Billet d'humeur politique - Madagascar, destituer à tout prix

Les questions reviennent... «Qui a donné l'ordre de tirer sur la foule?»  Ou... «Comment se fait-il que diverses sources ont révélé des tirs qui auraient plutôt pu venir d'autres points que des fenêtres du palais présidentiel?...» Pourquoi Iavoloha était saccagé?..

Un passant s'incline devant les armes pointées sur lui. Photo prise lors des événements de 2009 © Erika Cologon Hajaji Un passant s'incline devant les armes pointées sur lui. Photo prise lors des événements de 2009 © Erika Cologon Hajaji
Destituer à tout rompre. Même sans savoir plus ou mieux que l'autre qu'on a déjà destitué.
Juste plonger une île en coma artificiel, avec des respirateurs faits de bouts de ficelle et de pièces rafistolées récoltées des dernières bourrasques politiques... Se foutre de l'ordre si difficile à maîtriser et à instaurer et assumer la culture sur brûlis. 
Celle qui consiste non pas à partir «du moins pire» du fond de la cale du navire qui s'était retrouvé enseveli en profondeur, et ré apprendre à passer les paliers jusqu'à la surface, mais celle qui consiste à donner des conseils plus à la maladie qu'au malade, en s'adressant directement à l'échec et non à la propension à affronter en agissant autrement.

Et l'opposition? Me direz-vous..
Mais déjà l'opposition est permise, ce qui est relativement nouveau, ensuite la place du 13 mai et partout ailleurs est accessible, ce qui est relativement nouveau. On peut même faire des rassemblements qu'il appellent ouvertement à la destitution du président en exercice. Ce qui est relativement nouveau, à moins que le samedi rouge ait institué une nouvelle tradition, celle de pouvoir dès qu'on le veut, nommer un nouveau premier ministre depuis le 13 Mai, envoyer quelques âmes chetives chercher les clés sous le pot de fleur en zone rouge entre deux cordons de sécurité, et dédicacer à tout un peuple, la larme à l'œil, la bataille d'ego entre deux personnes...
Bataille née d'une affaire de panneaux d'affichage publicitaires ou de diffusion sur Viva d'un discours venu de notre cher Deba... On n'est peu de choses évidemment, car chacun des deux derniers possédaient des médias, et énormément de défiance a mené l'île dans une histoire même pas classée.  Non, pas classée. Que faire des déclarations du colonel Charles, des diffusions de documents faisant état des financements engrangés pour structurer la déstabilisation de l'état... Que faire de cette décision extra constitutionnelle qui a fait foi, si beaucoup disent l'influence de la France, mais c'est pourtant une juridiction telle que la HCC qui a validé tout ca...
Les questions reviennent... 
«Qui a donné l'ordre de tirer sur la foule?» 
Ou... «Comment se fait-il que diverses sources ont révélé des tirs qui auraient plutôt pu venir d'autres points que des fenêtres du palais présidentiel?...»
Pourquoi Iavoloha était saccagé?.. 
Moi j'ai une question.

Si vous êtes sensible, ne soyez pas sélectifs.

Nous avons tous ce tiroir de photos numériques qui contient les gens calcinés empilés les uns sur les autres, pris au piège dans les locaux commerciaux qui ont été dévastés lors du «lundi noir». Cette femme, qui vendait des bouquins, dont la cervelle était à nu... 
Ces gens qui ressemblent pour chacun d'eux à un neveu, un frérot, un pote ou un ami, sa mère ou sa soeur, effrayés, terrassés, fauchés par les balles en plein jour. Refaire état des conséquences immédiates économiques semble embarrasser, faire état de l'insécurité qui a mis en place des règlements de compte, la famine, des secteurs entiers qui ont mis clé sous la porte, licencié des employés qui avaient tout donné chaque jour pour sauvegarder leur emploi, leurs salaires, si maigres soient-il.

Si on ne demande pas la pitié on demande au moins le respect, et ca suffira, tout part du respect. Assumez la vérité.
Hommes politiciens, réglez vos histoires entre vous, et cessez de prendre en otage quelques centaines, milliers, de personnes en lieu et place de 25 millions.

On dit que si on n'est pas capable d'expliquer quelque chose à un enfant de 5 ans, c'est que l'on ne maîtrise pas le sujet. Expliquez donc.

Si vous êtes sensibles, ne soyez pas sélectifs.

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