Casper

Je pense à ce petit moment très précis dans la tête de mon chat, lorsqu’il se promène par les rues et les jardins dans la nuit finissante, où lui survient l’idée de rentrer à la maison.
Ce doit être furtif et injonctif ce petit moment-là.
Une impression visuelle ou sensitive de couleurs sombres et boisées, d’une moelleuse chaleur ou d’une calme odeur, qui forment l’alliage du souvenir qu’il s’est constitué de ma chambre.
Et aussitôt il bifurque.
Se glissant sous la haie ou sautant sur le mur, il se faufilera par la fenêtre de la cave, poussera quelques portes, trottinera dans l’escalier puis sautera sans bruit sur le lit qu’il inspectera d’appuis alternatifs de ses pattes avant, pour finalement se caler le long de ma jambe sur cette couverture de laine accueillante.
Après une nuit de turpitudes plus ou moins réussies, il m’offre fidèlement son petit matin que nous partageons en rêvant serrés l’un contre l’autre.

 

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