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Billet de blog 9 janv. 2022

La fusion délétère des variants et des emmerdements

A peine commencée, l'année 2022 s'annonce déjà bouillonnante. Et pour rythmer l'agitation, le hasard manipulateur vient de nous envoyer son DeltaCron comme pour amplifier le désastre sanitaire et acter dans les faits les envies d'emmerdes des démiurges qui nous gouvernent et des crétins doctorés qui les conseillent.

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L'oeil des emmerdes virales © Erno Renoncourt

Elle s'annonce trépidante la saison des emmerdes qui, à peine lancée, vient d’atteindre un pic délirant par la fusion des variants les plus médiatisés de l'hystérie sanitaire du 21eme siècle. En effet, les scientifiques, s'il faut croire les médias, viennent d'identifier une combinaison des variants Delta et Omicron en Chypre, et l'ont baptisé DeltaCron. Un regroupement nominal en apparence anodin, mais plein de sens détournés en ces temps inquisiteurs où la chasse aux hérétiques et à ceux et celles qui osent encore s'insoumettre et faire preuve de penser critique est lancée par les emmerdeurs au sommet de leur puissance.

La fusion délétère de Delta et d'Omicron

Un regroupement de mots (Delta, Omicron) et de symboles (trigone, œil) qui fait penser à l’œil mystérieux et radieux qui s'élève au sommet d'une forme pyramidale pour veiller sur un certain secret. En regardant sur le verso d'un billet de dollar américain, on aperçoit un certain symbole représentant une structure trigonale au-dessus de laquelle brille un œil. Évidemment, au premier degré cela fait penser à Delta et à Omicron.  Comment ne pas signaler ce que dit le dictionnaire sur Delta.  Delta et Omicron ? 

  • Delta: ''Quatrième lettre de l'alphabet grec,dont la translittération renvoie à la lettre D et qui symbolise un trigone''.
  • Omicron :''Quinzième lettre de l’alphabet grec, Omicron est dérivée du phénicien Ayin, qui signifie «œil»''. Toujours selon le dictionnaire "Le symbolisme de ce mot serait intimement lié à l’œil dans sa dimension intérieure de conscience et de clairvoyance".

Et comme on le sait, Delta et Omicron sont les deux variants les plus médiatisés du coronavirus. Hasard ? Coïncidence ? Ou mystère en train de se dévoiler ou de se révéler ? Je ne vais pas entrer dans ce boulevard, aux bords duquel, à droite comme à gauche, se tiennent armés des chasseurs de complotistes, prêts à scalper les hérétiques pour faire vivre leurs certitudes. Toutefois, je ne peux m'empêcher de rejoindre le petit nombre de ceux et celles qui s'obstinent à questionner ces coïncidences et à chercher à leur donner du sens pour tenter de comprendre le monde incertain dans lequel ils vivent, de sorte à mieux me responsabiliser par rapport à leurs devoirs et aussi à leurs droits. Car droits et devoirs, résistance et obéissance, responsabilité et insoumission sont les vertus de tout citoyen. Sauf pour ceux et celles qui, vivant dans une permanente insignifiance, peuvent se contenter d'obéir aveuglément aux injonctions venant des lieux de pouvoir. Sauf pour ceux et celles qui, précaires indigents, se contentent d'avoir dans leur gamelle de quoi bouffer et d'aller ensuite piaffer dans les saisons d'encanaillement. Sauf pour tous ceux et toutes celles qui, inconscients et insouciants, ne sentent pas le poids invisible des emmerdements, des encerclements qui visent à pousser l'humain dans les retranchements d'un enfermement qui ne dit pas son nom.

Le paradoxe des signaux faibles

Loin de moi l'idée arrogante de vouloir jouer les donneurs de leçons, même si ma posture de provocateur impénitent laisse supposer le contraire. D'ailleurs, comme on peut le lire sur ma biographie, qu'est-ce qu'un confiné du shithole haïtien, sans références académiques reluisantes, sans accointances diplomatiques puissantes, sans ressources économiques convaincantes, peut-il apporter à ceux qui se sentent confortablement irradiants dans leur enfumage rayonnant ? Rien. Sinon qu'un peu de doute, de folie et rêverie.

