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« Cachez ce livre que vous ne devriez lire »

Telle aurait pu être la demande, parodiant Tartuffe de Molière, faite à Zoé par deux policiers samedi 12 octobre devant la gare de Metz. La jeune femme a été contrôlée parce qu’elle lisait le dernier livre de David Dufresne.

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webullition.info - Maxime Gonzales, 28 octobre 2019

Metz : « C’est un livre anti-flics ! », selon la police

.../... Assise depuis un quart d’heure, plongée dans sa lecture, Zoé en est extraite par une patrouille de deux policiers. « Ils m’ont demandé une pièce d’identité. », raconte la jeune femme aux cheveux blonds, courts et aux yeux bleus. « J’ai alors demandé : Pourquoi ? ». La première réponse « C’est comme ça ! » ne lui convient pas. Elle insiste et redemande le motif. « C’est votre lecture.», répond le premier agent. Devant son air interloqué, le second justifie : « C’est un livre anti-flics ! ». « Vous l’avez lu ? », ose Zoé. « Pas besoin, on sait ce qu’il fait ce gars-là et commencez pas, sinon c’est la garde à vue ! ». Choquée, Zoé obtempère, fournit sa carte d’identité et se plie à la fouille de son sac. Un exemplaire de “L’anticapitaliste”, hebdomadaire du NPA (Nouveau Parti Anticapitaliste), lui vaut d’autres sarcasmes. 


"Un cri, un hurlement d’après la douleur, inconnu et interminable, une stridence de l’impensable.
Étienne Dardel, sursauta, pétrifié.
C’était un cri indéfini, un homme, une femme, difficile à savoir. Il durait l’éternité de neuf secondes, avant qu’une femme en blanc ne surgisse de la droite de l’écran, enserre la victime et l’accompagne dans une course folle au pied du mur d’enceinte de l’Assemblée. La street medic criait à son tour, cordon ! cordon ! cordon !

Au sol, un bras n’avait plus de main. L’image était effroyable par ce qu’elle montrait et comment elle le montrait de façon clinique, du sang, et des tendons ; de la chair qui pend, et une vie qu’on prend.
Et les autres street medics qui se précipitent, en blanc, croix rouge sur le casque, le cordon qui se forme et, à nouveau, un cri, mais différent, un cri-chorale, dix, vint, trente manifestants qui hurlent ensemble, d’effroi et de colère, les putes les flics !
Un hurlement – et une cavalcade.
C’était un soir de février, avec sa pluie fine et agaçante, son froid humide, et ses milliers de marcheurs qui zigzaguaient dans les bas degrés et les beaux quartiers, en quête d’une liberté prise à des ennemis pas toujours bien définis – à l’État, aux voitures, aux JT, à l’ordre établi.

Dardel sentit des larmes couler. C’était sa cinquième main arrachée, en deux mois. Il suffoquait, il pleurait comme un gamin, lui qui en avait trois, et la vie déjà bien entamée, mais il s’épuisait à visionner encore et encore les images.
Pour être sûr, pour bien comprendre l’incompréhensible, ces armes de guerre envoyées sur des civils, en plein Paris. Les images fusaient maintenant de partout, sous tous les angles, côté gendarmes mobiles, côté manifestants, en Facebook live ou en Twitter Periscope, parfois grossies, ralenties, zoomées, dézoomées, avec ou sans sigle, avec ou sans floutage, avec ou sans façon." (...)

David Dufresne , dernière sommation...à lire de toute urgence !

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