Mémorandum, Référendum : un même continuum géostratégique vers le sous-sol haïtien

Un article qui aide à mieux comprendre le silence mesuré et l'insignifiante résistance des élites académiques et culturelles haïtiennes au projet génocidaire de la communauté internationale par le biais de ses bras politiques gangstérisés.

Enfumage © Erno Renoncourt Enfumage © Erno Renoncourt

Je dédie ce texte à la mémoire de l’ingénieur Daniel Mathurin dont le courage doit servir d'étincelle pour montrer la brèche aux générations futures.

Dans une tribune viralement partagée et relayée par de nombreux médias, toutes tendances confondues, M Robert Oriol-Berrouëtt a produit une analyse courageuse et pertinente pour dénoncer le soutien sans fard du professeur Ricardo Seitenfus, ancien diplomate de la mission de l’Organisation des États Américains (OEA) en Haïti, au projet du référendum néo duvaliériste du PHTK.  

L’engagement contextuel

La démarche engageante du linguiste, qui nous a longtemps habitué à ses chroniques sur l’aménagement linguistique entre le créole et le français dans l’enseignement haïtien, mérite d’être saluée. Ce que d’ailleurs presqu’unanimement ont fait les réseaux haïtiens de la militance contre le PHTK. Mais, ce serait trop simpliste, une fois de plus, de s’arrêter sur ces fleurs qu’on se partage sans faire émerger les vrais enjeux du référendum du PHTK dans la conjoncture actuelle.

Comme toujours, pour fouiller au plus profond des strates d’un écosystème où la vérité est un crime passible de tous les bannissements, il faut le courage suicidaire de ceux et de celles qui n’ont que leur dignité et leur humanité à célébrer et à défendre par leur insolence. M’étant engagé depuis longtemps sur la voie de l’authenticité et n’étant sous le joug d’aucunes accointances politiques, économiques, académiques et sociales douteuses, j’assume une fois de plus de porter le dissensus dans ce concert d’encouragement. Aussi je viens courageusement prouver que l’article de M. Seitenfus, qui fait bruyamment, en cette année 2021, l’éloge du référendum néoduvaliériste du PHTK se situe dans le prolongement du rapport de Régis Debray publié en 2004, par lequel la France et cette même communauté internationale avaient lancé leur mémorandum de boycott du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti. Ces deux textes ne sont que des méta-données d’une convergence géostratégique vers les richesses du sous-sol haïtien

En conséquence, on ne peut, sans imposture flagrante, dénoncer la posture vacillante de M. Ricardo Seitenfus sans rappeler, au bon souvenir de la majorité des intellectuels haïtiens, leur propre indignité. Eux qui en 2004, pour quelques médailles de légion d’honneur solennellement distribuées, quelques prix littéraires éloquemment accordés, quelques subventions de fonds généreusement octroyées et quelques nominations dans de prestigieuses institutions internationales symboliquement, avaient renoncé à toute souveraineté sur les richesses du sous-sol national en endossant le rapport Debray. Peut-on oublier cet article paru en novembre 2005,

Article introuvable © Caprure d'ecran du site du Nouvelliste Article introuvable © Caprure d'ecran du site du Nouvelliste
, sous la plume de Roberson Alphonse, et dans lequel on lisait : « Les trésors archéologiques subaquatiques d'Haïti sont évalués à des dizaines de milliards de dollars américains d'après des spécialistes en muséologie, en archéologie sous-marine et en histoire de la caraïbe ». L’article faisait écho des dénonciations portées par un groupe d’organisations de la société civile contre les dirigeants du pouvoir de facto issu du coup d’état de 2004, dirigé par les sous-traitants de la communauté internationale dont un certain Gérard Latortue, qui avait signé un accord avec deux compagnies étrangères, à savoir le Caribean Marine Inc et le Sub Sea Research pour effectuer des opérations de prospection ou d’exploitation des richesses du sous-sol haïtien.

