Discours de Gilles Perret aux César 2025
…/… je crois que le déterminisme social aurait dû m’empêcher d’être ici devant vous ce soir. Je voudrais aussi remercier toutes les structures, tous les gens qui ont conjuré le sort. Je pense à ma famille, mes filles, je pense au village de Quincy, je pense à l’hôpital public, je pense à l’école publique, je pense à la cotisation sociale, je pense à l’impôt et toutes structures collectives qui nous permettent de faire société.
En tout cas, ce César m’incite à continuer dans la voie que j’essaie de tracer : c’est essayer de rendre visible les invisibles, dans un pays où on tend plus facilement le micro à des milliardaires qui se plaignent plutôt qu’au dix millions de pauvres. Dans un pays où les dirigeants, pour rester en place et pour ne pas contrarier les puissants, préfèrent s’allier à l’extrême droite fasciste plutôt que poser la question du partage des richesses et de la protection de la planète.
Attention, méfions-nous, cette histoire, on la connaît déjà, cette petite musique mortifère, on l’a déjà entendue : c’était celle des années trente où déjà à l’époque on disait plutôt Hitler que le Front Populaire.
Ça va vite, méfions-nous et nous, gens du cinéma, je crois que ce serait bien d’y mettre un peu les pieds, par-ce que, j’ai trop souvent l’impression que dans le monde du cinéma, on regarde parfois trop souvent ailleurs et que la maison brûle et on filme ailleurs.
Voilà, je vous remercie, à la fin, c'est quand même nous qu’on va gagner.