Le rôle de la TV dans l'acquisition des mots pour penser... écrire et s'exprimer.

Pour évaluer ces dessins, Peter Winterstein et son collègue Robert J. Jungwirth ont élaboré un barème de notation simplifié sur 13 points. Il s’agissait avant tout de voir si le dessin était complet.

 

Pour chaque détail comme les cheveux, les yeux, le nez, le tronc ou les pieds, les médecins ont attribué un point. Ils ont fait de même pour la représentation des bras, du corps et d’une tête de taille proportionnée.

 

Peter Winterstein considère que cette technique est particulièrement indiquée pour comprendre comment les enfants préscolaires perçoivent les images.

 

Les résultats sont significatifs : les enfants qui regardaient le moins la télévision (jusqu’à cinquante-neuf minutes) ont obtenu jusqu’à 10,4 sur 13. Les enfants qui la regardaient plus de trois heures n’ont obtenu en moyenne que 6,4 sur 13, les plus mauvais résultats, soit 10 % des dessins.

 

Voici les dessins d'enfants qui regardent la TV au maximum 60 minutes par jour:

 

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Voici les dessins d'enfants qui regardent la TV plus de 3h par jour:

Dessins enfants TV plus de 3 h par jour © Peter Winterstein : Macht Fernseh dumm? Dessins enfants TV plus de 3 h par jour © Peter Winterstein : Macht Fernseh dumm?

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Enfin voici les dessins d'enfants qu'on a laissés seuls regarder la TV et qui en ont subi des traumatismes importants

Dessins enfants seuls devant TV / traumatismes familiaux © Peter Winterstein : Macht Fernseh dumm? Dessins enfants seuls devant TV / traumatismes familiaux © Peter Winterstein : Macht Fernseh dumm?

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"Un cerveau ne s’imprègne correctement des choses que s’il les découvre par le biais de plusieurs sens, c’est-à-dire l’audition, la vue, l’odorat et le toucher. Et, de ce point de vue, la télévision est une source d’information bien pauvre en comparaison avec le monde réel." dit Winterstein.

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De tels arguments sont aussi confortés par de nouvelles études américaines : des tests comparatifs effectués en trente ans sur des milliers d’enfants. Résultats : plus les sujets regardaient la télévision enfants, moins leur niveau d’études était élevé à 26 ans.

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Ce qui irrite également Winterstein, c’est qu’au lieu de généraliser les études approfondies sur la télévision et les jeux vidéo, on gère souvent les problèmes après coup en faisant appel à la logopédie [ou orthophonie] et à d’autres thérapies qui coûtent cher au système de santé. On accuse souvent les enseignants d’être responsables des mauvais résultats de leurs élèves. En réalité, ils ne font souvent que “constater le gâchis des capacités des enfants”.

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C'est donc le coeur même de la pensée qui est ici atteint.

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Il faut répondre à l'arrivée de la TV par des actions fortes, sinon on arrivera à une société très pauvre en pensée et en créativité qui sera de plus en plus manipulable.

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Notre système scolaire et pré-scolaire a suivi son évolution pédagogique sans prendre de mesures radicales pour parer aux effets de la TV et des jeux video.. On se contente de constater les dégâts à grande échelle (illettrisme 10% de la population française, "échec scolaire", 150.000 jeunes qui quittent le système éducatif sans formation).On crée les RASED ou l'école de la deuxième chance, alors que des milliers de jeunes garderont des traces indélébiles des humiliations subies par leur échec au travers de tout le système scolaire.

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Pourtant la TV fait partie du quotidien de millions d'enfants, elle remplace le dialogue avec leurs parents - occupés à autre chose - et le jeu.
Je souhaite donc donner une chance aux enfants dès l'âge de 2 ans, âge où se structure le langage et la compréhension des premiers mots dans leur contexte.

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Car tout se construit à partir de là. Les personnes qui enseignent - je n'aime pas ce mot dans ce contexte -  en maternelle ou les "nounous" le savent parfaitement. Ce handicap se traîne ensuite tout au long de la scolarité, car les autres enfants évoluent aussi à leur rythme, ils ne rattrapent jamais le retard.

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Je rajoute une expérience en milieu carcéral:

Dans le cadre d'une association, je m'occupais de la réinsertion de détenus. Et en parlant avec l'un d'eux sur des sujets variés, je me suis aperçue qu'il parlait de l'arbre - si c'était un pommier ou un peuplier, c'était un "arbre" - ou de l'oiseau - si c'était un merle ou un pigeon, il ne faisait pas de différence - ou de la fleur: rose ou tulipe, il ne connaissait pas les différences.
 


Pourtant il était intelligent, mais son intelligence était réduite aux mots qu'il avait à sa disposition. Terrible enfermenent. Ce n'est pas étonnant que, lors d'un entretien dans une administration, ne pouvant exprimer ce qu'il voulait à ce fonctionnaire, il a pris sa machine à écrire et menaçait de la lui envoyer à la figure.

La violence est souvent la conséquence de cette impuissance et de toutes ces humiliations.

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Sans parler de toutes les conséquences humaines, sociales, politiques (très manipulables) et économiques.

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Tous les "bobos" qui trouvent le langage des banlieues "sympa" ne voient pas les dimensions du problème et l'enfermement dans lequel ces personnes vivent.
 

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Un enfant a besoin d'adultes qui lui parlent et lui expliquent le sens des mots. Beaucoup d'enfants n'ont pas cette possibilité. C'est à eux que l'Etat doit se consacrer dans sa mission d'éducation et non pas les rejeter. Je cite un dernier exemple, celui vécu par ma soeur récemment à Tours.

 

La municipalité a confié 4 enfants à ma soeur, "nounou" depuis plus de 30 ans, 1 enfant de 9 mois et trois entre 2 ans et demi et 3 ans. La scène se passe en juin dernier.
 


Elle est sortie avec la poussette et les trois enfants pour aller voir le Guignol dans son quartier. Assis devant elle, il y avait une classe de CP.
 


Elle remarque au dernier rang, juste devant elle, un enfant qu'elle avait eu pendant plus de 2 ans et demi, issu d'une famille difficile, où il y a beaucoup de violence et peu de mots.
 


Elle avait essayé de lui donner le plus d'éveil et d'autonomie possible. Elle l'interpelle "Bonjour mon petit chaton, comment vas-tu, ça me fait plaisir de te voir".
 


L'institutrice se retourne et d'un oeil méchant lui dit "Madame, qui êtes-vous pour parler ainsi à cet enfant, qui vous autorise à le faire?" Elle lui explique brièvement. A la fin du Guignol, l'institutrice vient la voir et lui dit tout le mal qu'elle pense de cet enfant: "Agressif (on sait pourquoi), instable, perturbateur, méchant, etc."
 


Ma soeur est restée sidérée, voilà comment cet enfant à qui elle avait donné beaucoup d'affection et d'éveil est définitivement classé et détruit alors qu'il ne demandait qu'à évoluer et à VIVRE.
 
Il n'a aucun avenir dans notre pays. Car même l'Education nationale - qui devrait en faire un citoyen capable de se débrouiller dans la vie - le rejette.
 

Où est l'Etat protecteur des faibles et soutien des forts (la Recherche) ?
 


On touche LÀ les fondements d'une société.

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