Faut-il rappeler que cet accord avait été signé par la ministre de la culture d’alors Magali Comeau Denis, qui est aujourd’hui membre du directoire d’un parti dit de gauche nommé Akao ? Faut-il préciser que cet article n’est plus disponible sur le site du Nouvelliste, mais que Google a enregistré de cette page web qui disparaitra sous peu ? Faut-il rappeler que tous ceux qui ont abordé ce dossier ont perdu soit le pouvoir, soit la vie, tandis que leur famille reste contrainte au silence ? Oui je risque gros en évoquant ce dossier, mais j’ai l’avantage de connaitre ceux qui voudront me réduire au silence.

Capture écran article patrimoine subaquatique haïtien © Le Nouvelliste Capture écran article patrimoine subaquatique haïtien © Le Nouvelliste

Disons-le simplement, dans le présent contexte, l’un des grands mérites, à mes yeux insolemment critiques, de l’article de M. Oriol-Berrouëtt est d’offrir une opportunité de mettre en lumière la vraie indigence des élites haïtiennes qui sont incapables d’avoir une posture de dignité en face du blanc. Incapable d’oser résister, incapable de supporter la vérité, incapable de risquer leurs petites réussites insignifiantes pour défendre quelque chose de plus noble que leurs titres, leurs médailles et leurs diplômes. D’ailleurs le blanc les prend si peu au sérieux qu’il les contraint toujours à travailler sous les ordres d’illustres incompétents, montrant par là qu’entre un universitaire doctoré et un gangster dévoyé, il y a la même indignité au service du même projet de déshumanisation d’Haïti :  De Ti Klod à Ti Je, pour ne citer que les plus vils sobriquets, il n’y a que le vernis académique surdosé qui cache l’indigente parenté.

Le Karma Contextuel

Je rappelle que l’indigence est une axiomatique que je propose en 6 volumes pour mieux dimensionner, par des études de CAS, le Contexte Anthropologique Structurel des défaillances haïtiennes. Une analyse pertinente dont l’invisibilisation traduit le manque d’intelligence disponible dans cet écosystème. Et puisque , c’est le temps de « la revanche des contextes », pour reprendre le titre inspirant et structurant de Jean-Pierre Olivier de Sardan, comment saurais-je manquer à ce vibrant appel du karma des pauvres, pour ne pas faire écho du texte, unanimement salué, de M. Oriol-Berrouëtt ? Comment ne pas surfer sur cette revanche du temps et montrer avec éloquence que dans le revirement de M. Ricardo Seitenfus, qui n’est rappelons qu’une personnalité diplomatique étrangère entrée dans la lumière par la crise haïtienne, il y a une énorme imposture agissant comme l’une des plus grandes variables de déshumanisation de l’écosystème haïtien :

L’imposture étant cette intelligence adaptative qui consiste systématiquement à dénoncer ce qui est apparent pour mieux dissimuler ce qui est structurant, médiatiser ce qui est insignifiant pour enfumer ce qui est conséquent. Je réserve les exemples de CAS de cette argumentation pour mon récit sur l’indigence, mais déjà je peux dire deux choses :

  1. Une grande partie de cette intelligentsia académique, culturelle, médiatique que Monsieur Oriol Berrouëtt convie, en 2021, à se démarquer de l’imposture de M. Ricardo Seitenfus est la même qui, en 2004, avait abdiqué devant le rapport Debray ; la même qui, en 2015, avait relayée l‘évangile Seitenfus, dans presque tous les médias, presque toutes les universités, chez tous les éditeurs, comme une sainte vérité. Pourtant dire que les structures de l’aide internationale étaient défaillantes ne demandait aucun courage, puisque c’était une évidence que tout le monde savait. Il eut été bien plus courageux de montrer que cette défaillance était la condition suffisante pour la performance de tous les projets de l’assistance internationale. Car sans une contextualisation de ses processus d’errance en termes de motivation des acteurs et de finalités des stratégies, une défaillance peut être aussi imputable aux bénéficiaires. C’est d’ailleurs ce que dit l’Agence Française de Développement (AFD) qui revisite dans cet article les à priori du rapport Debray en postulant que la donateurs sont fatigués et désenchantés d’Haïti où s’amoncellent les projets, les montants et les bons sentiments. Car pour l’AFD l’échec de l’aide en Haïti n’est dû qu’à « des discontinuités de tous genres : chaos politiques, accidents naturels et climatiques ».

