Par Mathilde Auvillain
Chargée de communication à bord de l'Aquarius
pour l'organisation civile européenne SOS MEDITERRANEE
huffingtonpost.fr, le 4 février 2017
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En Gambie, il gérait une petite agence de voyages et de location de vélos pour les touristes. "J'étais heureux, je vivais bien" me dit-il en se prenant la tête entre les mains. Alimu n'avait aucune intention de venir jusqu'en Europe, il voulait juste voyager, "découvrir" d'autres pays... Et le voilà arrivant en Italie à bord d'un bateau humanitaire après avoir survécu à l'inimaginable.
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"Je ne pouvais rester à Tripoli. Je devais absolument partir". Je lui demande pourquoi et il me regarde incrédule. "Mais vous ne lisez pas les nouvelles ?" s'indigne-t-il. "Une centaine de noirs ont été tués à Tripoli la semaine dernière et vendredi on a reçu l'ordre de fuir les quartiers africains de Grigarage et An Colombia, à cause des Asma Boys".
En quatre mois sur ce bateau, les témoignages de rescapés que j'ai recueillis mentionnent tous, à un moment ou l'autre, ces "Asma Boys", des hommes, libyens, armés jusqu'aux dents, vraisemblablement "spécialisés" dans le trafic d'êtres humains. Ils sont le cauchemar des migrants africains. "Pour les Asma Boys les noirs ne sont qu'une marchandise à vendre" m'explique Alimu.
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