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Le Club de Mediapart jeu. 29 sept. 2016 29/9/2016 Dernière édition

Les PME et leur rôle pour un pays...

Le tissu des PME est vital pour l'emploi et le commerce extérieur d'un pays. Je souhaite partager avec vous quelques réflexions sur la taille, le rôle et la structure des PME en France et en Allemagne, comparer pour essayer d'en tirer des conclusions pour faire évoluer les choses dans un sens bénéfique pour le pays.Je sais, on va encore dire que je compare des choses qui ne sont pas comparables, que la France est un pays latin qui ne peut changer, etc... Cependant je partage avec vous ces réflexions et attends vos critiques qui ne manqueront sûrement pas.Je cite une PME familiale allemande à la frontière avec les Pays-Bas que j'ai visitée en août dernier. Je souhaite partager certaines réflexions avec vous suite à cette visite pour alimenter le débat. Elle a été créée par son propriétaire et emploie aujourd'hui 400 personnes en Allemagne, Hongrie, France, Chine, Brésil, USA, Grande-Bretagne et Malaisie.Tout d'abord, une image, celle de l'entrée principale, prise avec mon téléphone portable: Dans le hall, à tous les étages, dans les ateliers de production, de grandes vasques avec des fuits bio...

Le tissu des PME est vital pour l'emploi et le commerce extérieur d'un pays. Je souhaite partager avec vous quelques réflexions sur la taille, le rôle et la structure des PME en France et en Allemagne, comparer pour essayer d'en tirer des conclusions pour faire évoluer les choses dans un sens bénéfique pour le pays.

Je sais, on va encore dire que je compare des choses qui ne sont pas comparables, que la France est un pays latin qui ne peut changer, etc... Cependant je partage avec vous ces réflexions et attends vos critiques qui ne manqueront sûrement pas.

Je cite une PME familiale allemande à la frontière avec les Pays-Bas que j'ai visitée en août dernier. Je souhaite partager certaines réflexions avec vous suite à cette visite pour alimenter le débat. Elle a été créée par son propriétaire et emploie aujourd'hui 400 personnes en Allemagne, Hongrie, France, Chine, Brésil, USA, Grande-Bretagne et Malaisie.

Tout d'abord, une image, celle de l'entrée principale, prise avec mon téléphone portable:


Hall Entrée PME

 

Dans le hall, à tous les étages, dans les ateliers de production, de grandes vasques avec des fuits bio...

 

Après un long entretien personnel - 1ère prise de contact - j'ai pu visiter les différentes parties, les halls de production, les cuisines et la salle à manger (nappes sur les tables) où mangent tous les employés en 2 services, en premier la production, ensuite l'administration.

 

Les dirigeants de cette entreprise familiale souhaitent que leurs employés se nourrissent bien et font cuisiner uniquement des produits bio dans la cuisine de l'usine par un cuisinier embauché à cet effet.

 

Il y a des fruits bio partout à la libre disposition des employés.

 

Cela me rappelle une PME familiale de Bavière, où le fondateur m'avait accueillie par un repas qu'il avait lui-même préparé en mon honneur dans la cuisine de son entreprise et servi les quelque 70 employés qui étaient dans la salle à manger avec nous.

Il avait ensuite remis son veston pour déjeuner avec nous et poursuivre ensuite les entretiens. Cette entreprise a des filiales dans plusieurs pays, dont la France.

 

Je poursuivrai la description de cette entreprise après vous avoir traduit un article paru dans la Saarbrücker Zeitung qui parlait justement de ce type de PME familiales et de leur rôle pour l'économie du pays :

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Définition de l'entreprise familiale

Qu'est-ce qui différencie une entreprise familiale d'autres entreprises ? Ce n'est pas la taille, le chiffre d'affaires, le nombre d'employés ou le montant qui ressort du bilan, ni la forme juridique. Des sociétés anonymes cotées en bourses peuvent être des entreprises familiales, tant que c'est la famille qui détient la majorité des voix.
 

La notion d'entreprise familiale n'est pas clairement délimitée et a souvent été utilisée de manière très diverse dans la littérature. L'aspect central de cette désignation, ce sont des critères comme l'influence décisive ou le rôle de la famille dans la conduite des affaires ou la façon dont la culture de l'entreprise est marquée par la famille. Selon le "Centre européen pour la recherche économique", les critères suivants définissent l'entreprise familiale:

1. La majorité des voix est la propriété de personnes qui ont fondé l'entreprise ou ont acquis la majorité du capital, ou sont la propriété de leur conjoints, parents, enfants, ou héritiers directs des enfants.

