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Billet de blog 5 avr. 2021

L'indigence dans la mémoire ou Moïse sauvé des eaux boueuses

Un autre Moïse vient d'être sauvé des eaux boueuses. Un fait que les personnes athées mettront à contribution pour confirmer que même la nature conspire contre Haïti......Ce que du reste on savait déjà.... même si souvent, la nature a été manipulée ou armée par les forces déchainées du Big Gang.

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Un autre Moise sauvé des eaux boueuses © Erno Renoncourt

Un président illégitime s’autoproclamant apprenti de Dieu a failli périr noyé. Comme un nouveau Moïse sauvé des eaux boueuses, il offre le hideux spectacle d'une baignade dans une marre de boue. Pour cause, le cortège présidentiel est pris dans les eaux diluviennes qui, profitant du vide des infrastructures routières, laissé par 10 années de pouvoir PHTK marqué par la corruption, la prédation, les séquestrations, le gangstérisme et la criminalité, s'étendent à marée basse.

L'indigence s'étale dans sa sublime transparence. Mais la vraie indigence n'est pas dans cette image. Elle est dans les diplômes des universitaires qui servent et qui ont servi ce régime.

 Car, je connais des gens qui n’ont jamais été à l’école et qui ont toujours cru que des gens, s’autoproclamant bandits légaux, ne pouvaient apporter autre chose au pays que ce merdier fumant à ciel ouvert. Quand je leur demande pourquoi ils n'avaient jamais douté que la catastrophe allait être pire que celle naturelle du 12 janvier 2010 ?  J’entends, dans leur voix courageuse et digne, la même réponse : on ne peut donner que ce que l'on a. On ne dirige qu'avec ses amis et sous la lumière de leurs compétences ou l'enfumage de leurs incompétences. Une manière de dire qu'avec des ressources humaines, on apporte la performance; avec des ressources inhumaines, on récolte l'indigence. De sorte, que si on est un délinquant, forcément on dirigera avec des délinquants avec la méthode des délinquants; si on est un inculpé, forcément, on dirigera avec des gangsters, avec la méthode des gangsters. Et le résultat ne peut surprendre personne. D'autant que le haut clergé catholique haïtien, dan sa haine du peuple haïtien, avait invité ces gangsters à gouverner avec les méthodes qui leur avaient permis de réussir dans la délinquance.

 La question est : comment des personnes humbles et incultes peuvent-elles faire preuve de tant de lucidité dans l'anticipation de cette catastrophe, quand de brillants universitaires doctorés et de puissants entrepreneurs, détenteurs de prestigieux diplômes MBA, enfin je suppose, nous laissent croire qu'ils avaient cru de bonne foi en ces messieurs et qu'ils ont été simplement bernés ?  Comment des fonctionnaires publics, des universitaires peuvent-ils continuer à servir une administration ouvertement au service de la criminalité et de la médiocrité, en assumant jusqu'au bout l’indignité d’avoir des chefs de gang pour donneurs d’ordre ? Pourquoi les génies haïtiens ne démissionnent-t-ils jamais ? Comme en 2018, je relance ce débat, qui nourrit le récit de l'indigence, en demandant pourquoi les génies haitiens obéissent-ils toujours à des médiocres? Pourquoi des universitaires haïtiens refusent-ils d’assumer que leur adaptation à la médiocrité et à la criminalité est une éloquente incompétence ou une fumante imposture ?

 C’est Jean-François Richard

CouvertureLivre_ActivitesMentales © Ouvrage Activités mentales de Jean François Richard

, mais pas que, qui nous apporte la réponse : les mêmes capacités qui permettent de démissionner, de se remettre en question, de s’autoévaluer, de se réinventer, d’accepter la vérité sont les mêmes qui permettent de performer, de bien gouverner, de bien décider. De sorte que la démission, l’assumation de la responsabilité de ses échecs, l’assumation de la vérité, participent d’une logique d’honneur inhérente à l’intelligence ; laquelle, du reste, est dans le prolongement de toute vraie compétence définie alors comme une reliance entre épistémique, pragmatique et éthique (Edgar Morin).

