La réponse de nos gouvernants Français impose une résistance au discours sur le confinement, à la culpabilisation, à la pensée unique, à la déshérence sociale, à l'isolement, à l'ennui et peut être à la prétention d'une pensée humaniste universaliste. Les gouvernants n'ont pas le monopole du bien, ni de la réflexion éthique ou de la démarche sanitaire en tout cas certainement pas les nôtres. Il est tout à fait possible d'ailleurs de penser que l'humanisme nous a conduit là où nous en sommes, que la démocratie n'a pas le monopole du bien. C'est le débat lancé par les différents opposants à l'anthropocentrisme. Des expériences communautaires établissent que la démocratie peut être dépassée ou renforcée par une absence de classe dirigeante.
Nous en sommes loin. Les gouvernants Français, tous bords confondus, ont engendrés les gilets jaunes, les grèves à répétition, les tensions sociales, l'écroulement de nos économies, le renforcement du scientisme et du discours managérial. Le président actuel en est l'aboutissement absolu si ce n'est absolutiste. Il le revendique, il est aimé pour cela, adulé pour son insensibilité aux mouvements de masse. Il n'y a eu probablement qu'un seul de nos gouvernants récents qui a écouté le peuple avouant sa faiblesse et la vacuité du pouvoir, il a dissous l'assemblée. La démarche n'a pas conduit à une solution mais eu le mérite de montrer les limites du pouvoir et des gouvernants.
Alors pourquoi en sommes nous là probablement parce que la majorité des élites a abandonné le combat contre la pensée unique, laissé aux gestionnaires les discours révoltés. Notre Président a eu une position de révolte contre l'ordre établi. Il a été élu pour cela. Ce fut bien sûr une stratégie appuyée par ceux là même qui se nourrissent du désastre notamment des soubresauts de l'économie. Il a été élu grâce à une stratégie qui consiste à détourner le regard via une méthode de programmation neurolinguistique élémentaire. Cela marche. Il a porté le regard sur la déroute des politiciens professionnels qu'il a lui même conseillés et utilisés. L'affaire des chantiers de l'Atlantique est la meilleure illustration de sa démarche : utiliser l'effondrement des entreprises et des élites liées à la mondialisation des marchés et des idées pour permettre à des apparatchiks de s'approprier le bien commun tout en faisant sécuriser sa valeur par l'état. Elle permet de réanimer le malade, lorsque celui-ci a une valeur marchande, et de céder le convalescent à quelques bénéficiaires à grand renforts de garantie et de financement d'état.
Une stratégie similaire vient d'être dévoilée par Bruno Lemaire, elle sera généralisable à toute l'économie en tout cas celle valorisable. Il ne se s'agit pas d'une nationalisation comme nous l'avons connue mais bien de distribution des derniers pans de notre économie, de nos services publiques et de notre recherche à quelques apparatchiks.
L'économie et la recherche sont liés, ils se marient, s'appuient et demandent au peuple de ne pas penser. Seuls ceux qui s'appliquent à exercer leurs pouvoirs économiques ou scientifiques au profit de la classe dominante auront accès à une rétribution et une reconnaissance.
L'activité de recherche non seulement Française mais probablement mondiale a abandonné si ce n'est depuis toujours en tout cas de façon radicale l'objectif d'un bien social et d'une préservation des grands équilibres. Quelques résultats récents démontrent que l'activité de recherche est inopérante à fournir des résultats justes et utiles. Plus exactement, elle n'a pas cela pour objectif. Les scientifiques ont pour objectif d'être les premiers. Comme d'autres ont pour objectifs d'être les premiers et seuls bénéficiaires des biens et du pouvoir.
Il est possible de résister à cela. Les intellectuels ont une responsabilité. Les citoyens s'émancipent des sachants et des puissants. Le mouvement des gilets jaunes en a été la démonstration. La méfiance est légitime. Elle est même salutaire, elle doit s'exercer dans tous les domaines et par tout un chacun. C'est le moyen d'action premier contre la crise du COVID-19.
On ne peut pas se contenter du discours du gouvernement qui a été le premier à nier la situation, à prétendre une fake-news lorsque le Professeur Didier Raoult a expliqué la solution, à nous confiner, à nous confisquer notre regard critique sur la démarche pour sortir de cette situation, à nous contraindre maintenant par la force à ne pas réfléchir. Nous avons un devoir de résistance collective si ce n'est de révolte.