2. Le fait que la majorité des voix soit directe ou indirecte, est sans importance.

3. Au moins un représentant de la famille ou de la parenté est représenté dans la direction ou le conseil de surveillance de l'entreprise.

4- Les entreprises cotées en bourse sont considérées comme entreprises familiales quand la personne qui a fondé l'entreprise ou a acquis la partie correspondante du capital, ou sa famille ou un successeur possèdent au oins 25 % des voix résultant de sa part du capital. La famille doit ainsi disposer d'une influence décisive dans l'entreprise (critère nécessaire).
 


La signification des entreprises familiales dans l'économie du pays
Le nombre d'entreprises familiales est déjà imposant. En Allemagne elles sont près de 3,5 millions. Si l'on met les toutes petites de côté, 80% de toutes les entreprises allemandes de plus d'un million d'€ de chiffre d'affaires sont des entreprises familiales.
 

L'importance des entreprises familiales pour l'économie du pays est immense. Environ 45% de toutes les entreprises allemandes de plus de 500 millions d'€ sont des entreprises familiales. Et même - ce que peu de personnes savent - 51 % des 250 plus grosses sociétés cotées à la bourse de Francfort sont aussi des entreprises familiales.

Le nombre des entreprises familiales ne diminue pas. De toutes les entreprises fondées avant 1945, plus de la moitié sont encore aujourd'hui des entreprises familiales. Plus de 90% de toutes les entreprises familiales sont dirigées par un ou plusieurs membres de la famille. Ceci entraîne une contribution importante des entreprises familiales au produit intérieur brut, au nombre de salariés et de places d'apprentissage.
 

Une forte croissance au niveau de l'emploi
Elles réalisent 42% de tout le chiffre d'affaires de la totalité des entreprises du pays, et emploient 57% de tous les salariés payant les cotisations sociales. Et ce qui est encore plus important: alors que les 30 plus grandes entreprises cotées en bourse ont réduit leur personnel au niveau national ces dernières années, les entreprises familiales ont connu une très forte croissance en main-d'oeuvre embauchée.

 

Les entreprises industrielles familiales sont souvent de grande renommée au niveau international sur les marchés d'exportation. Elles réussissent bien mieux que leurs concurrentes cotees en bourse.

 

Depuis 2005, la bourse allemande publie un baromêtre pour les entreprises familiales. - le GEX (German Entrepreunarial Indes). Cet index comprend les entreprises dirigées par le propriétaire, notées en bourse depuis au moins 10 ans, et qui sont listées dans le "prime standard". Dirigées par leur propriétaire, cela signifie que leurs directoire, conseil de surveillance ou leur famille détiennent au moins 25% des voix. Résultat: Le GEX a augmenté depuis sa création en 2005 d'environ 85% - le DAX juste de 55%. Le GEX des entreprises familiales a augmenté de 30% en 2007, le DAX seulement de 23%.

 

En outre, les entreprises familiales réalisent 42%  du chiffre d'affaires total de toutes les entreprises confondues. Les 500 plus grandes entreprises familiales allemandes ont réalisé en 2005 11% du chiffre d'affaires de toutes les entreprises en Allemagne. Et emploient 9% de tous les salariés assujettis aux cotisations sociales. Elles ont donc un plus grand nombre d'employés par unité de chiffre d'affaires que toutes les grandes entreprises.

 

La Fondation des entreprises familiales a constaté: Le chiffre d'affaires des 30 plus grandes entreprises familiales a augmenté en 2006 deux fois plus vite que celui des 30 entreprises cotees au DAX.
 

Les propriétaires d'entreprise, figures modèles
Qu'est-ce qui différencie une grande d'une petite entreprise familiale ? Qu'est-ce qui les fait sortir du banal pour en faire des exemples ?

La confédération "L'entreprise familiale ASU" s'est posé la question. "Le rôle décisif est celui de l'union entre propriété et direction", déclare Sandra Hensel.

Les chefs d'entreprises familiales dirigent leur entreprise et mettent leur capital comme garantie. Ils ne peuvent pas tout simplement quitter le navire en cas d'échec, comme le font les managers salariés."

C'est ce qui les différencie de manière positive par rapport aux sociétés anonymes, qui pourtant dominent les médias et l'image que l'opinion publique se fait de l'entreprise. L'entrepreneur familial mène de plus son entreprise selon un système de valeurs qui considère comme une "communauté" non seulement sa propre famille, mais aussi l'entreprise. C'est cette relation personnelle qui rejaillit sur les employés et fait qu'ils s'engagent davantage.
 


