Irruption de la police française dans un centre pour migrants à Bardonecchia.

La structure est gérée par l’ONG turinoise Rainbow4Africa. Les agents de douanes ont utilisé les toilettes pour faire effectuer un prélèvement d' échantillon d’urine par un migrant pour l’analyser.

http://torino.repubblica.it/cronaca/2018/03/30/news/migranti_bardonecchia_rainbow4africa-192624034/

La REPUBLICA - Ottavia GIUSTETTI et Carlotta ROCCI, 30 mars 2018

 

Irruption de la police française dans un centre pour migrants à Bardonecchia.

Une bénévole : « Un comportement brutal »

La police de la douane française est entrée sans autorisation dans le local géré par la mairie de Bardonecchia où depuis le début de l’hiver œuvrent les bénévoles de l’Ong turinoise Rainbow4Africa et où trouvent assistance les migrants repoussés par la France et ceux qui tentent la traversée du col de l’Échelle, à la frontière entre l’Italie et la France. « Ils n’avaient pas le droit d’entrer, aucun droit – explique le maire Francesco Avato – Ce sera la première et la dernière fois. Je suis très en colère et meurtri de ce qui est arrivé »

Sur le porte de la salle, non loin de la gare de Bardonecchia, il y a un écriteau signé de ce même maire qui explique que seuls sont autorisés à entrer les volontaires de l’ONG et les médiateurs culturels de la commune. L’administration communale a immédiatement informé la préfecture et le parquet.

L’épisode est arrivé hier soir, peu avant 21h00. Des agents de la police des douanes française sont entrés dans le local avec un migrant extrait d’un train qui venait d’arriver en gare. Ils ont sommé aux bénévole de les laisser utiliser les toilettes pour obliger le migrant à se soumettre à une analyse d’urine. Les volontaires présents ont essayer de demander des explications sans aucun succès.

« Tout le monde était choqué– raconte Caterina, un témoin qui a assisté à l’irruption des policier français – on avait jamais connu dans le passé un épisode aussi brutal. Le garçon a été emmené de force dans le local de l’association pour la seule raison qu’il n’avait pas la peau blanche ». Caterina a raconté que l’homme de nationalité nigériane était en possession d’un billet de train en cours de validité pour Naples. « A cinq ils l’ont fait descendre du train et dans le local de la gare lui ont fait subir un test des urines. Les bénévoles ont tenté de l’empêcher disant qu’il s’agissait d’une violation de ses droits mais n’y sont pas arrivé. Quand le test s’est avéré négatif il lui ont signifié qu’il pouvait s’en aller après avoir récupérer ses affaires dans la gare ». L’homme ne comprenait rien de ce qui se passait, il ne parlait pas français.

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communiqué commun des associations Rainbow4Africa et ASGI

En fin d’après-midi du  30 mars 2018 des hommes de la police des frontières française sont entrés armés dans la salle de la gare de Bardonecchia où travaillent les volontaires de Rainbow4Africa, les médiateurs culturels et les avocats de l’Association Studi Giuridici Immigrazione.

Rainbow4Africa et l’ ASGI trouvent inacceptable la grave ingérence dans le travail des ONG et des institutions italiennes. Un centre de soins est un lieu neutre, respecté même sur les zones de guerre.

Rainbow4Africa agit selon des principes inviolables : indépendance, neutralité, impartialité et humanité. L’action des agents des douanes français violent ces principes. Le comportement tenu à l’encontre du jeune garçon nigérien apparaît irrespectueux des droits humains.

Le docteur PaoloNarcisi, Président de Rainbow4Africa, déclare : «  Nous considérons que ces actes sont des ignobles provocations. Nous avons confiance dans le travail des institutions et de la justice italienne, qui ont été chargées de la responsabilité des relations avec la France. Notre unique intérêt consiste à assurer le respect des droits humains des migrants »

L’avocat Lorenzo Trucco, président de l’ASGI ajoute : « Je retiens de que ce qui est arrivé qu’il s’agit non seulement d’une très grave violation de ce système des droits humains qui devrait prévaloir en Europe, mais aussi une violation des principes élémentaires de la dignité humaine, intolérable envers des personnes venues pour demander protection. Nous étudions donc actuellement toute action envisageable pour que de tels comportements ne se reproduisent pas.

 

Rien de tout cela n’arrêtera notre action à Bardonecchia, Oulx et le long de toute la frontière. Nous continuerons à œuvrer pour quiconque en a besoin.

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