Pendant plusieurs semaines, je n’ai cessé de penser à elle.
Je m’étais promis de l’oublier, mais je n’ai pas pu.
L’envie de la voir, de la revoir, de lui parler, de l’écouter, de la sentir, de la… toucher…
Je n’arrivai pas décrocher son regard de ma mémoire…
Mais bordel, cette fille je l’avais dans la peau !
Il me fallait la revoir…il le fallait…
J’ai fini par céder et réussi à avoir son numéro sous un prétexte bidon, par un pote de ma femme… je me foutais des risques, je me foutais de tout, une seule importait c’était de la voir !
Je repris contact en lui parlant d’Enki Bilal, nous avions échangé sur l’auteur, et le destin permis qu’il vînt pour une conférence. L’occas’ était toute trouvée ! Ni une ni deux, le premier sms envoyé, j’attendis la réponse… Le doute s’installa soudain…
Et si…et si elle n’était plus intéressée… l’avait-t-elle été d’ailleurs ? Mais comment peux-tu te poser la question ! Bien sûr qu’elle l’est ! Attends ! Elle va te répondre !
…
C’est long…
…
SMS ! « Oui je veux bien venir J»
Yesssssssssssssssssssssssssssss !!!! L’exclamation de joie s’envola de mon pharynx !
Les suivants n’eurent rien d’exceptionnels, rien qui ne se laissait dévoiler. Toujours pudique… Il fallut attendre le jour J. Elle vint me chercher et nous partîmes ensemble au théâtre où se tenait la conférence. Nos regards ont pu enfin se recroiser, ce fut fort, mais… rien de différent, toujours cette retenue.
Nous avons discuté dans la voiture. Des banalités.
-C’est cool de te revoir, tu vas bien ?
-Oui ça me fait plaisir aussi
Assis au balcon, nous avons écouté Enki parler de sa vie, de son art, c’était passionnant…
Mais il ne l’était pas assez pour m’empêcher de penser à elle, là à mes côtés…il suffisait d’un geste…
Je n’arrivai pas à rompre cette barrière instaurée, ce respect que j’avais pour elle. Elle n’avait rien d’une salope, elle avait un côté presque sainte… vous voyez la femme sicilienne d’Al Pacino dans le Parrain ?
Innocente… oui… ce mot la définissait bien…même si je savais qu’elle ne l’était pas. C’est ce qu’elle dégageait. Je finis par approcher doucement ma main vers elle, sans voir dans l’obscurité quand ma main atteindrait la sienne…
Après de longues minutes, d’approche au millimètre par millimètre, j’atteins le grâle. Un bout de doigt qui ne bougea pas à mon approche… puis peu à peu, la main devient mienne…
Elle finit par mêler nos mains, et après avoir profité de l’instant de plénitude durant quelques minutes, je me tournais vers elle afin de croiser son regard, mais cette fois-ci ils étaient différents, nous n’exprimions plus les mêmes sentiments. Je l’embrassai enfin...
PS : J’appris ensuite, qu’elle n’avait jamais envisagé un seul instant une quelconque histoire entre nous avant cette main sur la sienne…