Le regardtourné vers l'avenir


C'est pourquoi les entreprises familiales pensent sur le long terme et toujours au-delà du présent. Parmi elles se trouvent de grands leaders mondiaux mais aussi de plus modestes leaders au niveau mondial qui ont fixé et fixent tous les jours les normes sur leurs marchés par la propension à innover et le goût du risque.
 

Un autre aspect est que les chefs d'entreprises familiales sont souvent des personnalités sociales reconnues au niveau régional. Ils ne sont pas uniquement considérés localement comme des patrons ou des contribuables, mais ils sont eux-mêmes une partie de l'identité locale et donnent un sens au concept "Liberté et Responsabilité", déclare Sandra Hensel. "Corporate Social Responsability" est la désignation internationale de ce que sont de nombreuses entreprises familiales depuis des décennies dans leur région

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 Je reviens à la PME familiale que je visitais en août.

Aux murs de la salle de conférence, dans laquelle j'ai passé pas mal de temps, il y a avait plusieurs cadres avec quelques "valeurs" de l'entreprise que je vous relate, car je suis sûre que beaucoup en seront étonnés:


Réflexions sur le Management, la loi syndicale, la politique sociale et la politique en général

"Vous ne rendrez pas les faibles plus forts en affaiblissant les forts.

Vous n'aiderez pas ceux qui doivent gagner leur vie en ruinant ceux qui les paient.

Vous ne créerez pas la fraternité en excitant la haine des classes.

Vous n'aiderez pas les pauvres en éliminant les riches.

Vous aurez certainement des problèmes si vous dépensez davantage que ce que vous gagnez.

Vous ne susciterez pas un intérêt pour la chose publique et vous n'éveillerez pas l'enthousiasme si vous ôtez à l'individu son initiative et sa liberté.

Vous ne pouvez aider les autres durablement si vous faites à leur place ce qu'ils pourraient faire eux-mêmes."

 

Abraham Lincoln (1809 - 1865)

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 Et sur un autre panneau:

 

Les valeurs de notre entreprise

1.Orientation partenaires - Respect des partenaires et de leurs besoins

2. Fiabilité - Respect des accords passés et des délais convenus. Grande disponibilité et solidité des produits livrés

3. Honneteté - Nous informons nos partenaires en toute vérité et en totalité

4. Recherche du succès - Toute notre activité n'a qu'un seul objectif: la réussite de nos partenaires. Nous voulons être le numéro 1 sur le marché

5. Capacité à innover - Amélioration continue de nos produits selon la demande de nos clients

6. Orienté employés - L'action de nos cadres vise à mener les employés de leur service au succès et à la satisfaction personnelle.

7. Orienté service - Support clients rapide et compétent partout dans le monde.

8. Orienté clients - Déceler les besoins des clients et les satisfaire dans la mesure de nos possibilités

9. Ponctualité - Par notre ponctualité, nous témoignons notre respect envers nos partenaires. La ponctualité, c'est la politesse des rois

10. Orienté équipe - Nous respectons l'opinion de nos collègues et partenaires et portons en commun les décisions prises et les solutions que nous avons trouvées et les défendons avec engagement à l'intérieur comme à l'extérieur. Les décisions prises en équipe doivent être portées avec engagement par tous les membres de l'équipe. Les membres des équipes se soutiennent mutuellement et partagent leur expérience et leurs connaissances. Nous confirmons immédiatement par écrit les résultats d'accords pris oralement et les respectons promptement. Nous n'affichons d'"informations internes" que si le processus l'exige et si cela est bon pour le déroulement et les personnes concernées.

11. Engagement - Nous garantissons à tous nos partenaires l'engagement maximum de nos pensées et de nos actes.

12. Multiculture - Nous voulons augementer l'attractivité de notre entreprise et son efficience en rapprochant et acceptant les différences culturelles dans tous les pays.

Qui sont nos "partenaires" ?
Clients- Collaborateurs - Associés - Fournisseurs - Banques - Administrations - Média - Associations - Voisins - Conjoint et Famille

Quel est le but de notre entreprise ?
Faire de tous nos partenaires des ambassadeurs  

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Voilà, vous avez fait avec moi un tour des PME qui réalisent pour le pays 160 milliards d'excédents sur les marchés internationaux tandis que toutes les entreprises de France réalisent 60 milliards de déficits.

La raison de cette énorme différence se trouve en grande partie dans ce que vous venez de lire...
J'ajoute que tout cela n'est pas du blabla, les gens le vivent avec leurs tripes.

 Pas question de semaine de 35h et de laisser tomber le stylo dès qu'on a dépassé le temps "payé". Car les employés voient avec quelle attention l'entreprise est menée. Ils ont le sentiment qu'ils sont tous dans le même bateau, les primes qui vont avec la réussite sont une reconnaissance du travail fourni.
 