Comme on peut le voir, dans cette dénonciation de l’aide faite par des étrangers, il n’y a aucune remise en cause de la stratégie de l’aide conçue comme outil géopolitique de dépendance. Donc, voir une transgression dans la posture actuelle de Ricardo Seitenfus par ce que celui-ci avait dénoncé les défaillances de l’aide internationale en 2015 est problématique et symptomatique de ce que j’appelle un écosystème indigent. Car à cette époque, personnellement, j’avais mené une campagne dans les médias et auprès de nombreux réseaux académiques et culturels, pour mobiliser l’opinion et sensibiliser la société civile sur les dysfonctionnements judiciaires entretenus par l’assistance internationale et qui laissaient augurer la perspective d’un basculement de l’État de droit vers l’État de passe-droit.

J’ai encore les accusés de réception des messages que j’avais adressés, en 2015, à tout ce beau monde académique, culturel et médiatique, à ce jour, aucun n’a encore réagi. Si bien, que sur les conseils d’une amie étrangère, j’avais osé le coup de la provocation en demandant à M. Ricardo Seitenfus de profiter de sa médiatisation pour introduire cette analyse critique que j’avais produite sur l’insignifiance des projets de renforcement judiciaire, tels qu’ils sont mis en œuvre en Haïti par la communauté internationale. Mais, il n’avait pas donné de réponse qui encourageait la poursuite des échanges.

Heureusement, car cela m’a conforté dans mon analyse. Car ce fut pour moi la preuve éloquente que les réseaux académiques, culturels et médiatiques haïtiens ne peuvent que relayer la parole promue et portée par la communauté internationale ; laquelle elle-même ne sait donner de la visibilité qu’à ceux et celles qui acceptent de se soumettre à ses ordres indigents. Fort heureusement, je n’étais pas le seul à voir cette imposture, car le professeur Hérold Toussaint avait le courage, en 2016, de publier un ouvrage (La guerre des diplomates en Haïti, 2016), guidant la réflexion d’un groupe d’étudiants osant questionner la sincérité des prises de position de M. Ricardo Seitenfus. Comme toujours, cela avait fait tiquer beaucoup de gens qui n’avaient pas compris le sens de leur démarche. Car en Haïti, on a très peu de temps pour penser dans la critique, alors on se contente d’être du côté de la foule. Or « qui pense peu se trompe beaucoup » (Léonard de Vinci). Comme l’a dit un journaliste du site Ayibopost : « À la lumière de ‘‘La guerre des diplomates en Haïti’’, on peut comprendre que M. Seitenfus ne fait que redorer le blason de son pays par une démarche sournoise ».

  1. Ainsi, le reproche que cette intelligentsia académique, médiatique et culturelle adresse à M. Ricardo Seitenfus, en 2021, est le même que des voix dignes et courageuses lui avaient adressé en 2004, quand elle avait endossé indignement, servilement le fameux rapport Debray pour boycotter le bicentenaire de l’indépendance nationale.

Il est permis de penser qu’on aurait pu, tout en combattant Lavalas, préserver la solennité de cette date qui était, une occasion stratégique rêvée de régler nos différents sans l’ingérence du blanc tout en montrant qu’il y a des valeurs nationales au-dessus de nos rivalités politiques. Mais pour cela il faut de l’intelligence et de la dignité. De ce fait, il y a un lien fort entre 2004 et 2021. C’est ce que tendent du moins à montrer les faits quand on les analyse dans leur complexité et avec les regards d’intelligence de ceux qui ne sont pas financés et subventionnés par les réseaux d’accointances mafieuses. Comme le veut la pensée complexe, c’est dans l’infini détail des motifs composant les éléments épars et diffus qu’il faut toujours trouver la trame qui laisse augurer l’imposante forme de la structure. Il est improbable, à moins d’être sous le coup d’un handicap cognitif profond, de ne pas comprendre que la semence indigente qui est en travers de la gorge du peuple haïtien en cette année 2021 vient de la fécondation putride de ce grain immonde, trans-génétiquement modifié en nouveau contrat social, qui a été enfoui dans la conscience collective en 2004.

