PAROLES DE RIEN

PAROLES DE RIEN

L’avantage du confinement c’est qu’il laisse du temps. Pas forcément pour tout le monde puisque beaucoup de confinés sont tenus au télétravail, au soutien scolaire et/ou à l’occupation des enfants, et ce dans des conditions pas toujours très évidentes à gérer. Néanmoins ça en laisse toujours plus que lorsqu’on est soumis au rythme incessant de la vie ordinaire qui n’exclue pas tous ces problèmes, quand bien même elle en transforme les données. Il faut bien admettre qu’avoir le temps est un luxe dont bien peu pouvaient profiter jusqu’ici.

Sauf qu’avoir du temps, c’est bien. Mais pour en faire quoi ?

Personnellement j’en consacre une bonne partie à m’informer. Pas tant pour suivre les dégâts de la pandémie à travers le monde puisque ces informations sont celles qui sont le plus largement diffusées via l’ensemble des médias. A moins d’être aveugle et sourd ou de s’enfouir la tête dans le sable, il semble totalement impossible d’échapper au compte rendu du nombre de nouveaux contaminés et de décès du jour. Je ne critique pas la nécessité ni le bien fondé de ces informations qui sont sans nulle doute d’une extrême importance pour la gestion de cette crise mondiale. Sauf que je ne suis ni médecin, ni scientifique, ni responsable des mesures à prendre pour lutter contre les effets sociologiques dévastateurs de cette pandémie. Autrement dit, l’intérêt de ces informations, par nature très anxiogènes, reste tout de même assez limité pour les gens comme moi. Par conséquent, ce qui m’intéresse le plus, ce sont tous les sujets et les articles qui traitent des « à côté ».  Car force est de constater que cette crise sanitaire met en évidence pas mal de contradictions, d’incohérences et de mensonges concernant le modèle de notre société libérale.

Certes je ne lis pas toute la presse, loin s’en faut et, comme tout le monde je présume, j’affectionne plus particulièrement les articles qui corroborent mes opinions et mes pressentiments. Nous avons tous notre point de vue qui conditionne notre lecture et notre analyse des événements et des décisions qui en découlent. Il serait aussi sot que prétentieux de ma part de prétendre que je détient « la vérité ». Comme tous ceux qui écrivent des articles et/ou des billets publiés ici ou là, ce qui m’intéresse avant tout, c’est de pouvoir partager mon savoir (relatif), mes opinions et mes questionnements. Autrement dis, je peux me tromper… D’ailleurs et pour tout vous dire, j’aimerais beaucoup mieux que ce soit le cas.

Ce qui me fait le plus peur, ce n’est pas tant d’être une victime de l’épidémie. C’est surtout ce qui va se passer après. Parce que de mon point de vue (et je le dis sans embage) : « ça pue ».

D’un côté, mis en relief par la pandémie qui nous touche, un très large consensus semble s’établir pour dire que notre mode de vie mondialiste, consumériste et libéral est une véritable catastrophe susceptible de provoquer jusqu’à l’extinction de l’humanité. Rien que ça ! C’est en tout cas le constat dressé par une très grande majorité d’infrastructures (ONG, aide humanitaire, observatoires scientifiques tous domaines confondus, associations environnementales, sociales, droits de l’homme, etc...) et qui toutes réclament depuis longtemps et de plus en plus urgemment un changement de paradigme pour éviter la catastrophe annoncée. Une opinion publique qui semble de plus en plus partagée par une population qui réclame une écologie véritablement efficace prenant en compte des mesures sociales réelles. J’en prend pour preuve les nombreux mouvements sociaux qui ne datent pas d’hier et qui tendent à se multiplier tant cette conscience prend de l’ampleur. Aujourd’hui, ceux qui en doutait encore, sont bien obligé de faire le constat qu’effectivement toutes ces politiques de destruction des services publics, de casse du code du travail, de délocalisation et de mesures liberticides menées depuis des décennies, n’arrangent vraiment pas le problème de la gestion sanitaire de cette pandémie. Bien joué ! Toute ces politiques soit-disant pragmatiques et destinées à consolider la croissance et favoriser l’économie en prétextant que de toute façon il n’y a pas d’alternative n’auront finalement servi à rien d’autre qu’à provoquer notre chute. Non seulement ça rend la crise sanitaire encore plus grave, mais ça provoque également une crise financière qui risque de renvoyer celles de 1929 ou de 2008 au rang des petits bobos.

