14 missions de service public fixées par la loi Hôpital, patients, santé et territoires du 21 juillet 2009. Des groupements hospitaliers de territoire sont créés, ils permettent aux hôpitaux proches d'élaborer un projet médical commun et de partager des missions ou des fonctions support." Pour simplifier il s'agit d'amplifier et de généraliser la méthode dite du "contrat d'objectifs" bien connue des salariés. Or ici, ce sont les soins qui sont contraints à ces objectifs et donc à la variation des dotations en matière de santé public.
Troisième "bloc" de cette usine à gaz le partenariat public-privé. C'est quoi ?
"un marché de partenariat permet "de confier à un opérateur économique ou à un groupement d'opérateurs économiques (...) la construction, la transformation, la rénovation, le démantèlement ou la destruction d'ouvrages, d'équipements ou de biens immatériels nécessaires au service public ou à l'exercice d'une mission d'intérêt général et tout ou partie de leur financement".
L'Hôpital de Saint-Nazaire a été conçu dans ce sens sur la base d'une location annuelle de 25 millions d'euros. Ce qui plombe évidemment le fonctionnement de l'Hôpital dont le propriétaire des murs est un fonds d'investissement britannique.
Le Parti Socialiste a voté en faveur du PLFSS 2026. c'est l'ONDAM qui préconise un contrôle de recettes avant les besoins. L'inverse de la philosophie des créateurs de la Sécurité Sociale. Ce qui relie directement cet aspect à la Réforme Touraine qui impose ces fameux contrats d'objectifs liés eux mêmes au rapport entre le nombre de praticiens et le nombre de patients soit entre 285 et 500 médecins pour 100 000 habitants.
La France se situe à la 31e place en Europe compte d'un calcul du nombre de médecins pour 1000 habitants (3,34 en France contre 5,77 au Portugal par exemple).
En soutenant également Lecornu dans sa politique libérale, le PS enfonce le clou et confirme son appartenance aux forces conservatrices et antisociales. Les alliances municipales avec le PS sont assujetties à des orientations nationales. Les Hôpitaux publics sont sous la houlette des maires ou des groupements de communes...ou des métropoles. Ignorer cela aboutit à une acceptation d'une politique sociale qui va provoquer ces drames, isoler les citoyens et surtout renforcer l'inégalité de ces mêmes citoyens face aux soins.
Sources :
https://www.vie-publique.fr/loi/300444-budget-de-letat-2026-projet-de-loi-de-finances-plf-2026
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012677
https://www.insee.fr/fr/statistiques/2012677