Je pourrais vous citer des centaines d'exemples, je vous en citerai d'autres au cours du débat qui ne manquera pas d'émerger.

 Notre pays a besoin d'une forte prise de conscience vis-à-vis de l'entreprise en général et de la PME en particulier. Il a besoin de se débarrasser d'une idéologie archaïque qui remonte à plus de 200 ans, il a une relation très ambivalente avec l'entreprise et l'entrepreneur.

C'est d'ailleurs unique dans les pays occidentaux.

Pour finir, je cite La Tribune du 10 décembre 2008:

"La différence entre l’Allemagne et la France, dans ce domaine, n’a jamais été aussi flagrante.

L’Allemagne va dégager, cette année, un surplus commercial de plus de 160 milliards d’euros. La France va accuser, elle, un déficit de 60 milliards. Un record de chaque côté. Un record qui ne s’explique pas par les importations. De ce côté-là de la balance, c’est du pareil au même, grosso modo. Dans les deux pays, on achète un peu moins, la facture pétrolière est moins lourde aussi. Non, la différence, elle est à chercher…du côté des exportations

...

Qu’est ce qui explique ces différences entre la France et l’Allemagne ? Deux choses.

L’offre d’abord. Sa nature et sa qualité.

L’Allemagne propose sur le marché mondial des produits exclusifs, des biens que personne d’autres ne fabriquent – des machines outils, des auto haut de gamme par exemple. Alors, même pendant la crise, elle arrive à les vendre – cher même parfois. La France, c’est l’inverse. Son offre est assez banale. Ses produits, ses clients peuvent les trouver ailleurs ; ils peuvent aussi s’en passer.


Deuxième différence, elle est énorme. En Allemagne, l’export, c’est vital ; en France, l’export, c’est considéré comme un "plus".


"En octobre, le commerce extérieur français a ainsi enregistré son plus mauvais résultat mensuel de tous les temps : sur un mois, le déficit a atteint 7,1 milliards d'euros et, sur douze mois, il dépasse désormais 56,2 milliards. En dégradation de près de 40 % par rapport à celui enregistré en 2007.

Une contre-performance qui, une fois de plus, tranche avec l'étonnante santé du commerce extérieur de l'Allemagne, qui affiche le même mois un excédent de 16,4 milliards d'euros.


Il faut donc absolument renforcer le tissu des PME, encourager la CREATION d'entreprises en France et leur accorder davantage de considération.

A mettre en parallèle avec les Fondations:

Seriez-vous d'un autre avis ? Votre argumentation est la bienvenue :-)

 

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Pour compléter je partage avec vous d'autres informations.

Je précise avant tout que je visite aussi les PME françaises, mais je n'ai pas besoin de vous en parler puisque vous les connaissez aussi.

 

J'étais donc en voyage d'affaires dans une PME familiale dans le Sud de l'Allemagne mi-septembre 2008.

J'ai eu un très long entretien avec le Directeur commercial monde de cette société familiale installée dans de nombreux pays sur tous les continents:

Afrique: Afrique du Sud, Nigéria, Egypte Amérique : Argentine, Brésil, Bolivie, Canada, Mexico, Uruguay, USA Europe: Allemagne, Albanie, Autriche, Belgique, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Chypre, Croatie, Espagne, Danemark, Estonie, Finlande, France, Géorgie Grande-Bretagne, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Islande, Lituanie, Malte, Norvège, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République Tchèque, Roumanie, Russie, Serbie, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Ukraine. Asie: Bahrein, Chine, Corée du Sud, Emirats Arabes Unis, Inde, Japon, Jordanie, Iran, Iraq, Liban, Pakistan, Syrie, Turquie, Philippines, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam. Océanie: Australie, Nouvelle Zélande

 

Dans le hall d'entrée du bâtiment totalement écologique, où les lumières s'allument quand on passe et s'éteignent quand on est passé, plus besoin de toucher un bouton, il y a des fruits bio pour le personnel, du photovoltaïque sur le toit, etc...

 

Les dirigeants de cette société, 2 frères et leur soeur, sont très impliqués dans la gestion de cette entreprise créée en 1925 par leur grand-père. Ils financent leurs investissements eux-mêmes et n'ont pas besoin des crédits des banques. Il y a une très grande cohésion entre le personnel et leurs dirigeants dans les PME familiales allemandes, le sentiment de travailler ensemble pour le succès du tout.

 

Ce Directeur commercial monde me disait que c'était à peu près la même chose dans pratiquement tous les pays du monde.... sauf en France.

