La mélancolie de mes 3 amis

Qui sont ces 3 hommes au sourire triste et aux regards perdus vers d'autres ciels ?
L'un lance une danse vers un nuage,
l'autre s'abime autour de son centre sans gravité,
l'autre enfin chevauche l'horizon droit devant.

La danse ne s'envole pas plus qu'une plume sans gouvernail dans le vent, elle est trop dense d'une loyauté qui la ramène près des cotes du connu. Une connaissance qu'elle se plait à ne pas comprendre, la prenant rassurément pour son nuage léger dans la mire.
Son âme vient d'une Geisha amoureuse. Ou d'une fleur que convoite la Geisha.

Lui, c'est un Modigliani, pas l'oeuvre, impossible d'être une créature. C'est Amedeo Clemente, le tuberculeux, le fils figuratif. Parce qu'il aime finalement les autres, il peint des visages sans regard, pour ne pas exposer le feu infernal qu'ils y verraient.

Quant à cette fière et haute nef, bravant les aquilons, bâtiment imprenable, toiles au vent. Elle s'est un jour fracassée mais ne le sent même plus. L'accent se porte ascendant, il prend le large pas dupe du butin qui l'attend mais pour s'éloigner des côtes. De la côte d'un Adam affaibli par un trait divin.

L'espoir les porte tous les trois, ils s'appuient sur la pente aspirante qu'elle soit bleue vaporeuse, sombre et pierreuse ou sillage éperdu.
Ils se parlent avec respect et savent ce qu'ils se doivent de tenir la mesure d'une note qui les pose dans leurs corps. Ils s'arriment parfois discrètement à ce ton puis se retirent dans cette chambre sans nom aux murs cinématographiques. Inéluctablement. En secret, tacitement convenu.

De là, leur chant reprend, il s'envole ou s'asphyxie, il exulte ou se consume, il vogue ou se noie.
Mais ils chantent.

 

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