Quand le monde était jeune

Stan Getz-When the World Was Young © Nelly Castillo
Stan Getz-When the World Was Young © Nelly Castillo

Je n’étais pas là.

Quand il fut vieux , j’étais encore là. Depuis qu’il devient vieux, il pète les plombs par tous ses bouts , se massacre par tronçons, à mains nues, à l’arme blanche, au canon , à la pétoire, à la guerre de conquête, de religion, d’indépendance, de racisme , de nazisme, de fascisme , de communisme, de capitalisme (ou les deux en même temps) , de nucléaire et de marché financier.

Dernièrement, il fait des éruptions révolutionnaires sur tout le corps : des petits bubons en Europe , aux bubons sanglants sur ses parties arabes trop longtemps échauffées. Il cicatrise plus rien sur sa vieille peau de chagrin. Y’a plus de docteurs, que des charlatans qui lui chatouillent un peu le bubon, histoire de dire à la télé qu’ils ont tenté quelque chose, avec les chemises blanches de BHL , ils font juste de belles photos, le sang coule à côté. Ils se dérangent même plus pour l’Afrique , sur cette partie , ils préfèrent laisser la famine abréger ses souffrances , comme maintenant c’est trop tard , ils ont tout pris, ça sert plus à rien de lui rendre ce qu’ils ont tout bouffé.

Donc , quand le monde deviendra jeune, il n’existera pas, « vu qu’y’aura plus de jeunes », puisqu’ils meurent les uns sur les autres ,que ce pauvre se chie ses morts-nés partout sur lui ,dans l’incontinence générale.

Moi , je voudrais une révolution du monde mais avec des hommes qui penseraient à se révolutionner eux-mêmes .Ca , le vieux monde n’y pense pas beaucoup, dommage ça lui donnerait sûrement « un bon p’tit coup d’jeune » à ce vieux con délabré.

En attendant qu’il rajeunisse, j’écoute ce bon vieux Stan qui me saxophone à l’oreille : « When the world was young » ; it was so nice Baby!

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