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Billet de blog 24 novembre 2017

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« Logan Lucky » : Sweet West Virginia

Bienvenus en Virginie-Occidentale chez les Logan, famille où la malchance semble être héréditaire, au point de devenir l’objet d’une légende locale.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dans la famille Logan, Jimmy (Channing Tatum), le grand frère, était promis à une brillante carrière de quarterback jusqu’à ce qu’un incident l’ait rendu boiteux. Son frère cadet, Clyde (Adam Driver), barman, a perdu un avant-bras en Irak. Quant à Mellie (Riley Keough), la benjamine de la fratrie, son quotidien se résume à écouter les commérages des clientes du salon de coiffure dans lequel elle travaille…

Illustration 1

Lorsque Jimmy se fait renvoyer de son travail, car ses patrons se sont aperçus de son invalidité, il décide d’embarquer son frère et sa sœur dans un plan criminel loufoque : celui de braquer le coffre d’un circuit automobile le jour de la course Coca-Cola 600. Pour parvenir à leurs fins, ils vont faire appel aux services de « serrurier » de Joe Bang (Daniel Craig) qui est en prison. Il leur faudra donc non seulement élaborer un plan pour braquer le circuit automobile, mais aussi organiser l’évasion de Joe ! L’élaboration et la mise en oeuvre de ce plan porte tous les mécanismes de l’intrigue du film de manière extrêmement efficace. Pour l’écriture du scénario Soderbergh s’est associé à une scénariste inconnue, Rebecca Blunt (beaucoup soupçonnent qu’il s’agit en fait d’un pseudonyme), et le résultat est très réussi ! Le réalisateur, qui avait réalisé plusieurs blockbusters, dont la trilogie Ocean’s Eleven (2001-2007), et remporté la Palme d’Or à Cannes en 1989 pour Sexe, Mensonges et Vidéo (Sex, Lies and Videotape) à seulement vingt-six ans, décide de s’affranchir des grands studios et de produire et réaliser ce film en indépendant. Les grosses recettes ne sont peut-être pas au rendez-vous, mais la manifestation du talent et de la créativité de Soderbergh y est et c’est un vrai plaisir !  

Dès le début, le film prend le temps de présenter chaque membre de la fratrie Logan entre drôlerie et tendresse. Le casting impeccable d’acteurs talentueux qui incarnent parfaitement leurs personnages est également l’un des points forts de ce film.

Avec Logan Lucky, Steven Soderbergh ose revisiter le film de braquage, ici il n’y a pas d’armes, pas de gangsters, les braqueurs sont des amateurs, des citoyens lambda et souvent estropiés, de l’humour bien dosé, une photographie aux couleurs éclatantes et une action qui se déroule plutôt calmement, ce qui n’empêche pas de donner lieu à un film plutôt survolté et bien rythmé. D’une certaine manière, avec Logan Lucky, le réalisateur revisite également le rêve américain en y apportant des touches de modernités et un regard actuel, cynique et ironique digne des meilleurs films des frères Coen.

Logan Lucky est une comédie à l’humour fin et intelligent qui montre des citoyens américains abandonnés par le système qui vont tenter de faire tourner la chance en prenant leur revanche sur la société à leur manière… C’est une comédie drôle, mais qui reste respectueuse de ses protagonistes, sans mépris ou condescendance vis-à-vis d’eux, elle ne les dénigre pas et ne bascule jamais dans la vulgarité.

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