Il est 6h30 et les connasses de jour vont bientôt arriver.
6H30-7H c’est le moment où même si tu crèves personne se déplace.
Le moment des transmissions. Ouaip…quand les infirmières transmissionnent…y a plus de malades…bizarre hein…
Y en a pas une qui bougerait son cul lors d’une sonnette… les nouvelles connaissent pas les patients…bah ouais tu comprends quoi…et celles de nuit, bah elles sont en train de donner les infos…et puis c’est plus l’heure quand même…Elles ont dorm…travaillé toute la nuit ! Merde tu fais chier Etienne !
Bande de salopes…
Marre de cette chambre…marre de ces connes… envie de partir… de partir….
Pourquoi tu n’es plus là ? Seule toi m’apporterais un peu de douceur, un peu de chaleur.
La seule chose qui me reste maintenant c’est mon beurre, mon beurre qui fond dans mon café quand je trempe ma tartine… mon seul bonheur de la journée… ce petit moment qui me rappelle ma vie d’avant…
Ces quelques minutes ont quelques chose de magique, ce beurre qui se dissout, se mêle doucement au café…
ELLE, TOI, vous étiez mes seuls instants de joie… maintenant je suis en couple avec mon beurre.
Ou plutôt ma maitresse, il vient se glisser quelques minutes le matin, puis repart avant le retour des connes.
Pourquoi ces années sont passées si vite ? Pourquoi suis-je là maintenant ? Comme ça ?
Sombre ironie de l’histoire… marrez-vous…allez y….
Je l’entends encore pleurer la nuit, doucement, d’abord un petit gémissement, puis un deuxième, elle se réveille… elle a faim. J’attends. Et puis j’y vais. Je la prends, doucement, mes yeux se sont habitués au noir, elle gesticule les yeux fermés.
Je l’apporte à sa mère, qui l’attrape surement, et la met au sein. Elle prend goulument le sein qu’on lui donne, en dormant à moitié.
Elle est belle. Belle comme aucun être ne l’a été pour moi.
Sa mère… un mélange d’amour et de haine… une tartine d’amour que tu viendrais plonger dans un café-haine et qui ferait boire un doux mélange néfaste.
Je n’oublierai jamais ton mensonge…
Tu aurais dû me mentir sur ton amour, sut été plus simple. J’en avais déjà l’habitude…
ELLE reste pourtant là…fruit sans pépin de notre amour.
PS : J’attends en vain chaque matin mon dernier café