Pour en finir avec la Vème République

La Vème République sombre dans une catastrophe. Or toute canditature à la prochaine élection présidentielle pour représenter un courant assuré d'être minoritaire, contribue à légitimer cette élection et le candidat qui sera finalement élu. La seule solution est un refus catégorique de cette République en retournant contre elle notre droit de vote et en choisissant un candidat du refus.

 

Appel pour en finir avec la Vème République

 

 

 

Le désastre programmé d’une Vème République à bout de souffle et d’une fin de règne présidentiel calamiteuse provoque dégout et écoeurement. Les électeurs d’une gauche authentique, se sentant trahis et floués, se demandent à quoi bon encore aller voter.

 

On sait depuis longtemps qu’il n’y a pas de démocratie parfaite et que toutes sortes de truquages permettent l’instauration de dictatures officiellement légales. Cependant le moins mauvais des systèmes est celui où le pouvoir émane d’un parlement. Le piège le plus insidieux qui s’est refermé sur nous collectivement est l’illusion que l’élection d’un président au suffrage universel était démocratique dans son principe. De plus, avec le quinquennat et l’inversion du calendrier des législatives la situation est devenue aujourd’hui totalement intolérable.

 

Beaucoup ont longtemps caressé l’espoir que les choix très diversifiés du premier tour pouvaient avoir une influence sur les décisions politiques du futur président. Mais les écologistes et bien d’autres en ont fait l’amère expérience : les deux candidats du deuxième tour ont les bras largement ouverts et savent vous caresser dans le sens du poil. Finalement le gagnant sera celui qui aura su le mieux nous mentir et, une fois élu, il oubliera vite ceux à qui il doit son élection. L’absence d’un minimum de représentation proportionnelle aggrave beaucoup les choses.

 

Il faut se rendre à l’évidence : il n’y a plus rien à attendre de bon de ce régime. La course actuelle de tous les « MOI-JE » qui se lancent sur la piste présidentielle est affligeante et même humiliante pour notre honneur de citoyens.

 

Il est vrai qu’un candidat qui prétend vouloir sauver la gauche soutient qu’il partage ces critiques et qu’il se présente justement pour proposer l’avènement d’une VIème République. Le problème est qu’en se présentant à l’élection présidentielle, on cautionne, qu’on le veuille ou non, le système. Pire, on légitime celui qui, en définitive, sera élu.

 

C’est pourquoi le temps est venu d’organiser le boycott de cette élection qui est un déni de démocratie et ce, dès le premier tour, car il s’agit d’une pseudo-démocratie au service de la finance et imposant ses choix funestes à coup de 49-3 !

 

 Mais pour que cette action ait un impact, il faut que ce refus de vote soit comptabilisé. Comme le vote blanc ne l’est pas, il faut imaginer autre chose. Choisir un bulletin commun spécifiant par exemple : « POUR UNE VIème RÉPUBLIQUE » pourrait gonfler un peu le total des « nuls ». Acte symbolique et honorable mais, hélas, dérisoire.

 

Parmi toutes les solutions proposées, la moins mauvaise et la plus efficace consisterait à choisir un candidat représentant le « vote blanc », candidat dont le seul programme serait la convocation d’une Assemblée Constituante pour redonner le pouvoir à un parlement.

 

Pour éviter une personnalisation inutile et néfaste, ce candidat devrait être tiré au sort sur une liste de volontaires répondant à des critères à définir.

 

 Pour le deuxième tour, si le candidat « blanc » n’y figure pas, l’électeur convaincu d’être face à un piège devra cette fois –logiquement- voter « blanc » et confirmer son refus de choisir entre deux prétendants aussi inacceptables l’un que l’autre.

 

Il est plus qu’ évident qu’un changement de constitution ne résoudra pas tous les problèmes, mais c’est un préalable indispensable et urgent.

 

Des citoyens révoltés.

 

 

 

Premier signataire : Etienne de Saint Laurent 

(et déjà des dizaines d'approbation sans réserve)

 

 

 

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