De l’autre côté et dans la mesure où tout est question de point de vue, il y a ceux (beaucoup moins nombreux) qui croient fermement qu’il n’y a effectivement pas d’autre alternative que le libéralisme et qui n’espèrent qu’une chose : que tout redevienne comme avant… Enfin, pas tout à fait. En mieux, cela va sans dire, car c’est ça le progrès et il convient d’être moderne pour être compétitif. Ainsi il faut tout mettre en œuvre, et ce « quel qu’en soit le prix » (pour nous surtout, les citoyens lambdas, a-t-on simplement oublié de préciser) afin que la croissance économique reparte de plus belle et que nous recommencions à nous tirer une balle dans la tête en consumant plus que de raison, en pillant et en polluant irrémédiablement la seule planète à notre disposition. Le tout bien sûr en nous disant exactement le contraire. C’est d’ailleurs la marque de fabrique de notre cher président dont le projet politique se résume parfaitement dans ces trois mots : « en même temps ». Il faut bien reconnaître que la communication gouvernementale confine véritablement au surréalisme. Avec le « en même temps », la parole politique est devenu un art qui consiste à dire une chose et à faire exactement l’inverse. C’est la négation absolue du discours par les mesures. Ça s’appelle la novlangue et ça se traduit par des éléments de langage. En la matière les exemples abondent et ne datent pas d’aujourd’hui : pour plus de justice fiscale on supprime l’ISF, pour combattre le chômage, on détricote le droit du travail qui permet de licencier plus facilement, pour créer de l’emploi on recule de fait l’âge de la retraite, etc... Sauf qu’avec la pandémie, tout ça prend aujourd’hui des allures ubuesques. Ça ressemble vraiment à du n’importe quoi, ce qui est tout sauf rassurant. Quoi faire et quoi penser quand on nous nous dit qu’il est totalement irresponsable et incivique de contrevenir au confinement pour des raisons sanitaires et, en même temps, que c’est une obligation morale et citoyenne d’aller bosser pour éviter l’effondrement de notre société ?… Et le pire, c’est que les deux assertions sont vraies. (J’en profite pour remercier du fond du cœur tous ceux qui continuent à travailler dans des conditions de sécurité insuffisantes voire inexistantes. Sans eux nous n’en serions pas à craindre l’effondrement. Nous serions déjà en plein dedans.)

Voilà pourquoi je cherche au maximum à m’informer. Je veux comprendre ce qui se passe et, à la lecture de nombreux articles, me faire une opinion sur ce qui nous attends demain, d’après ce que je comprends des mesures qui sont prises aujourd’hui, chez nous comme ailleurs. C’est un exercice aussi difficile qu’angoissant dans la mesure où je ne suis un expert en rien. Je n’ai pour moi que mon bon sens et ma réflexion. C’est celle d’un gueux sans emploi et sans diplômes mais qui coûte paraît-il un pognon de dingue. (Je vois assez mal comment d’ailleurs étant donné que je n’ai droit à aucune aide sociale, mais bon, ce n’est pas le sujet.)

Alors c’est bien joli tout ça, me direz-vous. Mais à part mes incertitudes, j’en retire quoi de toutes ces informations que j’ingurgite ?

Et bien de la défiance pour commencer. Car certains faits me choquent et c’est peu dire. Nul besoin de reprendre ici les moult exemples qui relatent l’impréparation et la totale improvisation de ceux dont c’est pourtant la responsabilité de gérer cette crise. Les articles, billets et témoignages pullulent pour dénoncer l’incompétence, les fautes et les mensonges à répétitions de nos responsables politiques. « Fakes news », direz-vous ? Sauf que tout dépend de « QUI » écrit, « QUI » parle. Parce qu’évidemment, si vous vous contentez des informations délivrées par TF1, la 2, la 3, Cnews ou encore BFM, vous n’aurez pas les mêmes informations que celles que je lis et je serais tenté de vous dire que c’est justement vous qui vous laissez intoxiquer par des fakes news. Personnellement, avant de lire quoi que ce soit, je regarde toujours qui est l’auteur car c’est ça qui donne de la crédibilité à ses propos. Qui croyez-vous vraiment ? Toute la question est là et c’est celle-la que vous devriez vous poser pour être réellement informé.

