extraits :
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Les migrants ont vu leurs cabanes démolies par les bulldozers. C’est difficile à supporter. C’est difficile quand il fait froid. L’État pense-t-il au froid ? Pense-t-il au respect de la trêve hivernale ? Pense-t-il à la situation de ces gens qu’il fragilise et plonge dans la détresse ?
Oui, les migrants ont jeté des pierres pour dire stop, pour dire ne faites pas cela, c’est mon abri, je n’ai rien d’autres ! Un jeune Afghan était très triste. Je l’ai abordé et lui ai demandé « où se trouve ta maison ? » Il m’a répondu : « Ma maison était la première qu’ils ont détruite. Je dormais quand ils ont frappé, à 8 heures du matin. Je suis sorti. L’interprète qui parle arabe me dit “sors“. Je me suis éloigné, en pensant qu’ils voulaient voir ma maison. Tout d’un coup, j’ai vu ma maison par terre. Je n’ai même pas pu récupérer mes affaires. Je ne sais pas où je dormirai cette nuit. »
« Nous ne sommes pas des terroristes ! »
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Je me sentais mal, j’avais peur, je me suis crue en guerre, mais la guerre contre qui, avec qui? J’ai pleuré, crié, c‘était très traumatisant. Les CRS voyaient bien que nous étions avec les migrants pour calmer la situation. Nous étions des médiateurs pour ramener le calme et la paix. Cela a duré une heure. Malgré cela, les CRS n’ont pas pensé aux ONG présentes, ni à la presse. Ils ont mis tout le monde dans le même panier. Pour eux, nous sommes tous des No border et des migrants, donc nous méritions le gaz lacrymogène ! Voilà ce que j’ai ressenti.
Le plus scandaleux est de dire que les No border sont derrière tout cela. J’étais présente. Je n’ai vu aucun membre des No border. L’action était menée par les migrants qui ne supportent plus cette situation d’injustice, cette politique qui rend la frontière infranchissable, toutes ces barrières, ces barbelés. Ils se sentent enfermés, prisonniers, non reconnus, non respectés.
Des migrants ont préféré brûler leur cabane
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Plus de la moitié de ces familles dorment le soir dans les containers de l’État ; et le matin elles retournent dans leurs caravanes pour faire à manger et préparer du thé. Où sont le respect et la dignité ? Où est l’autonomie accordée à ces personnes ? Comment peut-on juste proposer un lieu pour dormir ? L’État dit qu’elles ont un hébergement mais elles ont aussi besoin de manger, elles ont aussi besoin de se retrouver en famille autour d’une tasse de thé. Ce n’est pas par plaisirque les familles retournent dans les caravanes et les cabanes, dans la boue et le froid toute la journée.
Pourquoi le gouvernement ne leur offre-t-il pas un accueil digne ?
* Les citations sont textuelles - la mise en valeur par couleur de certaines phrases est de mon fait