Bien évidemment, véritablement, la croissance...

Depuis quelques années, les politiques et journalistes utilisent l'expression "bien évidemment"... à tout bout de champs. Ils commencent même leurs phrases par cette expression. Pour qui est-ce bien "évident" ce qu'ils déclarent ? C'est souvent tellement en déphasage avec les réalités évidentes pour tous - hors de France - que cela devient tragi-comide. Bien évidemment... entend-on sur France Culture, France Inter, France Info - que je capte à l'étranger - F. Hollande a réussi à convaincre le monde entier de la "croissance"...

Depuis quelques années, les politiques et journalistes utilisent l'expression "bien évidemment"... à tout bout de champs. Ils commencent même leurs phrases par cette expression.

 

Pour qui est-ce bien "évident" ce qu'ils déclarent ? C'est souvent tellement en déphasage avec les réalités évidentes pour tous - hors de France - que cela devient tragi-comide.

 

Bien évidemment... entend-on sur France Culture, France Inter, France Info - que je capte à l'étranger - F. Hollande a réussi à convaincre le monde entier de la "croissance"...

 

Soit il faut être totalement naïf ou né en monarchie pour croire une telle ineptie. Le monde entier aux pieds de la France ! Même Barack Obama et Angela Merkel.


Le monde se prosterne devant "l'exception française".


L'autre expression à la mode, c'est "véritablement"...


Ces expressions emphatiques ne témoignent-elles pas d'une profonde vacuité ?

 

Pourquoi en avoir besoin en énonçant des faits s'ils ne s'imposent pas par eux-mêmes ?

 

La croissance ?

 

Il y a bien longtemps que de nombreux pays se sont posé la question de savoir si on pouvait et devait continuer ainsi dans un monde dont on s'aperçoit des limites. En Europe du Nord, aux USA, c'est une question récurrente.

 

En Allemagne, une commission d'enquête présidée par une jeune physicienne de 31 ans et réunissant tous les partis et 17 "experts", réfléchit à une nouvelle définition du PIB qui prendrait - enfin - la valeur du bonheur humain en compte dans cette définition purement aléatoire.

 

J'en ai parlé dans cet article : Quelle est l'alternative au capitalisme ?

 

ou dans celui-ci

 

A contre-courant - La croissance à tout prix ? Des chefs d'entreprise la refusent...

 

Voici cette jeune députée de 31 ans :

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C'est vrai, j'oubliais de mentionner que le cumul des mandats ne réprésente que 10% dans ce pays contre 85% en France  - où on voit toujours les mêmes -  où les femmes sont encore en minorité à des postes décisifs.

 

Toutes les réunions sont diffusées live en vidéo, même au format pour mobiles, la dernière a eu lieu ce jour, toute la population qui s'y intéresse peut participer à ces réunions de commissions :

http://www.bundestag.de/bundestag/ausschuesse17/gremien/enquete/wachstum/oeffentlich/20_sitzung/index.jsp

 

Il suffit de voir les candidates aux législatives en position éligibles !

 

Alors maintenant, les médias du service public portent F. Hollande aux nues, il a tout juste sur toutes les lignes, comme ils ont porté aux nues Sarkozy, pour le faire élire d'abord et soutenir sa politique ensuite.

 

Voici les journalistes tirés par un tracteur, derrière Sarkozy et N Kosziusko-Morizet. Quelle HONTE !!!

 

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On a vu cette photo dans tous les médias :

 

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Et voilà que ça recommence, avec Hollande dans le rôle du superman... On nous parle de cravate, de fringues de la "première dame de France"...

 

C'est à pleurer...

 

J'ai l'impression à lire et entendre tous ces medias que le pays vit comme au temps des rois.

 

Je crois qu'Axel J. avait "véritablement", "bien évidemment" raison lorsqu'il écrivait:

  • C'est une mentalité de serfs héritée du temps de la monarchie absolue.

    Le roi est remplacé par des "représentants élus", mais le système n'a pas changé, et surtout pas l'inconsciente soumission de serf, d'esclave.

    Penser, c'est "difficile, interdit et puni" dans une telle mentalité.

    Et pour se soulager, en guise de soupape de décompression, il y a "le jour des fous" ou "le bouffon du roi" ou "les guignols": ça dépend de la culture et de l'endroit du monde où on se trouve.

 

 

"Bien évidemment", "véritablement", les médias ne jouent pas leur rôle de "chiens de garde de la démocratie".

 

Ils n'informent pas la population dans un esprit d'objectifivé et d'ouverture internationale.

On réserve ce "rôle" au Canard Enchaîné ou au Petit Journal de Canal+, les "fous du roi" ou les "bouffons"

On parle des jeans de "Madame Duflot" et de la cravate du président qui vit encore comme au siècle dernier, des fringues des uns et des autres, etc...

 

Et on parle de "croissance" alors que le monde entier cherche des alternatives... on se raccroche au passé, à Keynes...

 

C'est comme avec le Concorde ou le Minitel... auquel s'accrochait la France, et ses dirigeants, alors que le monde entier utilisait internet depuis longtemps...

 

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Hier soir 21 mai et ce matin, 22 mai 2012,  sur France Culture et France Inter, "bien évidemment" a été utilisé en abondance...

Cela me fait penser à "au jour d'aujourd'hui", devenu à la mode et utilisé par des journalistes ne connaissant pas leur propre langue et son éthymologie.

Car "au jour d'hui" signifie déjà "au jour d'aujourd'hui",

"hui" venant du latin "hodie" qui signifie "aujourd'hui" ;-)

 

 

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