Critique des partis politiques, de Robert Michels à Pierre Bourdieu

Jean-Christophe Angaut, traducteur de la version intégrale du classique de Robert Michels, "Sociologie du parti dans la démocratie moderne" (1911), revient sur la critique sociologique des partis, de Michels jusqu’à Bourdieu.

Nous livrons ici des extraites d’un texte de Jean-Christophe Angaut, les coupures étant indiquées par […]. Le point sur les analyses de Michel Foucault n'est pas reproduit dans ces extraits. Pour lire l’intégralité de ce texte paru sur le site de réflexions libertaires Grand Angle, le 20 janvier 2018, voir http://www.grand-angle-libertaire.net/robert-michels-et-la-critique-sociologique-des-partis-de-foucault-a-bourdieu/.

Jean-Christophe Angaut est maître de conférences de philosophie à l’ENS Lyon et membre du collectif de rédaction de la revue anarchiste Réfractions. Il a réalisé la première traduction intégrale en français et la présentation du classique de Robert Michels datant de 1911, Sociologie du parti dans la démocratie moderne. Enquête sur les tendances oligarchiques de la vie des groupes (Paris, Gallimard, collection « Folio inédit essais », 2015), antérieurement traduit de manière partielle sous le titre Les Partis politiques. Essai sur les tendances oligarchiques des démocraties.

 

Robert Michels et la critique sociologique des partis, de Foucault à Bourdieu

Par Jean-Christophe Angaut

- Extraits -

 

Lorsqu'on s'interroge sur les ressources sociologiques dont on dispose pour mener une critique des partis (qui n'implique pas immédiatement une condamnation) du point de vue de leur apport aux luttes d'émancipation, il est inévitable de rencontrer la figure de Robert Michels, qui fut le premier à tenter de mettre en place une sociologie critique des partis dans son ouvrage de 1911 Sociologie du parti dans la démocratie moderne, dont j’ai récemment proposé une traduction intégrale[1]. Cela tient au moins à quatre séries de raisons.

La première, c'est l'ampleur du propos de Michels (qui fait à la fois sa force et sa faiblesse, on le verra). D'une part, il s'agit de proposer une sociologie du parti (voire de la vie des groupes) en général (Parteiwesen), ce qu'assurément plus personne aujourd'hui ne tenterait dans cette discipline. D'autre part, il s'agit sur cet objet déjà vaste de prononcer une loi générale, également ample, celle de la nécessaire dérive oligarchique des partis politiques (et même de toute organisation en général), la fameuse loi d'airain de l'oligarchie.

La deuxième série de raisons pour s'intéresser à ce texte, c'est la richesse de la matière empirique qu'il mobilise, et la quantité d'analyses qu'il produit à propos des mécanismes à l’œuvre dans les partis politiques. Cette qualité de l'ouvrage n'apparaissait pas nécessairement si l'on se référait à la précédente édition française, puisque la moitié du livre manquait, l'introduction ayant été supprimée, nombre de passages littéralement caviardés par le traducteur, toutes les notes ayant sauté et, cerise sur le gâteau, deux chapitres ayant été intervertis. Il n'est pas toujours aisé de faire la part, dans tout cela, de ce qui relève du projet éditorial et de la désinvolture (fréquente à l'époque) du traducteur. Il faut néanmoins signaler que le texte traduit en 1914 par Samuel Jankélévitch constitue un état intermédiaire du manuscrit : certains ajouts qui ne figurent que dans la seconde édition allemande s'y trouvent déjà, et quelques passages sont même spécifiques à cette édition.

Troisième raison pour relire ce texte : les très forts effets d'actualité qu'il procure (j'en donnerai quelques exemples un peu plus tard). Ceux-ci peuvent certes être trompeurs car le contexte dans lequel est écrit ce livre est bien différent du nôtre, mais ils ne manquent pas de nous interroger : qu'est-ce qui fait la permanence apparente du phénomène partisan ? Et à quoi sert une sociologie critique des partis si l'on est amené finalement à revivre les mêmes impasses politiques ?

La quatrième série de raisons pour repartir de ce texte, c'est qu'il est constamment mentionné par les auteurs qui ont eux-mêmes tenté d'engager une critique des partis politiques, qu'il s'agisse de théoriciens critiques radicaux comme Guy Debord, de sociologues comme Pierre Bourdieu, ou d'activistes politiques (verts, anarchistes) – il y a aussi une réception politique conservatrice de Michels, mais elle m'intéresse moins ici.

