2009 : année électorale sous tensions en Allemagne

Rendez-vous le 27 septembre. Le président de la République allemande, Horst Köhler l’a confirmé le 6 janvier : Angela Merkel (CDU) et Frank-Walter Steinmeier (SPD) ont encore huit mois avant d’affronter les électeurs allemands lors des prochaines élections parlementaires.

Rendez-vous le 27 septembre. Le président de la République allemande, Horst Köhler l’a confirmé le 6 janvier : Angela Merkel (CDU) et Frank-Walter Steinmeier (SPD) ont encore huit mois avant d’affronter les électeurs allemands lors des prochaines élections parlementaires. Pour la première fois dans l’histoire de la République fédérale allemande, une chancelière chrétienne-démocrate sera opposé à son vice-chancelier social-démocrate après quatre ans de gouvernement en commun au sein d’une Grande Coalition.

Pour que les mois à venir ne se transforment pas en « campagne électorale permanente » et paralyse l’action du gouvernement dans un pays durement touché par la crise (le nombre de chômeur est repassé au-dessus des 3 millions), Mme Merkel et M. Steinmeier se sont entendus avant la fin de l’année : pas de début des hostilités avant l’été, trois mois avant le début du scrutin.

 

Seize élections en huit mois

 

Mais en cette année aux multiples scrutins (seize élections sont prévues de janvier à septembre), difficile de penser que l’Allemagne évitera un affrontement constant entre la CDU et le SPD. Le coup d’envoi est prévu le 18 janvier avec de nouvelles élections régionales en Hesse, après l’échec des différents partis à former une coalition issue des résultats du scrutin de l’an dernier.

Quatre autres Länder doivent, par ailleurs, renouveler leur parlement : ceux de Sarre, Saxe et Thuringe le 30 août ; celui du Brandebourg le 27 septembre, en même temps que les députés du Bundestag. Le 23 mai aura lieu l’élection du président de la République par des représentants issus des deux chambres fédérales (Bundestag et Bundesrat) et des parlements régionaux. Enfin, le 7 juin se dérouleront les élections européennes ainsi que des élections municipales dans huit Länder du pays.

 

La crise en invitée de marque

 

Or, les élections régionales allemandes sont de vrais tests électoraux destinées, pour les partis, à préparer le scrutin parlementaire. D’autant plus dans le contexte actuel de crise, les formations politiques vont rôder et tester leurs thèmes de campagnes dans les régions.

Déjà, le débat sur le deuxième plan de relance du gouvernement est l’occasion de tensions entre la CDU et le SPD. La discussion autour de la politique fiscale à mener commence à dessiner une ligne de front entre les deux camps. Le thème devrait ainsi devenir un enjeu important de la campagne à venir. Devant l’insistance de ses alliés chrétiens-sociaux bavarois, Angela Merkel envisage des baisses d’impôts et de charges sociales pour relancer l’économie tandis que le SPD souhaite davantage de dépenses d’investissement de la part de l’Etat et une fiscalité accrue sur les revenus les plus élevés.

 

La fiscalité en entrée

 

Sur le plan électoral, cette décision de la chancelière de mettre en œuvre des baisses d’impôts dès son second plan de relance (mesures qu’elle voulait réserver pour après les élections afin d’en faire un réel thème de campagne) ont le mérite de permettre au SPD de se montrer, sur ce point, clairement en rupture par rapport à son partenaire de coalition.

En se démarquant clairement de la CDU sur un thème aussi important pour les électeurs allemands que celui des impôts, les sociaux-démocrates souhaitent ainsi réinvestir la gauche du paysage politique allemand et stopper la progression du parti de gauche néocommuniste Die Linke qui récupère de nombreux déçus du SPD et gravite, dans les sondages, autour des 12%.

 

Vers une impasse électorale ?

 

Selon les dernières études, le parti de la chancelière part favori avec 35% des intentions de votes pour les élections de septembre prochain. De son côté, le SPD peine à revenir et reste autour des 26% devant Die Linke et les Libéraux du FDP (12%) puis les Verts (10-11%). Dans ce nouveau jeu à cinq partis et si, dans huit mois, les scores confirment les sondages d’aujourd’hui, le casse-tête pour former une nouvelle coalition sera de nouveau entier.

La CDU et le SPD l’ont déjà fait savoir : hors de question de reconduire la Grande coalition. Un grand parti et deux petits seront forcer de s’allier. Or, les constellations CDU-Libéraux-Verts ou SPD-Libéraux-Verts vont être très difficile à mettre en pratique tandis que le SPD et Die Linke ne sont toujours pas prêt à faire chemin commun. Il y a un an, une pareille configuration était sortie des urnes lors des élections du parlement de Hesse. Un an après, les électeurs sont appelés à revoter.

 

Lilian Alemagna

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