Macron - Le Pen : deux impostures

Pourquoi il faut barrer la route à Marine Le Pen sans plébisciter Macron

        

Macron - Le Pen : deux impostures

 

Très nombreux sont ceux qui  redoutent à juste titre l’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen et l’on ne peut qu’approuver le mot d’ordre

de lui barrer la route. Mais de là à plébisciter Emmanuel Macron, c’est céder à l’émotion et mettre sa lucidité en congé. Car, face

à deux impostures et à deux très graves dangers, il faut savoir raison garder.

Commençons par faire remarquer qu’objectivement les chances de voir élire Marine Le Pen sont quasiment nulles. Pourquoi ?

Parce qu’une large fraction de la droite juppéiste et rafariniste n’aura aucun mal à s‘accommoder du programme de Macron. Sans parler de tous

les autres qui s’agenouillent devant la bible européenne. Il faut y ajouter la tribu grossissante de tous les faux socialistes, emmenée, clairon

en bouche, par l’inénarrable Valls. La propagande officielle avec la complicité des médias fera le reste.

Cette élection, rappelons-le, est un piège : nous sommes embourbés dans un déni de démocratie ce qui nous oblige à ruser avec l’ennemi

ou  l’adversaire. Les électeurs auraient pu choisir de voter en faveur d’une Assemblée Constituante et d’une autre République. Mais l’épouvantail

Marine Le Pen, exhibé à dessein une fois de plus, a suffi à propulser la nouvelle star au haut du podium. C’est le sournois procédé constamment

utilisé pour nous faire avaler toutes les couleuvres de l’ultralibéralisme.

Or Emmanuel Premier, de toute évidence, ne changera rien de fondamental à la Constitution et à notre désastreux régime présidentiel. Il endossera

sans scrupule le « costard » de monarque offert par les généreux électeurs. Il a déjà promis que, si nécessaire, il gouvernerait par ordonnances. Il

est prêt à appliquer son programme que moins d’un électeur (inscrit) sur cinq a approuvé. Le pire est qu’il poursuivra une politique qui depuis des

années nourrit le populisme préfasciste du FN. Il a bien sûr dans sa vitrine quelques mesures alléchantes pour aguicher les naïfs, mais il a, c’est un

 exemple entre mille, approuvé le TAFTA.

 

Plus il y aura de votes « blancs » plus on lui signifiera clairement notre refus. Même s’il obtient la majorité légale des suffrages exprimés, l’idéal

serait qu’il n’obtienne pas l’approbation de 50% des votants. Car l’abstention prête trop à confusion, presqu’autant que le vote Macron en se

bouchant le nez.

  Et pour ceux qui craignent encore, il suffit qu’ils aient l’œil aux aguets sur les sondages qui se sont montrés cette fois très performants. S’ils

annoncent, ce qui est très peu probable, un résultat très serré, il sera alors possible à chacun d’ajuster au mieux son choix.

Etienne de Saint Laurent

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