« Théorie du complot » diront ceux qui ne partagent pas mon opinion… Ah, bien sûr. L’argument massue pour décrédibiliser toute parole contestataire. Sauf que je ne crois pas une seconde aux théories complotistes. En revanche je crois fermement à la convergence des intérêts et ça n’a rien à voir. Si complot il y avait, alors nous ne serions pas témoins de toutes ces impréparations à une crise sanitaire dont il était évident depuis des mois et d’après de nombreux spécialistes (à commencer par l’OMS) qu’elle nous toucherait. Au contraire, le plan serait parfait, ne serait-ce que parce que notre président et nos ministres auraient pu communiquer sur leur extraordinaire compétence à nous protéger efficacement. Du reste, une fois la crise passée, ils ne se gêneront pas pour prétendre qu’ils ont géré tout ça avec le maximum d’efficacité. Mais quand bien même ils encenseront comme ils le font déjà le personnel hospitalier ainsi que tous ceux qui continuent à faire tourner la boutique, ce ne seront comme d’habitude que des éléments de langages destinés à masquer leurs fautes graves et leurs incompétences. Réfléchissez. Elle est où, la grippette dont ils nous parlaient encore il y a à peine un mois et qui nous oblige aujourd’hui à resté confiné en craignant pour notre vie ?… Si ça avait été un complot, il nous auraient parlé d’une maladie encore pire que la peste. Ça en aurait fait des héros bien plus dignes de notre admiration.

En revanche, il me semble aussi évident qu’avéré que tous ceux qui partagent le point de vue du libéralisme (voulant que la finance repose uniquement sur la logique du profit) partagent le même intérêt. Le leur ! Ce sont leurs profits qu’ils protègent et qu’ils veulent voir prospérer. Or les profits des gueux, des riens et des derniers de cordées, c’est à dire vous et moi, sont autant de profits en moins pour eux. D’où leur intérêt commun à détruire depuis plus de 30 ans le code du travail, les services publics, la santé, l’éducation, la culture, etc, etc... Ce n’est pas parce que ces services sont obsolètes ou dépassés. Nous en avons toujours autant besoin. Sauf que c’est autant de manque à gagner pour eux. C’est ça qui leur est insupportable. Et il n’y a besoin d’aucun complot quand, collectivement, ils peuvent mettre tous leurs moyens à contribution pour parvenir à leurs fins qui consiste à s’accaparer tous ces biens communs à leur seul profit. A qui va profiter la réforme des retraites ? A ceux qui vont devoir travailler plus longtemps pour limiter la baisse de leur pension, ou à ceux qui vont nous proposer des produits d’épargne retraite une fois que la concurrence publique aura été dégommée ?

Voilà pourquoi, conscient de leurs intérêts communs, tous se lancent dans la bataille. Pas besoin de comploter quand il suffit d’avoir les même intérêts. Voilà pourquoi les médias mainstreams qui leur appartiennent à 80 % s’empressent de relayer la parole gouvernementale avec force « experts » sortis du même moule. Tous tentent de nous convaincre que leur nouveau système est plus juste et que c’est quand même vachement mieux que la sécurité sociale. Tu parles ! Tous ces rapaces vont s’empresser de capitaliser sur ces produits de retraites complémentaires qui vont fleurir tous azimuts. Ils vont réaliser des profits gigantesques qu’ils s’empresseront de protéger dans des paradis fiscaux ou en faisant adopter de nouvelles mesures d’optimisation fiscale qui n’ont d’autre but que de rendre la fraude légale. Franchement, où est l’intérêt général et le souci de santé publique quand, le 29 février dernier au sortir d’un conseil des ministres extraordinaire consacré à la gestion de l’épidémie, la seule chose que l’on apprend c’est que notre premier ministre balance le 49,3 pour faire adopter en force une réforme des retraites dont personne (à part eux) ne veux ?

On peut se demander en quoi mes propos sur cette réforme des retraites sont pertinents dans cette crise liée au corona virus, à plus forte raison que notre président l’a suspendue le 16 mars dernier, justement à cause de cette crise.

