Explication de texte

Je ne sais par quelle association d'idées,depuis plusieurs jours ,un poème resté calcifié dans mon cerveau reptilien,me revient à l'esprit,chaque fois que je butine sur les floraisons passagères ,dans le jardin privé ,du Club MDP. Sans doute ,penserez vous ,en toute légitime défense,que de mon humeur poétique vous" vous en battez les ailes"! mais avec un peu de persévérance dans cette lecture,je pense pouvoir susciter en vous de la compassion et pour les plus réactifs un désir incohersible d'ouvrir séant,la chasse aux oiseaux ,de l'espèce de ceux qui malheureusement ne sont pas migrateurs.

Rentrons donc dans L'ALBA-TROS de Charles Beaudelaire ,en essayant de le disséquer ,pour expliciter l'étrange énigme qui me fait associer ce pauvre oiseau à ce Club.

Lecture du texte

 

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

II- Un univers soumis à de fortes tensions
A- Le jeu des antithèses
-----Le jeu des antithèses
Le poème de Baudelaire donne de l'albatros deux visions radicalement opposées : autant l'oiseau en vol est un oiseau majestueux à l'allure souveraine désigné par la périphrase du vers 16 : " les rois de l'azur ", autant lorsqu'il se pose il paraît ridicule : - les " ailes " du vers 7 qualifiés des deux épithètes " grandes " et " blanches " ? " les avirons (vers 8) ; - la beauté du vers 10 ? la laideur du vers 10 ; - du vol royal (vers 3), on passe au boitement de l'infirme (vers 12). Ces oppositions sont soulignées par des antithèses : - " roi " (vers 6) ? " maladroit " et " honteux " (vers 6) ; - le " voyageur ailé " (vers 9) ? "gauche " et " veule " (vers 9) ; - " naguère si beau " (vers 10) ? " comique " et " laid " (vers 10) de plus, ici, la rime intérieure croisée associe encore à l'idée de l'albatros celle d'un animal ayant perdu son rang et son titre de " roi " - " infirme " ? " volait " (vers 12).

Je crois que l'essentiel de l'explication de texte a été réalisé, on pourrait juste rajouter ,sans faire redondance avec la conclusion: l'AlBA-TROS se prenant pour le défenseur d'un royaume déchu, roi infirme d'une cause perdue ,ses blessures gangrénées l'obligent à s'abattre lourdement sur le pont aux billets.

 

 

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