Pour que le Briançonnais reste un territoire solidaire avec les exilés

Le Briançonnais a vu se développer sur la période récente un remarquable réseau de solidarité et d’hospitalité venant au secours des exilés qui, au péril de leur vie, ont franchi cette frontière et leur offrant, avec le soutien des autorités locales, un refuge temporaire. Le maire de la ville de Briançon, nouvellement élu, a décidé de fermer ce refuge ainsi que le local des secours.

Mise à jour le 23 octobre 2020

Le Dauphiné libéré - le 22 octobre 2020

Finalement, le refuge pour migrants à Briançon ne fermera pas le 28 octobre

Un délai supplémentaire de six mois a été accordé par le maire de Briançon, en contrepartie d'un engagement de l'association de quitter les lieux.

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Nous sommes près de 38 000 à avoir signé la

pétition pour que le Briançonnais reste un territoire d'hospitalité !

Si chacun-e d'entre nous en parle à ses connaissances, nous pourrions être beaucoup plus nombreux ! Ce soutien est précieux pour faire pression sur les pouvoirs publics pour empêcher la fermeture du refuge Solidaire et du local maraude et assurer un accueil digne aux personnes exilées !

À vos claviers !!

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Sans étiquette politique ou religieuse, Tous Migrants est un mouvement citoyen pacifiste de sensibilisation et de plaidoyer  autour du drame humanitaire des migrants en Europe.

Vous souhaitez soutenir financièrement l’association notamment pour l’action juridique collective : formation des bénévoles, conseils juridiques, actions en justice (atteintes aux droits fondamentaux à l’encontre des exilés, défense des victimes des accidents résultant des ces atteintes aux droits, défense des bénévoles poursuivis…) ?

c'est ici

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Appel à soutiens

Terre historique de passages d’hommes et de femmes à la frontière entre la France et l’Italie, le Briançonnais a vu se développer sur la période récente un remarquable réseau de solidarité et d’hospitalité venant au secours des exilés qui, au péril de leur vie, ont franchi cette frontière et leur offrant, avec le soutien des autorités locales, un refuge temporaire. Le maire de la ville de Briançon, nouvellement élu, a décidé de fermer ce refuge ainsi que le local des secours. Bénévoles et associations se mobilisent aujourd’hui pour s’opposer à cette décision aux conséquences humanitaires dramatiques.

Depuis cinq ans, plus de 11 000 hommes, femmes et enfants jetés sur les routes de l’exil ont traversé au péril de leur vie la frontière franco-italienne haute-alpine, souvent dans la nuit, le froid, ou la neige, au milieu de montagnes dont ils méconnaissent les dangers. Tous ont ensuite transité une ou quelques nuits par Briançon, brève escale dans leur périple migratoire.

Un élan de solidarité, porté par des centaines de bénévoles, organisé par des associations et soutenu par la Ville et la Communauté de communes du Briançonnais, a permis de mettre à l’abri et d’accueillir dignement toutes ces personnes :

· Un lieu d’accueil d’urgence offre depuis trois ans à ces exilés de passage, hébergement, nourriture, soins, vêtements, conseils juridiques sur le droit d’asile et chaleur humaine. Installé dans un bâtiment mis à disposition par la Communauté de communes, il est géré par l’association Refuges Solidaires.

· En amont, dans la montagne, des maraudeurs solidaires portent secours aux exilés en danger - perdus, épuisés, en hypothermie -, avec l’appui de Tous Migrants et Médecins du Monde. Sans les maraudes, le bilan de cinq morts et trois handicapés à vie que la région a connu ces trois dernières années aurait été encore plus terrible. Un local technique a été mis à disposition de Tous Migrants pour le stockage du matériel de secours en montagne.

Il s’agit d’une initiative d’accueil exemplaire, mise en lumière par les médias du monde entier et récompensée par l’attribution de la mention spéciale du prix des Droits de l’Homme 2019 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme à l’association Tous Migrants.

Cette mobilisation est aujourd’hui mise à mal par la décision du nouveau maire de Briançon et président de la Communauté de communes, Arnaud Murgia, de fermer le refuge solidaire et le local technique des maraudes[1].

Il s’agit là une entrave grave aux opérations de secours et d’accueil des exilés, mettant leur vie en danger.

La décision du maire, si elle est exécutée, aurait également pour conséquence de jeter les exilés à la rue, ne leur laissant d’autres solutions que de dormir dans les espaces publics, alors que les températures nocturnes frôlent déjà zéro degré dans Briançon, et qu’il est physiquement impossible de survivre à l’extérieur en plein hiver. Ce faisant, le président de la Communauté de communes créerait les conditions d’un véritable drame humanitaire, avec de nouveaux morts en montagne et à nos portes. Il en porterait l’entière responsabilité morale.

Au-delà, il s’agirait d’une atteinte grave au droit des associations et bénévoles de s’organiser pour porter secours. En exigeant la fermeture de ces deux lieux complémentaires et indispensables au bon fonctionnement des opérations humanitaires, le nouveau maire fragilise l’écosystème associatif et bénévole local, et tourne le dos à la plus élémentaire solidarité montagnarde. Cette attitude fait écho aux récentes interdictions de distribution de nourriture dans le Calaisis, à la fermeture du centre d’accueil de la Croix-Rouge près de Menton, aux amendes infligées aux bénévoles humanitaires durant le confinement et plus largement aux atteintes grandissantes portées aux actions associatives et collectives.

Le devoir d’assistance à personne en danger est un devoir moral et juridique ; il s’impose à toutes et tous : citoyens, associations, mais aussi et d’abord collectivités territoriales et État. Le fait que les gouvernements européens ne respectent pas leurs obligations en matière de sauvetage et d’accueil des personnes, et qu’ils ferment volontairement les yeux sur les drames humains dont l’actualité se fait chaque jour écho, en Méditerranée comme dans les Alpes, n’exonère personne.