Pour commencer, je préciserai qu’une réforme suspendue ne veut pas dire annulée. Il est donc un peu tôt pour crier victoire car il y a fort à parier qu’il cherchera à la reprendre un fois la crise derrière nous. La différence avec avant c’est que, grâce à l’état d’urgence sanitaire, il lui sera beaucoup plus facile d’empêcher toute contestation sociale. Je vous rappelle que ces mesures d’état d’urgence prévoient notamment l’interdiction de tout regroupement de personnes pour des raisons de santé publique bien compréhensibles en temps de pandémie. Sauf que sous couvert de ces lois, prises par ordonnance et donc sans aucun débat parlementaire digne de ce nom, comment pourra-t-on à l’avenir manifester ou même organiser la moindre contestation ? Vous croyez que je délire ? Vous croyez que ça n’a rien à voir ? Ce serait donc de la paranoïa de ma part puisqu’ils nous ont promis, la main sur le cœur, que ces mesures d’urgence seraient levées dès que la crise serait passée. Moi, je veux bien. Mais qui décrétera que cette crise est passée ? N’est-ce pas justement eux ? Et le comble de l’ironie, c’est que pour faire perdurer l’état d’urgence, ils pourront justement s’appuyer sur toutes les alertes scientifiques qui nous prédisent d’autres crises à venir, liées à leur politique mortifère et anti écologique. Dois-je vous rappeler le précédent de l’état d’urgence décrété en 2015, suite aux attentats, et qui a perduré 2 ans, avant d’être inscrit au droit commun sous le prétexte que la menace terroriste était encore valide ? J’ai le très net pressentiment qu’il en ira de même avec cet état d’urgence sanitaire. Il n’y aura pas « d’après ». Nous resteront toujours « dedans », même une fois que les mesures de confinement auront été levées. On nous dira que c’est pour notre bien car on craindra un « rebond » ou une nouvelle épidémie et le tour sera joué. On parie ?

Savez-vous au moins qu’absolument tous les amendements qui auraient permis un minimum de contrôle sur les décisions du gouvernement, dans le cadre de cet état d’urgence, ont été refusés en moins de 2 minutes de débat ? Et oui, la télé n’en a pas parlé. Étonnant, non ? Pourtant c’est vrai... Sauf que pour revenir dessus maintenant, ça va pas être de la tarte. D’ailleurs, si on se place du point de vue ultra-libéral de nos dirigeants, il est quand même super pratique cet « état d’urgence sanitaire ». Il n’y a qu’à voir les 25 ordonnances (un record paraît-il) prises par notre premier ministre dès son adoption. En matière sanitaire, elles visent surtout à protéger l’économie et à préparer sa reprise. Expliquez-moi en quoi travailler jusqu’à 60 heures par semaine au gré du patron protège la santé de l’employé ? N’est-ce pas contradictoire quand les mesures de sécurité sont insuffisantes et justifient le confinement de la population et, prochainement, l’évitement d’un rebond de l’épidémie ? Est-ce vraiment le souci de santé publique qui le justifie ? Il est bien évident que non. Et on voudrait nous faire croire que toutes ces ordonnances qui désintègrent le code du travail, déjà très malmené, ne sont que provisoires alors qu’elles remplissent à 100 % les objectifs de nos gouvernants et des intérêts qu’ils représentent réellement. Il faut quand même faire carrément preuve de naïveté pour les croire. A plus forte raison que cet état d’urgence est valide jusqu’au 31 décembre 2020, au moins. Je doute pourtant que nous restions confinés jusque là.

Ça fait peur. Et oui ! Pour autant, si on prend un peu de recul, tout n’est pas forcément perdu. Car cette crise a tout de même des effets assez inattendus qui révèlent fortement le mal-fondé de la doxa néo-libérale. Cela sous entend qu’il va être assez compliqué pour ses adeptes de continuer à la défendre à l’avenir. Comment pourra-t-on continuer à justifier la théorie du ruissellement qui veut que la richesse ne peut aller que des riches vers les pauvres lorsque, de manière éclatante, on voit que la richesse est en réalité justement produite par ces pauvres ? La preuve avec le confinement : si la production s’arrête, la finance se casse la gueule. Or ce ne sont pas les gros pontes de la finance ou de l’industrie qui produisent. Ce sont leurs employés. Ne sont-ce pas les derniers de cordée qui se retrouvent aujourd’hui en première ligne face au virus ? Ce sont les profiteurs qui ont besoin des pauvres, c’est pas l’inverse. Peut-être serait-il bon de s’en souvenir. Au fond, les riches le savent très bien et c’est bien pourquoi ils cherchent à se doter d’une arme législative qui les protège.