Géopolitique de la barbarie

On est en droit de se demander pourquoi en 2004 nous avons été si nombreux et si courageux à monter au front contre les dérives de Lavalas, immensément populaire, alors qu’aujourd’hui, on prétend que le contexte est périlleux et difficile et qu’on doit s’exprimer avec parcimonie ?  La réponse ne va pas plaire à beaucoup, mais comme mon écriture n’est pas dans la séduction éditoriale, alors je la balance :   En 2004, c’était le blanc qui agissait derrière le groupe des 184 pour asseoir son emprise sur le pays en se débarrassant de tous ceux et toutes celles qui ont un minimum d’intelligence et de dignité pour résister et s’opposer à leur main mise intégrale sur les ressources du pays. C’est ce qu’on apprend objectivement sous la plume de Maurice Lemoine dans son excellent ouvrage : Précis de coups d'États modernes et autres tentatives de déstabilisation (Donquichotte, 2015). C’est Henri Kissinger qui a clairement dit que les États-Unis ne resteront jamais tranquilles quand un pays remet en cause les dogmes économiques universels par l’irresponsabilité de son peuple qui cherche à élire des progressistes ou des communistes. Un postulat qui laisse supposer que la démocratie occidentale promue pour les pauvres passe nécessairement par l’élection de personnes médiocres, crapules et incompétentes.

Cela résonne comme une fatalité condamnant les peuples à subir la volonté des puissants. Pourtant le plus grand drame pour un peuple n’est pas la probabilité d’avoir des ennemis puissants, mais la certitude d’avoir des élites médiocres, incompétentes et indignes. Car à Cuba, des hommes et des femmes ont su résister, pendant 70 ans, contre tous les impérialismes, mais c’est au prix de lourds sacrifices qui sont autant de chants universels de dignité et d’humanité. Le drame haïtien est d’avoir des groupes dominants qui n’existent que par leur proximité avec le blanc. Dans ce lieu d’aliénation culturelle, porté par un entre-soi malsain, on ne peut que relayer la parole du blanc et se soumettre à ses injonctions. En effet, ceux et celles qui se doutaient de cette indignité promue au sommet de la hiérarchie sociale se sont retrouvés médusés quand, en 2004, l’intelligentsia haïtienne s’était couchée servilement, pour paver la voie à une charge d’insulte portée par la France à la dignité nationale. C’est ce qu’on peut lire sur le site Haïti News Plus

« Il a été surprenant de constater combien de noms d’intellectuels [...] ont figuré au bas de ce document comme une sorte d’endossement de son contenu par l’intelligentsia Haïtienne. Le résultat a été le boycottage systématique de la célébration du Bicentenaire de l’Indépendance d’Haiti le 1er Janvier 2004. Cela a porté fruit à ces intellectuels qui ont, depuis lors, récompenses […] prix individuels de l’étranger ».

Comment ne pas rappeler que dès les premières lignes, ce rapport, disponible ici,  jetait l’opprobre et l’anathème sur Haïti et son peuple : Haïti, dans le regard de ce comité d’intellectuels présidé par Régis Debray, n’est qu’ « un bazar du bizarre », « une marmite du diable », un lieu  « avec un sida endémique » où la population guette les vents propices pour se « laisser porter par les courants marins vers la Floride » ?

Comment des intellectuels haïtiens, qui prétendaient lutter contre Jean Bertrand Aristide pour la démocratie et la préservation de l’intérêt national, ont-ils pu cautionner cette insulte envers leur pays ? Mais au vrai, sont-ils encore Haïtiens ? Se considèrent-ils toujours comme des Haitiens quand toute leur existence s’écrit en pointillés dans les rêves blancs d’ailleurs ?

