Maroc: prison ferme pour un membre du mouvement du 20 février


A l'heure de la fête du Trône, où le Maroc célèbre l'avènement du roi Mohammed IV, les journaux unanimes saluent les avancées démocratiques initiées par leur monarque, notamment la nouvelle constitution "reconnue tant au niveau national qu'international comme un changement de paradigme audacieux et porteur de garanties fondamentales pour le renforcement du processus démocratique".

 

Le Maroc en voie de devenir une démocratie ? 

 

Nous sommes en droit d'en douter à la lecture de cette brève, informant que Mustapha Bouhani, membre du Mouvement 20 février, et président de l'association des artisans du Rif, a été condamné en appel à deux ans de prison ferme et à une amende de 100 000 dirhams (9 100 €), pour "obstruction sur la voie publique" et "incitation à attroupement illicite".

 

Le caractère exemplaire de cette sanction doit être souligné. Alors que le salaire mensuel minimum tourne autour des 2 500 dirhams, il est évident qu'un artisan du Rif ne peut même pas rêver posséder un jour le montant de l'amende.

 

Qu'il soit donc rappelé aux thuriféraires des progrès accomplis qu'il ne saurait être question de parler de démocratie dans un pays où les droits fondamentaux des citoyens ne sont pas garantis: liberté d'expression et de manifestation, individualisation des peines, indépendance de la Justice...

 

 

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