C’est tout de même assez ironique. Il y a quelques mois à peine, nous étions des centaines de milliers (voire des millions) dans les rues et appelions à la grève générale, seul levier efficace pour stopper le processus de destruction massive des services publics en général et du régime des retraites en particulier. La convergence des luttes n’a pas pris, la grève générale n’a pas eu lieu et à la place nous avons récolté un 49,3 qui a mis fin au problème. Et voilà que le virus arrive et produit le même effet : l’économie est à l’arrêt et ça provoque une grave crise financière. Nous sommes donc de facto dans la même situation qu’avec une grève générale. Alors si l’état s’empresse de faire de cette crise sanitaire une aubaine pour passer en force des lois scélérates, on pourrait peut-être en faire autant. Au moment de la sortie du confinement, refusons collectivement et massivement de retourner au travail jusqu’à ce que nous ayons obtenu des garanties sur ce monde d’après, tant vanté par notre président le 12 mars dernier. A mon avis et vu la catastrophe financière liée à l’arrêt quasi total de la production, il ne faudra pas longtemps pour que l’état cède. Aussi prenons-les à leur propre piège. Réfugions-nous, nous aussi, derrière un rebond, une nouvelle épidémie, faisons valoir le principe de précaution et le droit de retrait qui en découle. Après tout, si l’état d’urgence sanitaire est maintenu, c’est bien que le danger existe toujours, pas vrai ? Alors restons chez nous à moins d’obtenir tout ce que nous voulons, à commencer par l’abrogation de toutes ces lois liberticides et destructrices du droit au travail. Réclamons ce que nous espérons depuis si longtemps. C’est le moment.

Ça paraît simple, voire simpliste. Ça me semble surtout découler du bon sens. Je m’étonne d’ailleurs qu’après plus de deux semaines de confinement, alors que les articles critiques et dénonciateurs pullulent sur internet, je n’en ai jamais vu ni lu qui évoquent de près ou de loin cette idée. Serai-je le seul à l’avoir eu ? J’ai quand même un doute. Ou alors c’est que cette idée est complètement conne et je ne suis moi-même qu’un imbécile. C’est possible. Ceci étant, c’est bien beau de critiquer la gestion de l’état et la mondialisation, de dire qu’un monde plus juste est indispensable pour réduire les inégalités et préserver l’espèce humaine, ou encore d’appeler de tous ses vœux au changement tant attendu, bien peu d’idées constructives émergent. C’est d’ailleurs ce qui me motive à écrire ces lignes. Crier au scandale ne suffit pas et le changement qui nous convient ne se fera pas tout seul. Or il faut bien avoir conscience que le confinement ne sera pas éternel. C’est donc maintenant et avant la sortie du confinement que ce mouvement contestataire doit être décidé et organisé. Après, il sera trop tard, notre démocratie ne sera véritablement plus qu’un mot complètement vide de sens... Aussi con que je sois, je vous aurai prévenu.

Par contre, si je ne suis pas le seul à avoir eu cette idée ou à la partager, alors ça soulève un autre problème. Celui de sa publicité. A condition que ce soit une bonne idée, sur qui et sur quoi doit-on compter pour sa diffusion la plus large possible ? Dans la mesure où on est jamais aussi bien servi que par soi-même et au cas où vous partageriez mon opinion, je vous invite à diffuser au maximum ce billet ou à en reprendre le contenu avec vos propres mots. Dites-vous bien que cette crise a peut-être aidé à des prises de conscience chez ceux qui regardaient les mouvement sociaux de loin. Cela suppose que nous pouvons être beaucoup plus nombreux que nous n’étions dans les rues. A plus forte raison que, restant chez nous conformément à la loi, nous ne risquons pas d’être victime de violences policières.

Si vous doutez, je vous invite également à vous informer sérieusement. Profitez du confinement qui vous donne du temps pour le faire. Ne vous contentez pas du journal télévisé. Des tas d’articles sérieux sont en ligne en accès libre, notamment via le club Médiapart, sur le blog « L’actu en continu » qui offre une revue de presse assez exhaustive. Faites-vous votre idée et votre opinion.

S’ils ont les moyens, nous avons le nombre. Dites-vous bien que s’ils en sont les propriétaires, ce sont toujours leurs domestiques qui entretiennent leurs maisons. Ils ont besoin de nous. L’actualité me donne raison.

 

Etienne MAQUAIRE

Un rien, gaulois et réfractaire.

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