Marcel

J’ai voyagé à tes côtés, mille ans sans te voir, escortés que nous étions des oiseaux en quête du Simorgh.
Tu as nourri mes paroles, nous les avons poussées sur les ailes des explorateurs,
Tu as accompagné mes chants, et leur espoir s’accroche encore aux nuages.
Ai-je quitté mon plumage de peurs ou a-t-il suffi que je ferme les yeux sur ma route pour que je puisse laisser ton vol m’assurer.

Maintenant que je te vois, je ne veux ni parler ni chanter, je veux juste être à tes côtés et regarder les mots d’Attar s’envoler.
«  Fais ce voyage, le seul grand, sacrifie-lui ton coeur, tes forces, il mène à la maison du Roi. Elle est au-delà du visible. En elle tu disparaîtras. Si tu n’es pas fou de désir, tu ne parviendras même pas au vent qui soulève Sa robe. Ami, ne sois pas né pour rien. Laisse le monde à ses fadaises et marche droitement au but. Si tu veux vivre de vraie vie, détourne-toi du périssable. Dans l’ivresse oublie ta raison, que ton guide sur ton chemin soit l’inapaisable folie d’être à Lui, près de Lui, en Lui ! »

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