LES MINES DU ROI AREVA

Extraction d'uranium au Niger (CRIIRAD 2004) © rikiai

 

 

 

 

Après la catastrophe de Fukushima, c’est maintenant une guerre pour l’uranium que nous impose le village nucléaire, qui a litéralement saccagé et contaminé tout un pays .

En effet sous couvert d’aller faire la chasse aux méchants islamistes d’ Aqmi au Niger, qui avaient accusé les autorités françaises de bloquer tout dialogue à propos de la libération des quatre otages français, le gouvernement a décidé d’intervenir militairement.

C’ est un dossier à deux versants : l’un qui concerne la construction d’un état islamique dans le Nord Mali, l’autre, moins évoquée mais pas moins importante qui concerne la présence envahissante d’Areva dans le pays. Car ce n’est pas un hasard si la plupart de ces otages sont des employés de la firme nucléaire française et ont été enlevés à Arlit, ville-champignon créée de toutes pièces autour d’une des plus importantes mines d’uranium. Car depuis l’indépendance du pays en 1960, des accords secrets lient la France et le Mali pour cette exploitation qui dans les années 80 représentait 40 % de la production mondiale et 90 % des exportations du Niger ! À des prix aux tiers inférieurs au prix mondial !

Au Sahel, cette zone de l’ouest de l’Afrique tourmentée par des affrontements avec des groupuscules islamiques, sur les huit Français qui sont retenus en otages quatre travaillent pour Areva dont deux géologues.

C’est grâce à ces accords négociés en son temps par Jacques Foccart, l’un des pères de la Françafrique, que la France peut ainsi se targuer de son « indépendance nucléaire », basée sur l’exploitation du sous-sol africain au prix d’ingérences politiques et de conséquences environnementales, sanitaires et sociales catastrophiques. Une situation maintes fois dénoncée par plusieurs ONG mais aussi par les Touaregs qui peuplaient cette région.

Pendant longtemps on a essayé de jouer les Touaregs contre les islamistes. Mais il semble que cette partie de billard à trois bandes se soit retournée contre ses instigateurs, les deux parties s’étant provisoirement alliées pour conquérir le Nord du Mali. Tout indique que les Touaregs, en pointe dans la lutte contre Areva, sont à l’origine des enlèvements, même si, au bout du compte, ces enlèvements ont été revendiqués par Aqmi. Une affaire dont les implications économiques risquent de rendre plus difficile à François Hollande de confirmer ses propos de Dakar expliquant que « le temps de la Françafrique est révolu ». Car avec Areva, numéro un mondial du nucléaire, on entre dans le très, très, lourd.

En centrafrique c'est la même chose ...

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