Lorraine Cœur d’Acier : un micro posé sur le corps de la classe ouvrière

Dans Affaires Sensibles (France Inter) , retour sur une aventure radiophonique, celle de la radio pirate et militante Lorraine Cœur d’Acier qui émit à Longwy de mars 1979 à juillet 1980

https://www.franceinter.fr/emissions/affaires-sensibles/affaires-sensibles-30-avril-2019?utm_medium=Social&utm_source=Facebook&fbclid=IwAR1ECYxRfjOHUMmWTZfD7zqtiKHtyYSO7I53t0szcmPodSaues5TJEFwfok#Echobox=1556635254

Gérard Noiriel : "Lorrain Cœur d'Acier ça a été une expérience tout à fait extraordinaire. Ce qu'on a découvert pendant cette lutte, encore une chose qui est très très d'actualité, c'est qu'une lutte populaire qui a presque toujours dans l'histoire, presque toujours des considérations d'ordre économiques …/… c'est la survie qui en jeu, mais ça ne se limite jamais aux questions économiques. Il y a toujours la question de la dignité … /… la prise de parole, etc... La démocratie, des invisibles qui deviennent visibles et qui du coup … ça explose quoi, de tout côté ! "

 

France Inter - Affaires Sensibles - Fabrice Drouelle, le 30 avril 2019..

(54'47)

Lorraine Cœur d’Acier : un micro posé sur le corps de la classe ouvrière

Nous sommes alors en 1979 à la brèche des Trente Glorieuses, à l’aube du basculement dans l’ère des crises. C’est le début du grand incendie qui va effacer les anciens bastions de l’industrie française, emportant avec lui ces hommes et ces syndicats. 

Quarante ans plus tard, à Longwy comme dans la plupart des anciens bassins miniers, les vestiges du siècle de l’acier disparaissent peu à peu. De cette époque que reste-t-il ? Quelques images et si peu de mots. A Longwy, parmi les derniers vestiges qui ont pu être sauvé : il y a les bandes sonores de cette radio pirate. 

La totalité de ces archives sont conservées aux archives départementales de Bobigny. De longs extraits ont été publiés également au sein d’un coffret intitulé Un morceau de chiffon rouge aux éditions de la vie ouvrière. Ce sont ces archives qui ponctuent notre récit. A leur écoute, vous allez découvrir la mémoire d’une vallée, d’un peuple éteint, celui des hommes de fer. 

Derrière cette radio qu’on appelait LCA, il y a des dizaines d’hommes et de femmes. Le journaliste Marcel Trillat était l’un d’entre eux. Il a été des voix de cette radio, l’une des personnes qui durant ces 16 mois a permis à LCA de poser un micro sur le corps de la classe ouvrière de la fin du siècle.
 

Invité Marcel Trillat

 

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Billet dédié à Mireille Poulain-Giorgi dont le nom d'abonnée est maintenant grisé, qui m'a accueilli au sein du Club et qui avait rédigé un billet hélas maintenant supprimé intitulé : "La première radio libre ouvrière de France"

Voir aussi : Je me rappelle «le chiffon rouge»

 

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cité durant l'émission :

"Une histoire populaire de la France" Gérard Noiriel -  Editions Agone, collection Mémoire Sociale - 2018 (832 pages)

Voir aussi

"Immigrés et prolétaires-Longwy 1880-1980" de Gérard Noiriel - Editions Agone, collection L'ordre des choses - 2019 (624 pages)

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