Nous, bénévoles et associations actives sur place, dont Refuges Solidaires, Tous Migrants, le Secours Catholique, Médecins du Monde, ne sommes pas résignés. Pour éviter de nouveaux drames, nous continuerons à accueillir, secourir et exiger le respect des droits des personnes exilées.

Parce que nous refusons que nos montagnes deviennent un cimetière, à l’instar de la Méditerranée, parce que nous refusons qu’une personne, quelle qu’elle soit, se retrouve à la rue, nous appelons citoyens, associations, institutions, élus, collectivités à soutenir notre combat pour la mise à disposition des locaux indispensables au secours et à l’accueil digne des personnes exilées et en détresse, le respect de leurs droits fondamentaux et l’arrêt des poursuites contre les bénévoles, les associations et les défenseurs des droits.

[1] En effet, la nouvelle municipalité a adressé au Refuge Solidaire une mise en demeure de quitter le lieu d’accueil au plus tard le 30 octobre (et ne souhaite pas renouveler la convention d’occupation, arrivée à échéance le 30 juin dernier). Elle a aussi décidé de ne pas renouveler la convention de mise à disposition du local technique maraude utilisé par Tous Migrants et Médecins du Monde. Le « Refuge Solidaire » et le local technique des maraudes sont ainsi sous la menace pressante d’une fermeture.

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Voir (ou revoir) l'article de Nejma Brahim sur médiapart ( 16 septembre 2020)

A Briançon, le nouveau maire LR veut fermer le refuge solidaire des migrants

Depuis trois ans, ce lieu emblématique accueille de façon inconditionnelle et temporaire les personnes exilées franchissant la frontière franco-italienne par la montagne. Mais l’élection d’un nouveau maire Les Républicains, Arnaud Murgia, risque de tout changer.

Briançon (Hautes-Alpes).– La nouvelle est tombée lundi, tel un coup de massue, après un rendez-vous très attendu avec la nouvelle municipalité. « Le maire nous a confirmé que nous allions devoir fermer, sans nous proposer aucune alternative », soupire Philippe, l’un des référents du refuge solidaire de Briançon. En 2017, l’association Refuges solidaires avait récupéré un ancien bâtiment inoccupé pour en faire un lieu unique à Briançon, tout près du col de Montgenèvre et de la gare, qui permet d’offrir une pause précieuse aux exilés dans leur parcours migratoire.

Fin août, l’équipe du refuge découvrait avec effarement, dans un courrier signé de la main du président de la communauté de communes du Briançonnais, qui n’est autre qu’Arnaud Murgia, également maire de Briançon (Les Républicains), que la convention leur mettant les lieux à disposition ne serait pas renouvelée.

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Ne manquer pas de voir (ou revoir) le superbe portfolio d' evangelinemd

23 janvier 2020 - accès libre

Briançon, un hiver solidaire comme un autre

Janvier 2020, Briançon. Il y a deux ans, la région faisait la une des journaux alors que quelques milliers de réfugiés passaient entre Oulx et Briançon au col de l’Echelle. Si la route n’est pas nouvelle, l’augmentation des arrivées en plein hiver en 2017 a poussé les habitants de la région à ouvrir leurs portes aux étrangers de passage. Journal d'un territoire solidaire enclavé.

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Le 21 septembre dernier , une tribune a été publié dans le quotidien national Libération 

Elle a été signée par plusieurs centaines d'organisations et de personnalités (dont Edgar Morin, Lilian Thuram, Michèle Rubirola, maire de Marseille, Laurent Berger, Isabelle Autissier, Philippe Torreton, Nancy Houston, Thomas Piketty...

Pour que le Briançonnais reste un territoire solidaire avec les exilés

Tribune.

Depuis cinq ans, plus de 11 000 hommes, femmes et enfants jetés sur les routes de l’exil ont traversé au péril de leur vie la frontière franco-italienne haute-alpine, souvent dans la nuit, le froid, ou la neige, au milieu de montagnes dont ils méconnaissent les dangers. Tous ont ensuite transité une ou quelques nuits par Briançon, brève escale dans leur périple migratoire. 

Un élan de solidarité, porté par des centaines de bénévoles, organisé par des associations et soutenu par la Ville et la Communauté de communes du Briançonnais, a permis de mettre à l’abri et d’accueillir dignement toutes ces personnes : un lieu d’accueil d’urgence offre depuis trois ans à ces exilés de passage, hébergement, nourriture, soins, vêtements, conseils juridiques sur le droit d’asile et chaleur humaine. Installé dans un bâtiment mis à disposition par la Communauté de communes, il est géré par l’association Refuges Solidaires.

Initiative d’accueil exemplaire

En amont, dans la montagne, des maraudeurs solidaires portent secours aux exilés en danger − perdus, épuisés, en hypothermie − avec l’appui de Tous Migrants et Médecins du Monde. Sans les maraudes, le bilan de cinq morts et trois handicapés à vie que la région a connue ces trois dernières années aurait été encore plus terrible. Un local technique a été mis à disposition de Tous Migrants pour le stockage du matériel de secours en montagne.

Il s’agit d’une initiative d’accueil exemplaire, mise en lumière par les médias du monde entier et récompensée par l’attribution de la mention spéciale du prix des Droits de l’Homme 2019 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme à l’association Tous Migrants.

Cette mobilisation est aujourd’hui mise à mal par la décision du nouveau maire de Briançon et président de la Communauté de communes, Arnaud Murgia, de fermer le refuge solidaire et le local technique des maraudes (1). Il s’agit là d’une entrave grave aux opérations de secours et d’accueil des exilés, mettant leur vie en danger.

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