Prisma presse : nouveau plan social, salariés et syndicats inquiets

Le groupe Prisma a annoncé un nouveau plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) à VSD après le comité d'entreprise exceptionnel vendredi 18 décembre.

Le groupe Prisma a annoncé un nouveau plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) à VSD après le comité d'entreprise exceptionnel vendredi 18 décembre. "Treize postes (sur une cinquantaine) sont concernés par ce PSE, qui reposera sur des départs volontaires", précise un représentant du CE. Cette annonce intervient deux mois à peine après la clôture d'un premier PSE ayant conduit à 45 départs. Malgré le lancement d'une nouvelle formule en avril 2009, le groupe ne parvient pas stopper "l'érosion des ventes (-10 % au premier semestre, DSH OJD juin 2009 : 159 200 exemplaires)".

Vendredi matin devant le siège social de la rue Daru, à Paris, les salariés soutenus par les syndicats SGJ-FO, SNJ, CGT, sont inquiets et en colère. Ils reprochent à la direction et à l'éditeur des pôles Actualité-People et Télévision, Philippe Labi, "une mauvaise gestion du titre VSD".

"Il n'y a eu aucune concertation des équipes pour le lancement de la nouvelle formule de VSD, et maintenant ce sont les salariés qui vont payer les erreurs de la direction, et de l'éditeur c'est un scandale", lance un journaliste.

 

"VSD complétera son offre éditoriale avec une formule enrichie qui verra le jour début 2010. Le nouveau projet éditorial de l'équipe de VSD vise à accentuer ses points forts et sa différenciation pour les lecteurs et les annonceurs du secteur.", note la direction de Prisma Presse.

Les trois piliers du titre, info, week-end et loisirs vont être renforcés avec une sélection de télévision.

Prisma Presse, qui est le premier diffuseur de presse télé en France, envisage donc de développer dans l'hebdomadaire, une sélection d'une vingtaine de pages réalisées avec le concours Prisma TV, rédaction interne spécialisée dans l'actualité de la télévision et la réalisation des grilles de programmes.

Le CE d'entreprise de l'UES Prisma Presse s'inquète du plan de sauvegarde de l'emploi mis en place par l'entreprise qui va toucher, en premier temps, les salariés de VSD.

Ce plan de réduction des effectifs est le troisème dans le groupe en 2009.

L'intersyndicale FO, CGT, SNJ pense que "ce projet, loin de soutenir et de garantir la perennité du titre, va amoindrir, en introduisant les grilles de programmes télévisés, le contenu rédactionnel et l'intérêt du titre. Affaiblir les effectifs contribue à affaiblir la ligne éditoriale."

"De plus, les grilles de programmes que la direction envisage d'insérer dans VSD, seront fournies par la rédaction de Prisma TV, une rédaction déjà à flux tendu", déclare un syndicaliste.

"La rédaction de PTV vient de subir une réorganisation au mois de novembre 2009 et les salariés de cette rédaction vivent mal ces changements. Les syndicalistes et les élus ont été contactés ces dernières semaines par des salariés en souffrance, qui se plaignent des conditions de travail et de certaines irrégularités au Code du travail. Nous avons d'ailleurs alerté le CHSCT", ajoute une élue.

top.gif

Le mécontentement semble donc général chez Prisma Presse. Le 2 décembre dernier, la rédaction du magazine VSD a voté "le principe d'une motion de défiance" et adressé une ""lettre ouverte" au gérant de Prisma Presse Rolf Heinz ainsi qu'au directeur général Pierre Riandet" pour s'opposer à ce projet éditorial destiné à relancer le titre. Selon la Société des journalistes de VSD et l'intersyndicale FO-SNJ-CGT, "ce projet low cost d'un contenu éditorial au rabais" est en contradiction "absolue avec la volonté de "monter en gamme" mais aussi totalement contraire avec l'impératif de gagner de nouveaux lecteurs".

La direction semble insinuer que les treize postes "sacrifiés" sauvegarderont l'emploi dans l'entreprise.

Les syndicats affirment eux"que ces mesures ne sauvegarderont en rien l'emploi, mais aggravera la situation de VSD en réduisant son intérêt pour les lecteurs et aggravera le stress et les conditions de travail à Prisma TV".

Insatisfait par ce plan, le comité d'entreprise a décidé de consulter ses experts (comptable et avocat) pour avoir une juste appréciation sur la qualité et la quantité des documents fournis par la direction.

Affaire à suivre...

------------------------------------

 

A la suite de la publication de ce billet, Philippe Labi, éditeur des pôles Actualité/People/TV du groupe Prisma Presse nous demande de publier le droit de réponse suivant. La rédaction de Mediapart.
«Précisions de Philippe LABI / Directeur de la Publication de VSD
C'est avec étonnement et stupéfaction que j'ai découvert votre billet faisant état de « mauvaise gestion du titre VSD ». Une assertion calomnieuse, subjective et sans fondement que je conteste formellement.


Voici les faits : En 2004, lorsque j'ai pris la direction de la publication de VSD, le titre cumulait des pertes importantes de plusieurs millions d'euros en raison notamment de nos investissements lors du rachat et du relancement.


C'est dans ce contexte, que nous avons, grâce à une relance active et une gestion des coûts serrés permis au journal d'obtenir depuis son rachat ses meilleurs résultats économiques sur les années 2005, 2006 et surtout 2007 (la meilleure en diffusion soit 218 000 exp. en DFP et en résultat depuis le rachat par Prisma Presse) et de préserver malgré la conjoncture une marge directe toujours positive en 2008.


Malheureusement, l'effet crise nous a touché à l'instar de tous les médias en diffusion comme sur notre portefeuille publicitaire. C'est dans ce cadre, que nous proposons avec la rédaction en chef du journal, un plan de relance éditoriale réaliste, un concept renforcé et un plan de départs limité à 13 personnes basé sur le volontariat et ouvrant reclassement dans le groupe. Ce qui prouve, notre bonne volonté, notre bonne gestion, et notre souci constant d'un climat social apaisé.
A méditer. Bien confraternellement.

Philippe Labi
Éditeur des pôles Actualité/People/TV
Groupe Prisma Presse»

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.