Macron, vote contraint et cahier de (con-)doléances

Depuis l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral nous vivons sous le régime du vote contraint. De plus nous avons cessé de choisir un programme législatif pour élire un président avec de très néfastes effets pervers.

Macron, vote contraint et cahier de (con-)doléances

Depuis l’instauration du quinquennat et l’inversion du calendrier électoral nous vivons sous le régime du vote contraint. De plus nous avons cessé de choisir un programme législatif pour élire un président avec de très néfastes effets pervers.

Dès lors qu’il y a un deuxième tour, cela signifie clairement que le président qui va être élu n’a pas la faveur d’une majorité d’électeurs. Et chacun sait que Macron ne doit son élection qu’au rejet de Marine Le Pen. Il s’agit donc bien d’un vote contraint. Et donc, même si le résultat du scrutin est « légal » il n’est pas pour cela légitime.

Le problème est évidemment que le président considère son élection comme une approbation de son programme. Il est vrai que théoriquement ce soutien doit être entériné par les élections législatives. Or il faut constater un autre effet pervers trop souvent passé sous silence : c’est le réflexe du vote « légitimiste ». Beaucoup d’électeurs, quelle que soit leur opinion de départ considèrent qu’il faut donner au président les moyens d’appliquer sa politique. Il semble qu’ils ont complètement intégré l’idée de la primauté du pouvoir présidentiel. De ce fait ils acceptent, sans doute sans en avoir pleinement conscience, de faire du parlement une simple chambre d’enregistrement.

Mais comment imaginer que ceux qui bénéficient d’un pouvoir aussi puissant soient capables d’imaginer y renoncer d’eux-mêmes. Au contraire ils proclament qu’il ne faut pas toucher aux institutions de la Vème République. Même Marine Le Pen est de cet avis. Ce faisant ils feignent d’ignorer que la Vème version quinquennat n’a plus rien à voir avec la Vème version De Gaulle. Si nous ne réagissons pas, notre fausse République plus monarchique que démocratique a de beaux jours devant elle et se perpétuera.

Mais puisque cahier de doléances il y a, il serait bon de réclamer en priorité absolue l’élection d’une assemblée constituante et l’instauration d’un vrai régime parlementaire. Cela sans illusion d’aucune sorte mais qu’au moins l’on ne puisse pas dire que l’exigence d’institutions véritablement démocratiques ait été oubliée.

Etienne de Saint Laurent

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