 

Il avait souhaité me rencontrer pour parler de ces problèmes et essayer de trouver une solution. Il parle un excellent français, anglais, néerlandais et espagnol. Il est marié à une Française et a de la famille en France.

 

Mais, il se demande vraiment pourquoi les employés français refusent de coopérer comme le font toutes les autres filiales dans le monde. Ils leur répondent "Ici on est en France" avec un refus total de changer quoi que ce soit.

 

Il me demandait comment faire pour que la filiale française - 50 employés - accepte la vision du futur, la stratégie et accepte de coopérer et de porter cette vision ambitieuse.

 

Il a l'impression qu'ils sont renfermés sur eux-mêmes, conservateurs, et qu'ils ne recherchent qu'un emploi pour vivre et se foutent totalement de ce qui advient de la société.

 

Je lui ai confirmé cette attitude d'enfermement que je rencontre aussi sur les Salons internationaux, où les Français exposent et attendent que les visiteurs affluent sur leur stand, puisqu'ils sont les "meilleurs"... pensent-ils.

 

On entend parler de "l'exception française", ils se veulent toujours "à part" alors qu'ils perdent de plus en plus pied sur la scène internationale, les médias ne leur disent pas la vérité...

 

Mais je lui ai aussi offert un livre pour mieux comprendre et manager les Français... ... qui ont vraiment besoin de cette ouverture sur le monde. Ils utilisent ce cache-misère qu'est "l'exception française" et ne regardent pas le monde tel qu'il est pour en faire partie. Ils se plaignent de la "mondialisation" alors que pour d'autres, elle est une immense ouverture. Le monde est devenu un village, on ne peut plus vivre renfermé sur soi, comme nos parents ou grands-parents qui parlent toujours en "anciens francs" plus de 48 ans après la réforme...

 

Il faut évoluer beaucoup plus VITE.

 

Un spécialiste du management interculturel a comme devise: "Hier, les forts mangeaient les faibles. Aujourd'hui, les rapides avalent les lents. Demain, les conscients guideront les inconscients."

Il est urgent d'être plus RAPIDES dans les transformations et adaptations au monde tel qu'il est si nous voulons y jouer le moindre rôle à l'avenir.

 

Il est aussi plus qu'urgent de prendre conscience de nos forces - ça nous savons très bien le faire - mais aussi de nos faiblesses pour y remédier, car demain, les CONSCIENTS guideront les inconscients.

 

Il faudrait analyser les relations employeur- employés très marquées idéologiquement en France, alors qu'elles sont totalement simples en Allemagne par exemple, aux Pays-Bas ou en Belgique... pour en tirer des conclusions efficaces permettant de faire avancer le pays dans la cohésion sociale.

 

Dans le wagon-restaurant, j'ai rencontré 3 Français qui étaient pour la première fois en Allemagne dans un train ICE.

 

Les repas servis dans de la vaisselle, des nappes sur les tables, les plats préparés par des cuisiniers 1 étoile au Michelin, de tous les pays d'Europe, un cuisinier par mois... ils disaient que c'était autre chose que le TGV et son bistro...

 

Je leur ai suggéré de le dire en France, car c'est tabou, la France a le "meilleur TGV", la SNCF est intouchable....

 

Mais je prends le TGV sur les différentes lignes, depuis plus de 25 ans, en particulier sur la ligne Paris-Bordeaux. Pratiquement RIEN n'a changé...

 

La société évolue très, très lentement, elle est renfermée sur elle-même. Il y a parfois des "explosions" comme si la société n'avançait que de crise en crise...

 

Cela me rappelle le conte d'A. Daudet: "Le secret de Maître Cornille" qui essayait de lutter contre l'arrivée de la vapeur et de maintenir les moulins à vent.

 

Voilà, je vous fais encore part de ma frustration d'entendre et de voir mon pays - dans son ensemble, les exceptions confirment la règle - sombrer dans le conservatisme et le refus du progrès, la peur de la "mondialisation", mot déjà négatif alors que d'autres ont immédiatement saisi cette chance... et utilisent plutôt le terme "globalisation".

 

Car les informations et les personnes circulent vite à travers la planète, et on ne peut plus remettre en cause ces technologies : l'avion, internet, le téléphone, etc... et on ne peut plus vivre comme du temps où les villes étaient entourées de gros murs...

 

Le monde est devenu un village. Le conte d'A. Daudet se termine ainsi :

"Que voulez-vous, monsieur !... tout a une fin en ce monde, et il faut croire que le temps des moulins à vent était passé comme celui des coches sur le Rhône, des parlements et des jaquettes à grandes fleurs."


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