Traduction par mes soins d'un texte (page facebook) de mon amie Mariapia Metallo
L'histoire de l'homme montre que le pouvoir craint la culture et décourage toutes les manifestations dans lesquelles la pensée divergente s'exprime pleinement. Il tend à faire barrière au développement des activités culturelles de manière plus ou moins explicite. Par le passé la lutte contre la culture s'exprimait de manière éclatante et agressive : on brûlait les manuscrits, détruisait les bibliothèques, contrôlait artistes et intellectuels.
Aujourd'hui, dans beaucoup de pays, y compris ceux définis comme démocratiques, la destruction du savoir s'exerce de manière plus sournoise, exactement comme Primo Levi en avait eu l'intuition.
Les écoles s’appauvrissent, on accorde une large place à des programmes télévisés, présentés comme des émissions « culturelles » qui sont vouées, à l'inverse, à détourner l'attention des vrais intérêts de l'homme.
Malgré tous ces obstacles, dans n'importe quelle société et quel que soit l'époque, il a toujours existé une minorité de personnes qui s'est distinguée courageusement pour n'avoir pas consenti à laisser le pouvoir tuer la pensée libre.
C'est cela la signification du film “Storia di una ladra di libri”* dans lequel une très jeune petite fille s'attache à sauver des livres dans l'Allemagne nazie. Liesel, à travers les livres et un cahier que personne ne doit ouvrir, laisse libre-court à la légèreté qui caractérise son âge et apprends à lire entre les lignes. Les livres sont en mesure de lui donner la compréhension de ce qui arrive autour d'elle et en même temps l'espoir que la pureté des sentiments nobles réussira à dominer la haine et la lâcheté qui caractérise une quelconque période historique, y compris celle qui est officiellement définie comme non belligérante. Lire pour soi-même et pour les autres, y compris dans les abris dans lesquels les gens affluaient après l’inquiétant bruit des sirènes qui annoncent l’imminence d'un bombardement.
Ce n'est pas la guerre le protagoniste du film, ni même le nazisme, mais le vrai protagoniste est le livre qui, par sa grande valeur, réussit à nourrir l'esprit humain et fait oublier à celui qui le lit, quel que soit le moment historique, l'aridité et les humiliations qui lui gravitent autour. Et bien peu sera détruit par la dictature de l'inculture tant qu'il existera des êtres humains qui iront à contre-courant et ne deviendront pas les proies des manipulations du pouvoir.
Aujourd'hui on ne brûle plus les livres. La grande majorité des personnes lit peu. Très peu. Celui qui détient le pouvoir n'a plus besoin de détruire des bibliothèques ou de mettre en scène des autodafés symboliques pour détruire la connaissances.
Peut-être faudrait-il se demander pourquoi ?
* « La voleuse de livre », film réalisé par Brian Percival
D'après « La voleuse de livre » roman de l'écrivain australien Markus Zusakraconte : l'histoire de Liesel, une extraordinaire et courageuse jeune fille envoyée dans une famille d'adoption allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle apprend à lire avec le soutien de sa nouvelle famille et de Max, un réfugié juif qu'ils cachent sous leur escalier. Pour Liesel et Max, le pouvoir des mots ainsi que leur propre imagination vont devenir leur seul échappatoire face aux tumultueux événements se déroulant autour d'eux.