https://blogs.mediapart.fr/cofslr/blog/251116/la-frontiere-qui-definit-les-indesirables-vintimille

.../...

Comme à Calais, notre première image de la ville est encore plus frappante que nous n’osions l’imaginer : sur le quai de Menton, quatre hommes noirs attendent ; ils sont entourés par quatre policiers ; le contrôleur sort du train, les interpelle, les policiers les remettent dans le train. Une station plus tard, en gare de Vintimille, nous sommes « accueillis » par des CRS italiens, des militaires, des voitures de police à l’entrée.

.../...

 .../... ce n’est pas en Erythrée où règne une atroce dictature qu’elle a trouvé la mort,

mais ici, sur le sol français.

L’homélie de l’évêque, Mgr Suella, à qui on doit l’initiative d’avoir ouvert le centre d’accueil de Caritas, est percutante et a largement été relayée depuis de la presse locale. « Victime cinq fois, la petite Milet, victime du régime injuste de son pays duquel elle s’est échappée et dont personne ne s’occupe parce que, malheureusement, l’Erythrée est un des nombreux pays pauvres (…). Milet est une victime de nos frontières, aussi légales qu’injustes quand elles sont claquées au nez des gens, surtout les plus pauvres et qu’elles se ferment inexorablement devant leur cri de demande d’aide. Milet est une victime d’une société qui se dit civilisée, qui arbore des principes comme la fraternité, la liberté, légalité. Des principes au nom desquels souvent des gens ont été poursuivis, torturés et tués, et que cette société ne sait pas appliquer, ou ne sait pas appliquer de manière équitable : il y a ceux qui sont davantage libres et ceux qui sont davantage égaux que les autres ; et ceci est une véritable injustice dont notre civilisation doit avoir honte. Milet est une victime des nombreux papiers qui demeurent pendant trop de temps sur les bureaux des responsables, et victime des procédures injustes par le seul fait qu’elles soient longues, et différées pour les pauvres gens qui demandent de l’aide. Milet est une victime de notre hypocrisie. »

.../...

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.