TUT…TUT….TUT…. TUUUUUUUUUU
Arrêt chambre 7 !!! Venez m’aider !!!
La cinquantaine d’années, la femme fût très rapidement prise en charge.
Réanimation, alerte du médecin et du SMUR, chariot d’urgence, administration de traitement, défibrillateur…
Toute l’équipe était dans la chambre : aides-soignantes, infirmières, internes et médecins jouaient une chorégraphie parfaitement orchestrée.
Chacun semblait savoir parfaitement ce qu'il devait faire : Alerter et dégager la chambre pour les premiers, analyser la situation et apporter le matériel pour les seconds, prise de décisions et prescriptions pour les médecins et leurs étudiants.
J’aurais pu trouver cela magnifique comme du Tchaikovsky si la vie de la patiente n’avait pas été en jeu.
Bref.
Soyons honnête et évitons l’épisode d’Urgences ou pire, de Grey’s anatomy…
La patiente décéda après plusieurs tentatives de réanimation.
Ce que nous, soignants, craignons le plus, la mort du patient, avait eu lieu.
« Il n'y avait plus rien à faire » comme le dit l'expression que nous pouvons parfois entendre dans les couloirs hospitaliers des films mal inspirés…
L’équipe du SMUR repartait déjà, les internes eux se satisfaisaient de ce qu'ils avaient su faire, les infirmières commençaient leur « tour de médocs ».
Le corps de la patiente lui gisait là, sur le lit dénudé, délaissé…
Les aides-soignants feraient d'ici peu la toilette mortuaire.
Tout cela, la porte de la chambre grande ouverte….
Le monde médical avait perdu. Le reste n’était plus important.
Mort, tu n’es plus qu’un corps qu’on laisse trainé, nu sur un lit.
Tu n’es plus utile au succès des héros…
Troie prise, Achille devient un mort en sursis.
Un étudiant, restait seul, à côté du lit, immobile, son seul geste fût de prendre la main de la patiente.
Etait-ce une façon de lui au revoir ? De ne pas l’abandonner? Je ne saurais dire…
Il fût pris d’une émotion forte, et les larmes lui montèrent aux yeux.
Il resta planté là, sans bouger, durant de longues minutes, tandis que le service reprenait vie…
Il comprit ce jour-là que le monde de la santé était sale et moche…
PS : Cet étudiant c’était moi