Un Français tente de s'accaparer de terres par la violence en Argentine

(traduction)

Dans la localité d’Añatuya, province argentine de Santiago del Estero, ce vendredi 3 mars s’est déroulée une opération policière d’envergure pour déloger de leur terre, habitée et travaillée depuis des générations, la famille paysanne Quiroga pour la remettre à un entrepreneur d’origine française, en lien avec des bandes armées qui sont déjà intervenues par le passé dans des disputes pour des terres. Le Mouvement Paysan de Santiago del Estero est mobilisé et a déclaré l’état d’urgence territoriale.

C’est le récit que fait depuis Santiago del Estero Gustavo Vasallo, membre du MOCASE, interrogé par Radio Mundo Real, pour informer de l’arrivée de plus de 50 agents policiers dans la ferme des Quiroga avec l’intention de les en expulser.

La famille Quiroga, composée par le couple d’Oscar et Claudia Coronel ainsi que leurs enfants Maira (13 ans) et Braian (10), vit sur le lot 48 de la localité d’Añatuya, sur 1395 hectares où ils produisent et vivent en harmonie avec le bois originaire. Ils élèvent des vaches, des chèvres, des brebis, des chevaux, ils cultivent du sorgo, du maïs, des potirons, des pastèques, du coton.

Mais le Français Patrice François Louis René Lannou les menace depuis 2014 pour accéder à cette terre que les Quiroga exploitent en vertu du droit « veinteañar » reconnu par la Constitution en Argentine.

Au cours des années 2014 et 2015, plusieurs faits délictueux, commis en bandes, ont été commandités par le Français Lannou. Sans crainte de représailles, il a envoyé des bandes armées, de 6 à 10 individus, cagoulés, menacer, revolver au poing, les enfants et Claudia pour qu’ils abandonnent ce territoire. Suite à la plainte déposée par le MOCASE auprès du comité d’Urgence de la Province et de la Police, une perquisition a permis de localiser cette bande armée, dont la police n’a retenu que les armes et qui n’a pas été arrêtée. 

Le MOCASE-Voie Paysanne fait partie du Mouvement National Paysan Indigène et de la Coordination Latinoaméricaine des Organisations rurales. « Cette situation n’est pas nouvelle à Santiago del Estero. L’histoire d’entrepreneurs qui viennent faire leurs affaires et embauchent des gens armés pour déloger les paysans de leurs terres, avec la complicité de la police et d’une bonne partie des juges, nous obligent à résister à ces attitudes violentes », indique Vasallo.

Parmi les motifs pour lesquels le Français Lannou continue de réclamer ces terres contre les droits des paysans et une sentence rendue donnant raison à ces derniers, Gustavo signale la corruption. « Les preuves qu’apporte Oscar Quiroga au dossier ne sont pas tenues en compte ».

 

Les avancées de l’agriculture transgénique ou de l’élevage extensif promeuvent la ruée vers les terres, avec des investissement étrangers, sur un territoire où la précarité de la propriété et l’absence d’une volonté de colonisation sont constantes, explique Vasallo.

« Ces terres sont occupées par des familles depuis des générations et lorsque les affaires s’organisent, elles acquièrent une valeur qu’elles n’avaient pas auparavant. Les entreprises apparaissent avec des titres à l’origine douteuse, systématiquement dans ce type de situation. Les entrepreneurs achètent des champs peut-être de bonne foi, avant de se rendre compte qu’elles sont occupées par des familles. Au lieu de dénoncer celui qui le leur a vendus de manière irrégulière, ils tentent de passer outre le droit de possession de ces familles et de les expulser », signale encore Vasallo.

http://radiomundoreal.fm/9637-no-hay-justicia-para-los-mas?lang=es

http://mnci.org.ar/santiago-del-estero-policias-desalojan-familia-campesina-para-entregar-tierra-a-frances-ligado-a-bandas-armadas/

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