Je dirais même des trésors de doute pour amener, les uns et les autres, à comprendre avec Humbert Lesca qu'un signal dissonant, non vérifiable et faible n'est pas pour autant un signal insignifiant et une porte ouverte vers le complotisme. En effet, dans un environnement chargé de paradoxes et d'incertitudes, la moindre rumeur, la moindre information dissonante, c'est-à-dire en résonance faible avec la cacophonie ambiante, est un signal intelligent dont il faut tenir compte, pour peu que l'on veut innover et prendre des décisions qui ne soient pas inscrites dans un processus d'improvisation et de routines programmées. D'où ce paradoxe que nous partageons : la faiblesse peut être une force et une puissance d'alerte. Et c'est parce que ce trésor de doute est ignoré qu'un peu partout dans le monde, notamment en Haïti, les décideurs se fourvoient, car préférant toujours les chants de sirènes des insignifiants cultivés et des crétins doctorés que les universités fabriquent pour mieux paver les avenues du monde indigent qui s'en vient.

D'où ce besoin de folie. J'ajouterais des éclairs de folie pour  résister à la tentation de vouloir ''quoi qu'il en coûte'' réussir, être à la mode, être puissant, être dans le vent, être bien vu, être sage, utile, docile, pour ainsi dire futile et avoir son pass de soumission. Dans ces temps d'emmerdement décrété, j'aimerais citer les mots de l'un des derniers discours de John Fitzgerald Kennedy, lui qui, malgré l'immense pouvoir qu'il détenait, croyait que le citoyen responsable devait assumer "une figure solitaire (hérétique et complotiste) et naviguer à contre-courant de son époque [...]'' . Pour lui être responsable, c'était revendiquer une culture qui interdit d'être à la mode, et invite, contre tous les opportunismes, à critiquer sa société, ses élites, ses experts et ses dirigeants ". D'où cette douce folie que nous égrenons : ce n'est pas parce que les médiocres sont forts et puissants qu'ils réussissent, mais parce que le savoir et la culture ont déserté les sphères de la dignité pour se vautrer dans les basses eaux des réussites précaires où la médiocrité règne.

D'où ce besoin de rêver d'autre chose que ce qui est routinier et permis. Je préciserais même se laisser embraser par des rêves brulants et intranquilles pour enflammer l'imaginaire collectif et pousser cette humanité rebelle et digne à allumer des foyers d'insoumission partout ailleurs pour ne pas laisser l'enfumage rayonnant des crétins doctorés obscurcir l'utopie d'un monde enfin juste, libre et digne. Car c'est au bout des rêves agités, infinis que l'on peut retrouver les mots de cette PoÉthique exaltée capable de défaire les verrous d'un monde tourné sur sa face obscure et immonde.

L'appel de la dignité

N'en déplaisent aux puissants, lettrés et doctorés du monde entier, ce n'est ni le pouvoir, ni la réussite, ni la renommée qui donnent de la valeur aux gens. C'est leur sensibilité éthique, leur quête de la vérité, leur sens de la justice et leur entêtement à refuser de sacrifier un peu de leur liberté pour un peu de confort. Ce sont ces valeurs qui sont les ferments de toute véritable humanité. Ce sont ces valeurs qui conférent une plus grande conscience de l’impérieuse nécessité de tout subordonner à la dignité humaine. De sorte que ceux et celles qui méprisent la dimension dissidente de la responsabilité ne sont que des semences d'indigence. Comme l'a dit John F. Kennedy, c’est le parti pris du savoir et de la culture pour la vérité et la justice qui nourrit les racines de la liberté et de la dignité humaine sans lesquelles tout n’est qu’éternelle défaillance.

En ces temps où les incertitudes se multiplient par emmerdements décrétés et variants fusionnés, les insoumis et hérétiques de l'hystérie vaccinale doivent comprendre que l'objectif est de brouiller l'horizon éthique pour empêcher aux hommes et femmes dignes de comprendre le monde qui vient  et de s'armer en conséquence pour rejoindre les fronts de la dissidence. Évidemment, pour affronter les incertitudes, il faut disposer de ressources cognitives rares et distinctives. Et au grand dam des puissants, des lettrés et des doctorés du monde, nul besoin de quitter son shithole pour disposer de telles ressources. La nature en a déposé un ferment au fond de chacun qu'elles se trouvent, il suffit pour cela de ne pas avoir peur d'être indexé, rejeté et méprisé. Comme le dit Naguib Mahfouz "La peur n’empêche pas la mort, elle empêche la vie. Tant que vous craindrez la mort, vous ne serez pas vivants !''.  Vivant ici renvoie à une vibrante dignité.

Contre tous les emmerdements, et malgré la génération des variants, il faut résister à l’uniformisation des expériences humaines. C'est la seule manière de rester digne et de triompher l'indigence.

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