Je vais d'abord fournir quelques éléments généraux sur la personne de Robert Michels, sur le plan général de sa Sociologie du parti et sur la thèse qu'il défend dans cet ouvrage. Je vais ensuite montrer qu'on peut déceler au moins trois choses qui viennent limiter la pertinence de cette thèse : son inscription dans un contexte historique pas nécessairement transposable à notre actualité, l'hésitation entre une conception statique et une conception dynamique de la loi d'airain de l'oligarchie, et la manière cavalière dont Michels traite ce qu'il appelle les mesures prophylactiques contre l'apparition d'une oligarchie dans les organisations. Enfin, à partir d'une mise en valeur de quelques passages précis qui me semblent justifier qu'on s'intéresse aujourd'hui à ce livre, j'interrogerai deux manières de prolonger son propos, chez Pierre Bourdieu et chez Michel Foucault.

 

Michels, son livre, sa thèse

Quelques données sur la vie et l’œuvre de Robert Michels (1876-1936), pour autant que cela contribue à éclairer mon propos. Il faut d'abord retenir le parcours partisan de Michels : d'abord militant de l'aile gauche du Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD, qu'il avait rejoint moins sur des positions marxistes que démocratiques radicales), avec des liens avec le syndicalisme révolutionnaire (au moins dans son acception italienne, consistant à faire usage de la grève générale pour parvenir à des conquêtes politiques), il a connu une désillusion progressive tout en voyant se fermer toute perspective de carrière académique en Allemagne (malgré le soutien que lui apporta Max Weber). Il fut également en lien avec l'Italie (et le Parti socialiste italien) et avec la France (syndicalisme révolutionnaire). C'est d'ailleurs en Italie que, d'un point de vue académique, il fera carrière, s'éloignant progressivement du socialisme avant la première guerre mondiale. Celle-ci le voit rallier la cause italienne et rompre avec Max Weber pour cette raison. En 1928, pour des raisons qui tiennent en partie à des considérations de carrière, il adhère au parti fasciste et connaît une triste fin comme caution universitaire du régime. […]

Un aperçu ensuite sur la manière dont le livre s'organise. Le plus simple est de considérer que l'oligarchie y est considérée comme une pathologie de la modernité. Cela renvoie au fait que la sociologie allemande qui naît à l'époque se développe comme une étude de ces pathologies, dans un pays où la modernisation accélérée de l'économie et de la société les rend plus visibles. Il s'agit pour les auteurs représentatifs de cette tendance (Ferdinand Tönnies, Georg Simmel, Max Weber) de proposer un diagnostic orienté vers la possibilité d'une intervention politique, mais avec des réserves sur les possibilités de contrecarrer ces tendances. On trouve un équivalent de cette perspective chez Michels : la modernité a découvert la puissance de l'organisation, mais avec l'organisation se développe aussi l'oligarchie, considérée comme une pathologie. Cette approche se traduit dans la structure d'ensemble de l'ouvrage, dont certaines parties ont recours à un vocabulaire médical qu'on peut tenter d'étendre aux autres : l'introduction cerne la pathologie, la première partie présente explicitement une étiologie (soit la recherche des causes d'une maladie), les deuxième et troisième parties décrivent les symptômes, la quatrième partie délivre un diagnostic, la cinquième partie passe en revue un certain nombre de mesures prophylactiques (désignées comme telles), et la sixième partie tient à la fois du bilan et du pronostic.

La thèse que défend le livre s'inscrit dans un raisonnement d'ensemble que l'on peut tenter de restituer, à partir du questionnement originel dans lequel il s'enracine. Celui-ci consiste à se demander s'il est possible de réaliser la démocratie. Or la modernité a découvert la puissance de l'organisation, de sorte que désormais, pour triompher, toute cause politique, et notamment la cause démocratique, doit en passer par l'organisation ; mais l'organisation conduit nécessairement à l'oligarchie ; donc la démocratie est impossible. Cette thèse, à laquelle on a tendu parfois à résumer l'ensemble de l'ouvrage, appelle plusieurs remarques : seule une lecture rapide de l'ouvrage peut l'y réduire ; la conception de la démocratie qui la sous-tend est très instable ; surtout il y a une prémisse qui n'est vraiment explicitée par Michels qu'à la fin de l'ouvrage (SP 484-485), celle de l'impossibilité de parvenir à la démocratie par des moyens non-démocratiques. Cela peut renvoyer à l'affirmation d'une nécessaire homogénéité entre fins et moyens, entre organisation pratiquée en interne et organisation promue en externe. Cette prémisse, Michels l'établit en montrant que l'organisation devient sa propre fin (en visant la pure croissance numérique).