Pourtant ce qui est surprenant, c’est de voir qu’aujourd’hui, alors que le blanc assume ouvertement qu’il a un projet limpide et ordonné de transformer Haïti en une Gaza des caraïbes par des génocides de basse intensité contre la population noire et pauvre, on ne voit pas grand monde se lever avec courage pour résister. On préfère les impostures militantes des challenges sectaires. Tout le monde se plaint du PHTK, mais on préfère manifester entre soi contre le PHTK. Ce sera moins percutant quand chacun y va de sa petite contestation : hier contre la corruption, aujourd’hui contre le kidnapping. Comme si c’était la corruption le problème ; comme si le kidnapping n’était pas une politique de terre brulée mise en place par les groupes économiques dominants, qui sont des sous-traitants de la diplomatie internationale, pour empêcher toute expression populaire de prendre forme et de porter au pouvoir des idées qui sont contraires à l’ordre mondial d’escroquerie.

Un ordre infâme qui n’a besoin que des gens indignes, soumis, vils et crapules. Un ordre décrit sans concession par l’économiste et journaliste américain F. William Engdahl qui traite en abondance de sujets portant sur la géopolitique, l'économie et l'énergie.  Dans son livre Full spectrum dominance : totalitarian democracy in the new world order, l’auteur nous dit que dans cet ordre, dominé par les États-Unis, les états occidentaux veulent exercer sur le monde une domination à spectre complet pour contrôler tous les espaces, des sous-sols regorgeant de richesses minières et pétrolières, jusqu’aux espaces lointains où se déploient les satellites et les capteurs qui collectent des trésors de données pour l’intelligence artificielle. Un contrôle qui implique forcément que la liberté soit limitée sinon interdite, que l’information soit enfumée sinon censurée.

Ce qui permet de mieux comprendre la réponse que m’avait faite, en 2016, un directeur de média, membre de l’ANMH, quand je luis avais rappelé leur activisme politique contre Lavalas en 2004 et leur tolérance vis-à-vis du PHTK, il m’avait dit sur Twitter que « c’est aux médias de décider de l’opportunité, selon la conjoncture, de dénoncer les dérives de tel ou tel gouvernement ».

Insignifiance académique au service de l’indigence politique

Dès lors, on peut comprendre pourquoi les espaces académiques, culturels et médiatiques haïtiens murmurent leur critique contre le PHTK dans les notes modulant le « silence des agneaux ». Soit, ils manquent d’intelligence pour analyser un contexte problématique, y puiser les informations pertinentes pour se situer dans l’anticipation et trouver des lignes de fuite pour s’extraire du chaos ; soit, ils manquent de courage pour oser prendre le risque de porter une parole de dignité et de vérité comme prémices d’innovation sociale.

Faut-il rappeler que le livre de William Engdahl a été publié en 2009, soit un an avant le séisme de 2010 en Haïti ? Le lien que je fais n’est pas anodin, car immédiatement après le séisme de 2010 en Haïti, le site Real news network, qui n’a rien de complotiste, avait publié une entrevue, disponible via ce lien,  avec cet économiste dont les propos retentissent avec plus de pertinence dans le contexte actuel. Nous avons traduit pour vous cette petite section qui suggère que les lois de la géophysique, il y a des gisements massifs de pétrole et de minéraux en Haïti :

