esther H
journaliste
Abonné·e de Mediapart

72 Billets

2 Éditions

Lien 11 janv. 2009

Manisfestation GAZA : Foule sous tension contre les morts de Gaza

esther H
journaliste
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La manifestation du samedi 10 janvier à Paris...

Entre 30.000 et 100.000 personnes ont défilé samedi à Paris pour soutenir les Palestiniens à Gaza. Alors que des incidents ont éclaté dans la soirée, des manifestants ne camouflaient pas leur colère, parfois leur haine, contre Israël.

Dans ce froid glacial de mois de Janvier 2009, ils sont des milliers - 100.000 tonnent les organisateurs, 30.000 selon la police - à marcher dans les rues qui mène à la place de la République, à Paris.

La manifestation pour soutenir les Palestiniens à Gaza n'a pas encore commencé, et déjà des jeunes gens scandent furieusement : «Israël, assassins, meurtriers, terroristes !».

D'immenses drapeaux aux couleurs palestiniennes flottent dans ce ciel où l'air froid est saturé d'une forte odeur de saucisses et brochettes grillées, d'autres groupes groupes formés de syndicats, partis politiques de gauche, associations 'PCF, LCR, Mrap, Sud...) rejoingnent la foule.

Les écriteaux donnent le ton: «Génocide à Gaza, arrêtez la boucherie !», «Israël, t'es foutu, les Musulmans sont dans la rue !», «ONU, Sarkozy, Obama, complices d'Israël».

Les manifestants sont tendus, d'autres exaltés lancent :" Les roquettes tirés par le Hamas à l'origine de la riposte israélienne sont injustifiables ! Leur défense des Palestiniens est légitime, ils manquent de tout de nourriture, d'eau, d'électricité, de tout !"

Un peu plus loin, Nadia, 34 ans, militante de France Palestine. Quand elle parle son visage son visage poupin devient plus grave, ces yeux brillent. Elle m'explique que si elle est là aujourd'hui ", C'est contre cette guerre que mène Israël. Je ne soutiens en rien les terroristes du Hamas qui se servent du peuple palestienien", «Et puis il ne faut pas tout confondre, nous militons contre ¨la politique d'Israël mais je n'accepte pas des injures comme Mort aux juifs, c'est une honte, non il ne faut pas tout mélanger", ajoute-t-elle sévère.

Pourtant tout au long de la manifestation, les menaces, les insultes, les appels à la haine et contre Israël ne sont malheureusement pas rares. Un homme au porte voie martèle : «sionistes, fascistes, c'est vous les terroristes !». Un cri de ralliement repris par un bon nombre de manifestants.

En direction de place de la Bastille, entre deux slogans plein d'acrimonie deux jeunes manifestants agitent un drapeau israélien où l'étoile bleue de David est une croix gammée. Les commerçants se disent "craintifs et ont peur des débordements. Les restaurants et les cafés pour beaucoup restent portes fermées de peur d'être victime d'actes de vadalismes des casseurs comme la semaine dernière où des voitures ont été brûlées en plein coeur de Paris et des boutiques pilliées.

La manif continue donc sous l'oeil attentif des policiers et des gendarmes.

Les politiques comme Marie-George Buffet "appelle à un état palestinien à côté d'un état israélien et à un cessez-le-feu".

Le crépuscule s'annonce et le cortège se poursuit. Arrivée à la Bastille, je suis attristée d'entendre ces slogans si peu enclin à la paix pour une manifestation qui se veut pacifiste c'est fort étonnant.

Sur la colonne de la Bastille un drapeau palestinien est éployé alors que l'on a mis le feu à celui d'Israël. La majorité des manifestants applaudissent si fiers de détruire cet étandard israélien... Les yeux brillent, les poings sont levés... Où est le message de paix dans tout ça ???

... Je suis affligée.

Plus loin encore des jeunes se laisse aller à des propos consternants :"les Israéliens agissent comme Hitler, le Hamas ce sont les résistants".