 

Trois limites de l'ouvrage

[…]

 

Actualité de la Sociologie du parti, de Foucault à Bourdieu

[…]

Avant de voir cependant comment Bourdieu se situe dans une certaine continuité avec les analyses de Michels, comment il entend, pour une part, en reprendre la dimension critique, il importe de signaler les passages par lesquels il marque explicitement sa distance avec le sociologue germano-italien. Dans Choses dites, ainsi que dans Questions de sociologie, il range Michels (avec Gaetano Mosca) parmi les néo-machiavéliens à qui il reproche « leur philosophie essentialiste de l'histoire qui inscrit dans la nature des 'masses' la propension à se laisser déposséder au profit de meneurs »[2], tout en soulignant que son propos est de permettre la reprise de certaines de leurs analyses. Dans Questions de sociologie, il reproche de même aux « lois d'airain des oligarchies des néo-machiavéliens, Michels ou Mosca » de comprendre les lois sociologiques « comme un destin, une fatalité inscrite dans la nature sociale »[3]. Et de même, dans un texte édité dans le recueil Propos sur le champ politique, Bourdieu discute de la thèse suivant laquelle il y aurait des « lois d'airain des appareils politiques » en soulignant que son principal tort est de naturaliser un fait, alors que « c'est une des grandes tâches permanentes de la sociologie, de remettre l'histoire au principe de différences qui sont spontanément traitées comme des différences naturelles »[4]. On trouve également une allusion à Michels dans les cours sur l’État. Dans un contexte où il est question de la « loi des monopoles » de Norbert Elias, la simple mention de la « loi d'airain des oligarchies » semble renvoyer chez Bourdieu au fait d'apercevoir un problème (celui de la concentration du pouvoir) mais de lui fournir une solution purement tautologique[5]. La critique est donc claire : sur la base d'un essentialisme déshistoricisé, Michels et l'école élitiste italienne naturalisent les faits sociaux et conçoivent les lois sociologiques comme un destin, une fatalité, de sorte que sous couvert de fournir des causes (techniques, psychologiques, intellectuelles) du phénomène oligarchique, ils font l'impasse sur toute la causalité historique qui détermine ce phénomène. Cette critique, quel que soit son bien-fondé, définit aussi en creux un programme, dont on peut en partie suivre la réalisation chez Bourdieu : il s'agit de réhistoriciser les analyses de Michels et ainsi de leur redonner un potentiel critique. On peut pour cela se référer à deux passages du recueil Langage et pouvoir symbolique dans lesquels Michels est mis à contribution[6].

Le premier, c'est l'article sur « La représentation politique »[7], dont une première version avait été publiée en février-mars 1981. À cette époque, Bourdieu (avec d'autres, comme Gilles Deleuze, Félix Guattari ou Alain Touraine) a apporté son soutien à la candidature de Coluche […], donc à une candidature radicalement extérieure non seulement aux partis politiques, mais au jeu politique institutionnel en général, puisque Coluche se présente comme le candidat de « ceux qui ne comptent pas pour les hommes politiques » (finalement, Coluche renoncera au mois de mars). Le second passage, qui contient des allusions transparentes à Michels sans toutefois le mentionner, est celui qui suit immédiatement dans Langage et pouvoir symbolique, il s'agit du texte « La délégation et le fétichisme politique »[8]. Dans cet article (initialement une communication devant des étudiants protestants en 1983), c'est notamment la critique de la figure du porte-parole et de son identification magique avec l'organisation qui fait songer à Michels – et notamment au chap. 3 de la 3ème partie de la Sociologie du parti qui porte sur l'identification du parti et de la personne, et plus précisément encore à ce passage : « à un stade plus hautement développé de l'oligarchie d'une organisation, la direction commence à identifier non seulement les orientations, mais même les biens et les avoirs de l'organisation au sommet de laquelle elle se trouve avec ses propres biens et avoirs » (SP 323-324). Plus encore, c'est tout le passage conclusif de cet article sur les délégués de l'appareil[9] qui reprend l'analyse de Michels sur le lien entre dépendance par rapport au parti et conservatisme, et évoque une « loi d'airain des appareils »[10], qui mérite d'être rapproché de Michels. Il faut souligner encore que dans ces deux textes, Bourdieu s'intéresse de près au conflit entre Marx et Bakounine dans l'Association Internationale des Travailleurs, et cite assez avantageusement le second.

Il est possible de dresser la liste de ce que reprend Bourdieu à Michels : l'idée d'une fidélité au parti de ceux qui lui doivent tout[11], ce qui est rendu possible par la constitution d'une caste de permanents (Beamte en allemand, et fonctionnaires dans la traduction PP 105 – cf. SP 187). Ce thème de la dépendance de l'individu par rapport au parti est approfondi au moyen d'une comparaison avec la religion, et sans doute en ayant en tête ce qui se passait au PCF : le parti étant le lieu de la socialisation, tendant à valoir comme institution totale prenant en charge la plupart des aspects de la vie des individus, s'en éloigner, c'est être banni de toute une sociabilité. Il est possible également de proposer un rapprochement avec la critique par Michels des illusions du syndicalisme – mais Bourdieu mène cette critique à partir de Gramsci[12]. Même si c'est moins central, est aussi reprise l'idée d'une différence qui s'instaure, même dans un système de démocratie directe, entre ceux qui ont le temps et ceux qui n'ont pas le temps de participer à une entreprise politique – en lien avec le constat d'une régression des capacités scientifiques chez ceux qui s'engagent dans un parti (PP 155, SP 302). Mais c'est l'indice d'un intérêt plus général pour les transfuges de la bourgeoisie qui rejoignent les partis ouvriers, intérêt qui transpire de ces pages[13].