« […] Si vous regardez une carte géophysique d'Haïti et des Caraïbes (

Carte géophysique d'Haïti © Site de F William Engdahl Carte géophysique d'Haïti © Site de F William Engdahl
), il ressort qu’Haïti et Port-au-Prince se trouvent juste le long de la conjonction de trois plaques tectoniques distinctes. Si vous pouvez imaginer un vase chinois qui tombe de la table et se brise en plusieurs morceaux et que vous le recollez, eh bien, ces plaques tectoniques sont un peu similaires en termes d'images. Mais trois d’entre elles convergent directement vers la zone terrestre qui s’appelle Haïti, et généralement là où nous avons une telle conversion de plaques tectoniques, nous avons une grande quantité de mouvement géophysique, d’énergie, etc. [...] Et jusqu'à présent, on a très peu parlé du pétrole et d’Haïti, mais ce n’est pas parce qu’il n’y a pas eu d’intérêt pour le pétrole en Haïti. Je pense qu'il y a - selon des géophysiciens connaissant la géophysique du bassin des Caraïbes – [...] probablement d'énormes découvertes de pétrole. Et vous venez d'avoir, il y a deux ans, au large de Cuba, juste au nord d'Haïti, une découverte de pétrole géante - super géante, en fait, avec plusieurs milliards de barils de réserves de pétrole que les Russes aident les Cubains à exploiter. Il va donc de soi que la même ligne de faille géologique de ces plaques tectoniques - la plaque caribéenne, la plaque nord-américaine et la plaque sud-américaine - convergent toutes au nord du Venezuela et dans la région qui s'appelle Haïti. Cela rend également Haïti potentiellement riche en d'autres minéraux inhabituels, tels que l'uranium, l'or, etc. Et mon propre sentiment en parlant avec des géophysiciens sur toute ce potentiel inexploité d'Haïti est qu'Haïti est probablement l'un des trésors sous-développés de la richesse minérale de la planète ».

Voilà la vérité : Haïti est un potentiel trésor de richesse minérale. Et comme le disait Eric Hazan, chaque fois qu’on veut dépecer un pays riche, on se charge de mettre à sa tête des ordures pour attirer les charognards. Voilà les vrais enjeux du référendum du PHTK : permettre aux étrangers d’accéder au droit du sol pour s’approprier des richesses du sous-sol. Et s’il faut éliminer des pans de la population cela se fera. Il y a à profusion de médailles, des diplômes, des millions et des prix littéraires (pourquoi pas un Goncourt pour un de nos poètes et romanciers ?) pour obtenir le silence et l’allégeance des groupes dominants. Voilà le vrai débat sur l’avenir d’Haïti. Un débat qui exige des élites courageuses, compétentes et dignes. Ce qui manque cruellement en Haïti. Car ici, c’est la parole subventionnée que l’on médiatise pour occulter la parole pertinente. Or, c’est quand l’obscurité s’installe en un lieu que le scintillement des étoiles révèle la vraie beauté de la lumière.  

Voilà aussi le courage dont il faut faire montre dans le contexte actuel. Car il ne faut pas faire de Ricardo Seitenfus ce qu’il n’est pas. Il n’est pas Haïtien, il est diplomate et étranger. Et cela dit tout ; surtout, quand on sait que les diplomates envoyés en Haïti, en majorité, sont choisis pour rejouer les notes barbares des conquistadors : Terreur à l’horizon ! Le vrai courage est d’oser dire que le silence des élites académiques haïtiennes sur les vrais enjeux du référendum, pour ne pas déplaire leurs tuteurs internationaux, est plus lourd de conséquence que la prise de position logique de M. Seitenfus comme diplomate étranger. Du moins, c’est là mon humble point de vue. On ne peut lutter pour la liberté que sous l’éclairage de la vérité et de la dignité.

Citation de Jean Jaurès sur le courage © Siute web Citation de Jean Jaurès Citation de Jean Jaurès sur le courage © Siute web Citation de Jean Jaurès

A ceux et celles qui s’empresseront de voir dans cette prise de parole un relent de complotisme, je leur demande de m’envoyer la plus petite preuve qu’ils ont que l’Occident a déjà, par le passé, avoué ouvertement ses plans de spoliation et d’extermination des populations sans les dissimuler dans des projets d’assistance, sans s’adjuger la complicité des groupes locaux dominants.  En ce sens, mémorandum diplomatique de boycott de 2004, summum chaotique en 2010, minimum démocratique gangstérisé de 2011 et 2017, référendum néoduvaliériste de 2021 sont des jalons d’un même continuum géostratégique qui vise le pétrole et l’uranium d’Haïti.

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