C'est à l'arrivée place de la Nation que les choses s'aggrave, des cabines téléphoniques volent en éclats, des vélos et autre deux-roues sont incendiés par des petits groupes chassés aux gaz lacrymongènes par les CRS, menacés aussi par des projectibles.

Tout ça au nom de la paix !

Edifiant !

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Social
Chez Lidl, la souffrance à tous les rayons
Le suicide de la responsable du magasin de Lamballe, en septembre, a attiré la lumière sur le mal-être des employés de l’enseigne. Un peu partout en France, à tous les niveaux de l’échelle, les burn-out et les arrêts de travail se multiplient. La hiérarchie est mise en cause. Premier volet d’une enquête en deux parties. 
par Cécile Hautefeuille et Dan Israel
Journal — Social
« Les intérimaires construisent le Grand Paris et on leur marche dessus »
Des intérimaires qui bâtissent les tunnels du Grand Paris pour le compte de l’entreprise de béton Bonna Sabla mènent une grève inédite. Ils réclament une égalité de traitement avec les salariés embauchés alors qu’un énième plan de sauvegarde de l'emploi a été annoncé pour la fin de l’année. 
par Khedidja Zerouali
Journal — Migrations
En Biélorussie, certains repartent, d’autres rêvent toujours d’Europe
Le régime d’Alexandre Loukachenko, à nouveau sanctionné par l’UE et les États-Unis jeudi, semble mettre fin à sa perverse instrumentalisation d’êtres humains. Parmi les nombreux exilés encore en errance en Biélorussie, certains se préparent à rentrer la mort dans l’âme, d’autres ne veulent pas faire machine arrière.
par Julian Colling
Journal
Autour de la commande publique « Mondes nouveaux » et des rétrospectives des artistes Samuel Fosso et Derek Jarman
Notre émission culturelle hebdomadaire se rend à la Maison européenne de la photographie pour la rétrospective Samuel Fosso, au Crédac d’Ivry-sur-Seine pour l’exposition Derek Jarman et décrypte la commande publique « Mondes nouveaux ».  
par Joseph Confavreux

La sélection du Club

Billet de blog
Sénèque juste avant la fin du monde (ou presque)
Vincent Menjou-Cortès et la compagnie Salut Martine s'emparent des tragédies de Sénèque qu'ils propulsent dans le futur, à la veille de la fin du monde pour conter par bribes un huis clos dans lequel quatre personnages reclus n’en finissent pas d’attendre la mort. « L'injustice des rêves », farce d'anticipation à l’issue inévitablement tragique, observe le monde s'entretuer.
par guillaume lasserre
Billet de blog
« Une autre vie est possible », d’Olga Duhamel-Noyer. Poings levés & idéaux perdus
« La grandeur des idées versus les démons du quotidien, la panique, l'impuissance d’une femme devant un bras masculin, ivre de lui-même, qui prend son élan »
par Frederic L'Helgoualch
Billet de blog
J'aurais dû m'appeler Aïcha VS Corinne, chronique de l'assimilation en milieu hostile
« J’aurai dû m’appeler Aïcha » est le titre de la conférence gesticulée de Nadège De Vaulx. Elle y porte un regard sur les questions d’identité, de racisme à travers son expérience de vie ! Je propose d'en présenter les grands traits, et à l’appui d’éléments de contexte de pointer les réalités et les travers du fameux « modèle républicain d’intégration ».
par mustapha boudjemai
Billet de blog
Get Back !!!
Huit heures de documentaire sur les Beatles enregistrant « Let it Be », leur douzième et dernier album avant séparation, peuvent sembler excessives, même montées par Peter Jackson, mais il est absolument passionnant de voir le travail à l'œuvre, un « work in progress » exceptionnel où la personnalité de chacun des quatre musiciens apparaît au fil des jours...
par Jean-Jacques Birgé