Bourdieu reprend encore ce que disait Michels sur le goût des dirigeants de parti pour la terminologie militaire, le rôle qu'ils jouent dans la mise en place d'une discipline de parti et leur appel à la nécessaire cohésion face à l'ennemi (respectivement PP 129, 144, 163 et SP 281, 267, 318). Cette analyse se trouve appliquée par Bourdieu au stalinisme. Le sociologue français considère en effet que la militarisation est la seule contribution originale de Staline au bolchevisme. Plus généralement, l'ombre de Staline plane sur ces pages parce qu'il est aussi une figure dénuée de charisme, qui doit tout au parti, donc l'exemple de quelqu'un qui est investi par le parti parce qu'il a tout investi en lui. Enfin, on l'a vu à partir de l'article sur le fétichisme politique, Bourdieu mobilise les analyses de Michels sur l'identification du dirigeant au parti.

 

Quelques mots de conclusion

Il y a peut-être une contradiction nichée au sein de toute critique du phénomène partisan qui a pour horizon la démocratie. L'enjeu serait alors de rechercher d'autres voies pour le changement social que celle qui passe par les partis, la démocratie représentative, etc. Ce serait peut-être cela, rompre avec ce que Bourdieu appelle le fétichisme politique. On peut aussi peut-être discuter la lecture que propose Bourdieu de Michels lorsqu'il met dans le même sac « néo-machiavélien » Michels et Mosca (cités ensemble, mais à propos de ce que le premier a écrit). On notera encore que le projet, dessiné en creux, de redonner un contenu historique à l'étiologie proposée dans la Sociologie du parti en reste sous la plume de Bourdieu à l'état de projet. Il y aurait donc lieu de prolonger encore cette piste. Mais il est aussi possible de faire un usage critique de Michels, y compris dans ce qu'il peut avoir de plus fixiste. Ce que lui reproche Bourdieu, c'est finalement d'être quelqu'un qui a intérêt au laisser-faire – de fait, ce n'est pas tout à fait le cas (pour Michels, le combat contre les dérives oligarchiques est sans cesse à reprendre), mais surtout on pourrait aussi se dire que la solution aux problèmes posés par l'organisation partisane ne peuvent se résoudre dans l'organisation partisane – ce qui serait si l'on veut la réponse anarchiste, consistant à rendre à l'anarchisme ce que Michels lui doit. Reste néanmoins chez ce dernier cette idée forte que le renoncement à la lutte pour l'émancipation s'observe d'abord dans le renoncement à une organisation vraiment démocratique, de sorte que la démocratie devient pour les partis, même les plus radicaux, un simple produit d'exportation (cf. SP 89 sur l'impossibilité que, dans un parti politique, la démocratie soit à usage interne).

 

[1] Dans ce qui suit, je me réfère à ma traduction (Robert Michels, Sociologie du parti dans la démocratie moderne, Paris, Gallimard, 2015) par le sigle SP suivi du numéro de page. Au besoin, je cite la précédente traduction de 1914 (dans sa réédition : Robert Michels, Les partis politiques, Paris, Flammarion, 1971) avec le sigle PP suivi du numéro de page.

[2] P. Bourdieu, Choses dites, Paris, Minuit, 1987.

[3] P. Bourdieu, Questions de sociologie, Paris, Minuit, 1980, p. 45.

[4] P. Bourdieu, Propos sur le champ politique, Lyon, PUL, 2000, pp. 54 sq.

[5] P. Bourdieu, Sur l’État. Cours au Collège de France (1989-1992), Paris, Seuil, 2012, p. 397.

[6] P. Bourdieu,  Langage et pouvoir symbolique, Paris, Seuil, 2001. Même si la référence n'est pas indiquée en note, Bourdieu cite l'édition 1971 de la traduction réalisée en 1914 par Samuel Jankélévitch.

[7] Ibid., pp. 213-258 et plus particulièrement p. 246 et pp. 253-256 pour les mentions explicites de Michels.

[8] P. Bourdieu, Langage et pouvoir symbolique, op. cit., pp. 259-279.

[9] Langage et pouvoir symbolique, op. cit., pp. 275 sq.

[10] Ibid., p. 277.

[11] Ibid., p. 246.  La phrase citée (renvoyant à PP 101) n'existe pas dans le texte allemand – mais on trouve une déclaration analogue sous la plume de Michels (SP 196).

[12] Ibid., p. 249.

[13] Ibid.,  pp. 253-255.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.