 Ainsi, avoir été ministre dans un gouvernement qui a échoué et oser publier des tribunes pour critiquer ce dont on est en partie responsable, sans assumer ses propres défaillances et incompétences, est un flagrant signe d’incompétence.C’est ce que dit  cette règle de management appelée l’effet Dunning-Kruger que je vous invite à redécouvrir dans cet article qui pose la question dérangeante : Et si les idiots n’étaient pas ceux qu’on croit ? Et moi je poursuis ma quête éthique en demandant : et si les écoles et les universités en Haïti n’avaient fait que promouvoir et récompenser des médiocres et des corrompus ? 

Ah, vous croyez que je suis encore dans la provocation ! Si c’est le cas je vous invite à lire ces deux articles

  1.  https://www.penserchanger.com/leffet-dunning-kruger-vous-ne-savez-pas-ce-que-vous-faites/
  2. http://www.annales.org/gc/2006/gc85/gambetta.pdf

 Le second texte est un délice, car il est produit par le chercheur italien Diego Gambetta qui montre que la valeur de l’incompétence est la même dans la mafia tout court que dans la mafia universitaire.Si dans certains pays, c'est une exception; en Haïti, c'est la règle.  Selon Gambetta, on reconnait rapidement les organisations mafieuses par les dettes et les redevances qu’elles créent en donnant des promotions à des personnes incompétentes, irresponsables et flexibles pour compromettre le processus décisionnel par des réseaux d'accointances, de passe-droits et d'entre soi. Suivez mon regard qui cherche les promotions onusiennes das le shithole.

Pour amplifier ce débat, je vous invite, pour bien comprendre l’indigence comme une valeur antinomique de l‘intelligence, à regarde une fois de plus, la séquence du film I comme Icare décrivant l’expérience de Milgram. Tout le monde voit la barbarie de l’expérience d'un moniteur qui en action dans sa soumission. Mais rares sont ceux qui ont vu l’essentiel maintenu caché : c’est à l’université que se joue le drame de la déshumanisation par la vile soumission à l'autorité. Ce sont les universitaires, les nouveaux bourreaux de l’humanité. Et pour qu’ils n’en viennent pas à se révolter, on leur donne des promotions de moniteur, des titres de docteur, des gratifications pour enchainer leur conscience.  Regardez cet anonyme promu moniteur, dans l'expérience en question. On le choisit par trucage du processus de sélection pour être cobaye d'une expérience barbare. Mais avec sa conscience effondrée, il ne questionne pas le processus. Dans sa vanité d’avoir une proximité académique et honorifique, gratifiante, avec l’autorité scientifique, il ne questionne pas ce qui est en jeu. Il ne se montre pas solidaire des inquiétudes de celui qu’il va déshumaniser. Il reste silencieux, conscient d'avoir été choisi honorablement. Le système a su le transformer, par la promotion donnée, la faveur accordée, en gardien silencieux de l’ordre barbare. Suivez mon regard, il cherche les structures.

 Voilà quelques-uns des thèmes qui fondent l’axiomatique de l’indigence qui est le récit contextualisé de données empiriques comme des exemples de cas revisités à la lueur des études méthodologiques, des théories scientifiques et managériales pour prouver que si un pays a permis a ce qu'il a de plus laid et de plus vil d'accéder au sommet, c'est qu'il n'est pas orienté dans le bon sens. L’indigence s'installe donc comme une tare gigantesque dans la mémoire culturelle et académique d'Haïti. C’est ce que je vous propose de découvrir sous peu. Suivez nos annonces.

En attendant, si un enfant de moins de 6 ans vous demande de définir l’indigence, décrivez lui l’image d’une légion de gens chiquement habillés et suavement parfumés qui, pour survivre, acceptent cependant de suivre le vidangeur dégoulinant de merde dans le fumier merdique et pestilent pour un diner en blanc avec palmes et médailles brochées sur le front; enfin, sur ce qu’il en reste. Car à regarder l’image de la conscience effondrée, on voit bien que front et cul se confondent. Ce ne sont plus de supports mémoriels qui permettent de réfléchir, mais des supports pestilentiels.

Et c’est l’un des grands postulats de l’axiomatique indigence : On ne suit jamais que l’odeur qui fume au fond de soi. Il y en a d’autres encore plus succulents, enfin ragoutants, puisqu'il s'agit après tout d'indigence ! Sans fausse modestie, je vous assure que ça vaut la lecture.

 A bientôt pour les annonces.

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