Lettre osée d'un homme usé

Je suis salarié dans un grand groupe industriel français.
Je suis à bout. Bientôt tué par la vulgarité.

Le sexisme est partout.
Dans l’impact mesurable d’une robe courte bien portée.
Mais surtout, surtout, dans l’effervescence de ces dames qui se serrent les coudes en jouant des talons, du brushing et des rires de gorge, et se réunissent, et se congratulent, et s’encouragent à force plaisanteries entendues à destination des porteurs de verges alentour.
Tout compliment leur est du.
Rose ou narcisse, le jeu n’est que de piquer l’autre, de l’embaumer suprêmement. Place aux lys. Violettes et mimosas se contenteront au mieux d’embellir la table de cantine, à tout le moins auront l’élégance de ne pas masquer les divines.
La féminisation artificielle des instances dirigeantes n'est finalement qu'un piège, peut-être, pour toutes ces folles qui se croient femmes parce qu’on les écoute quand elles ondulent. Pire car plus pervers que lorsqu’elles portaient des cheveux courts et un costume gris sans rouge à lèvres. Il reste encore dans les couloirs des corporations quelques spécimen de ces fausses lesbiennes qui effraieraient LGBT, mais sans plus d’emprise. Le glamour de la castratrice a parlé.

L’incompétence est partout.
Vacuité et ridicule vont bien ensemble.
On ignore, on s’agite, on communique, on est dynamique, on prend le point.
On ignore, on se positionne, on exige, on ment, on accuse.
On ignore, on va en Codir.
Dramatiques petits-chefs.
Si nombreux, si pareils et à l’usure si puissants.

L’inefficacité est partout.
Tout est stratégie, tout s’oppose, tout se substitue à tout, tout s’arrête, tout se lance, rien n’est vision.
Pas souvent transparent, mais de toute façon jamais lumineux.
L’INEFFICACITE EST PARTOUT.
Et sa corollaire l’ennui.

Et Nespresso est partout aussi.
La capsule est béquille, alibi, oxygène.

Je suis à bout. En souffrance de laideur.

 

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