Le péage vécu par les Allemands vu par les Français

Le péage, c’est Français ! Pas simples pour nos visiteurs de s’y retrouver. Le péage de Fontaine, construit en 1976 est le premier que les allemands rencontrent en arrivant en France.
Le péage, c’est Français ! Pas simples pour nos visiteurs de s’y retrouver. Le péage de Fontaine, construit en 1976 est le premier que les allemands rencontrent en arrivant en France.

 

Le péage de Fontaine (Franche Comté) est situé à une extrémité du réseau d’autoroute APRR. Avant, il y a l’Alsace, où les autoroutes sont gratuites. Tous les Allemands qui partent en vacances dans le Sud de la France découvrent les joies de la taxe autoroutière avec le péage de Fontaine. En Allemagne cette bête curieuse n’existait pas pendant de longues années. Emmanuel Humeau, chef de péage de l’APRR de Fontaine explique cet état de fait. « Le système français consiste à faire payer à l’usager ce qu’il utilise, dans un soucis d’équité. En Allemagne, les autoroutes sont gratuites, mais chaque foyer fiscal dépense 400 euros par an pour les autoroutes, qu’il ait une voiture ou pas. » Les Allemands qui découvrent le péage sont parfois surpris. Et les incidents sont fréquents. Ils s’insèrent dans la voie réservée aux poids lourds, ou à celle pour les cartes bancaires, alors qu’ils n’en ont pas. (Amis germains, rassurez-vous, les français habitués au péage se trompent aussi !)

 

 

Le péage de fontaine a une particularité qui n’aide pas vraiment les touristes. Il demande aux usagers de payer une taxe forfaitaire. Actuellement 2,80 euros pour une voiture dite de tourisme. Le touriste qui vient de parcourir les routes de France, généralement celles du Sud, n’a pas croisé beaucoup de péage de ce type. A l’entrée de l’autoroute, l’automobiliste prend un ticket, et paye en sortant. Le système de forfait est donc tout aussi perturbant. « Certains s’arrêtent dans une voie, et attendent que le ticket sorte » explique Joséphine Parementier, surveillante du péage, dont la mission est de superviser le lieu.

 

 

 

Des péages urbains écolos

 

 

Il devient difficile pour l’Etat fédéral d’entretenir les autoroutes allemandes, et le gouvernement décide peu à peu de mettre aussi en place des systèmes de péage. Premiers touchés, les poids-lourds. Il est vrai qu’avec un poids moyen d’une quarantaine de tonnes, ce sont eux qui dégradent le plus la chaussée. Depuis le 1er janvier 2006, les camions doivent acquitter un droit de passage sur les autoroutes allemandes.

 

 

Et ce n’est pas fini ! S’il y a un domaine sur lequel les français doivent prendre exemple sur nos amis d’outre-Rhin, c’est l’écologie. Et justement, en Allemagne, tout comme en Italie, des péages - urbains cette fois – voient le jour. Trois villes allemandes tentent l’expérience depuis le 1er janvier 2008. Selon la classe polluante de titine, l’automobiliste reçoit une pastille. Si la pastille est rouge, il est prié d’aller polluer ailleurs. Les petits français en vacances de l’autre côté de la frontière risquent aussi quelques aléas de compréhension.

 

 

Stéphanie Goutte

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